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Relations Canada-Chine : François-Philippe Champagne souhaite un nouveau « cadre »

M. Champagne est assis à un bureau.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

Mathieu Gohier

Le Canada ne peut plus faire « business as usual » avec la Chine. C’est le constat que fait le nouveau ministre des Affaires étrangères, un an exactement après l’arrestation de la numéro deux de Huawei, Meng Wanzhou, à Vancouver.

En entrevue à Radio-Canada, François-Philippe Champagne reconnaît que l’heure est grave.

Je pense qu’on est arrivé dans un moment critique, stratégique, où mon rôle, c’est de ramener les parties autour de la table.

François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères

La riposte chinoise à l’arrestation de Meng Wanzhou, à la suite d’une demande d’extradition des États-Unis, a provoqué la détention des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor. Les exportateurs de viande, eux, se sont vu imposer un embargo de juin à novembre, tandis que les producteurs de canola n’ont toujours pas retrouvé l’accès au marché chinois.

Ce changement de paradigme force le gouvernement canadien à réévaluer ses rapports commerciaux et diplomatiques avec la Chine.

Je pense qu’on doit établir – et ça, ça sera ma responsabilité – avec la société civile canadienne, avec les gens d’affaires [...] un cadre dans lequel on pourra avoir une relation avec la Chine où les intérêts du Canada se font valoir, où les principes fondamentaux, les valeurs seront présentes, soutient le ministre.

Il ne spécifie toutefois pas s’il souhaite durcir le ton.

M. Champagne insiste : la libération de deux Canadiens demeure sa priorité absolue. Il rappelle avoir rapidement soulevé cette question avec son homologue chinois lors d’un récent sommet des ministres des Affaires étrangères des pays du G20.

Dix-huit heures, je pense, après mon assermentation, j’étais déjà à rencontrer mon homologue chinois pendant plus d’une heure. Je vois d’un bon oeil que le ministre chinois ait accepté de me rencontrer.

François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères

Diversification nécessaire

Les appels se sont multipliés depuis un an, au pays, pour qu'Ottawa change d’approche devant le géant asiatique.

L’ancien ambassadeur à Pékin Guy Saint-Jacques estime que les décisions prises par le régime communiste ne laissent pas d’autres choix au Canada.

Maintenant qu’on a vu ce que j’appelle le côté sombre de la Chine, force est d’admettre que c’est un partenaire qui n’est pas fiable, qui peut jouer dur.

Guy Saint-Jacques, ex-ambassadeur canadien en Chine

La Chine a beau être un marché incontournable avec plus d’un milliard de consommateurs, le Canada aurait tout avantage à diversifier ses intérêts, selon M. Saint-Jacques, en profitant mieux, par exemple, des accords de libre-échange qui ont été signés ailleurs en Asie. Et je pense que, de ce côté-là, il y a beaucoup d’efforts à faire.

Là-dessus, le nouveau ministre des Affaires étrangères est d’accord : Pour moi, la diversification est importante, parce que c’est à ce moment-là qu’on devient moins dépendant envers un marché.

Durant l’embargo, les éleveurs de porcs du Québec estiment avoir perdu près de 120 millions de dollars.

Et pas moins de 40 % des produits de canola canadien sont normalement vendus en Chine, un marché d’une valeur de 2,7 milliards de dollars en 2018, selon le Conseil canadien du canola.

Des sanctions plus fortes?

Le traitement réservé à Michael Kovrig et Michael Spavor indigne particulièrement Margaret McCuaig-Johnston. La chercheuse émérite aux universités d’Ottawa et de l’Alberta estime d’ailleurs que le temps presse pour leur venir en aide, alors qu’ils n’ont toujours pas subi leurs procès.

Une fois qu’ils seront accusés, ils risquent de se retrouver en prison longtemps, de connaître un long procès, une longue sentence, etc.

Margaret McCuaig-Johnston

Cette experte de la Chine plaide pour des sanctions plus lourdes contre le régime chinois.

Le Canada pourrait refuser des visas à de hauts dirigeants chinois et même saisir ou geler leurs avoirs au pays, suggère-t-elle.

Le gouvernement chinois maintient que rien ne changera tant que Meng Wanzhou ne sera pas libérée.

Son procès d’extradition vers les États-Unis est prévu pour janvier prochain à Vancouver.

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