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Est-il trop facile de faire abattre un arbre à Rimouski?

Un homme debout dans un arbre.

L'arboriculteur-élagueur Jean-François Girard croit que ce sont les bonnes politiques de la Ville de Trois-Pistoles en matière d'abattage d'arbres qui ont permis de sauver celui-ci.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie Jean-François Girard

Michaële Perron-Langlais

Le mois dernier, l’arboriculteur-élagueur Jean-François Girard s’est rendu à Trois-Pistoles pour tailler un arbre « remarquable », qui avait pourtant été condamné à l’abattage par un autre spécialiste. Selon lui, le sort de cet arbre aurait probablement été bien différent s’il avait été situé à Rimouski.

Jean-François Girard considère que ce sont les politiques de la Ville de Trois-Pistoles en ce qui concerne les permis d’abattage qui ont permis de sauver l’arbre en question. C’est un arbre remarquable de la région du Bas-Saint-Laurent et s’il avait été à Rimouski, il aurait été abattu, croit-il.

Deux villes, deux politiques

À Rimouski comme à Trois-Pistoles, un résident souhaitant se débarrasser d’un arbre doit généralement obtenir un permis auprès de sa municipalité.

Dans le cas de Trois-Pistoles, lorsque la ville reçoit une demande, un employé se rend sur place pour déterminer si le permis d’abattage sera accordé ou non.

À Rimouski, il est possible d’obtenir un permis sur-le-champ pour un arbre situé dans sa cour arrière ou sur le côté de la maison.

Si l'arbre à abattre est dans la cour avant, le résident doit, dans un premier temps, répondre à une série de questions. On veut savoir s’il est mort, s’il est malade ou s’il peut poser un danger pour la sécurité, explique le chef de la division des permis et inspections à la Ville de Rimouski, Jean Charest. À l’occasion, on demande un rapport d’un professionnel.

Conflit d’intérêts

Le problème, selon Jean-François Girard, c’est que ce professionnel peut être celui qui offre le service d’abattage.

Il y a conflit d'intérêts, parce que l'élagueur ou l'arboriculteur qui est mandaté pour expertiser l'arbre veut potentiellement l’abattre. Abattre un arbre c'est plus payant que l’élaguer.

Jean-François Girard, propriétaire de Services d'arbres Altis

D’après lui, cela permet à certains de condamner à l’abattage des arbres qui pourraient être sauvés. Des fois, c'est vraiment pour des raisons monétaires et d’autres fois, c’est aussi par manque de connaissance, précise-t-il. Il y a vraiment les deux.

Le chef de la division des permis de Rimouski souligne que pour pallier ce potentiel conflit, chaque rapport remis à la Ville est évalué par des employés avant d’accorder d’un permis d’abattage. Les rapports sont assez complets, dit-il. Si on a un doute sur les conclusions du rapport, il peut arriver à l’occasion qu’on se déplace, mais c’est assez rare.

En ce qui concerne l’arbre sur lequel a travaillé Jean-François Girard la semaine dernière, l’inspectrice du Service d’inspection et d’émission des permis de Trois-Pistoles, Valérie Brillant-Blais, raconte qu’un spécialiste lui avait signalé que l’arbre devrait être abattu. Quand je suis allée le voir, je ne comprenais pas trop pourquoi, dit-elle.

S'il n'y avait pas eu cette bonne politique et cette vigilance, l'arbre aurait été abattu, affirme Jean-François Girard.

D’après lui, les mesures mises en place à Rimouski sont insuffisantes.

Si, en tant que société, on veut préserver un patrimoine forestier urbain et préserver nos arbres vénérables, ça prend des politiques fermes et des inspecteurs qui sont indépendants.

Jean-François Girard, propriétaire de Services d'arbres Altis

Dans le cas de Rimouski, il n’y a aucune indépendance, déplore-t-il.

L'arboriculteur souligne également l'importance pour les municipalités d'adopter de bonnes pratiques en matière d'entretien des arbres, puisqu'un arbre mal taillé risque d'être affaibli et de casser sous le poids de la neige ou lors de forts vents.

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