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Contrôles de rue et profilage : la police d’Halifax s’excuse à la communauté noire

Les contrôles de rue ciblent les Noirs six fois plus que les Blancs à Halifax.

Des gens se lèvent et applaudissent le chef de police en uniforme devant un lutrin.

Dan Kinsella, chef de la Police régionale d'Halifax, présente le 29 novembre 2019 des excuses à la communauté noire pour les contrôles de rue qui la ciblait de façon disproportionnée.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Le chef de la Police régionale d’Halifax, Dan Kinsella, a présenté des excuses publiques à la communauté noire pour les contrôles de rue qui étaient pratiqués jusqu’à récemment par les forces de l’ordre. Ces interventions qualifiées de contrôles « de routine » ciblaient les Noirs six fois plus souvent que les Blancs.

Après la publication le printemps dernier d’un rapport du criminologue Scot Wortley, chiffrant l’étendue de la situation, le gouvernement provincial a ordonné en octobre l’interdiction des contrôles de rue en Nouvelle-Écosse.

Qu'est-ce qu'un contrôle de rue?

Un contrôle policier de routine, ou contrôle de rue, consiste à aborder un citoyen dans la rue ou dans un véhicule pour vérifier son identité ou l'interroger, même lorsque le policier instigateur de cette interaction n’enquête sur aucun délit en particulier. Cette mesure est souvent décriée comme un exemple de profilage racial et de harcèlement à l’endroit des citoyens.

Vendredi à la Bibliothèque centrale d’Halifax, le chef Dan Kinsella a affirmé que la police regrettait les actes qui avaient causé de la souffrance, de mauvais traitements et de la victimisation. On ne peut effacer des décennies d’injustice, a-t-il déclaré, mais il a assuré que la police était déterminée à faire mieux.

En mai, la Police régionale d’Halifax et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avaient déclaré qu’elles ne s’excuseraient pas pour ce type de profilage racial. En juillet, Dan Kinsella a succédé à la tête de la force policière de la Municipalité régionale d’Halifax à l’ancien chef Jean-Michel Blais, qui défendait les contrôles de rue.

Le ministre provincial de la Justice, Mark Furey, a forcé la main des forces de l’ordre en décrétant d’abord en avril un moratoire sur les contrôles de rue en Nouvelle-Écosse, puis une interdiction complète de cette pratique en octobre.

Le chef de police en uniforme bleu devant un lutrin et un micro.

Dan Kinsella, chef de la police d'Halifax, présente le 29 novembre 2019 des excuses pour des contrôles de rue qui ont ciblé les Noirs six fois plus souvent que les Blancs.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Les Afro-Néo-Écossais, a reconnu M. Kinsella vendredi, ont peur de la police en raison du racisme et de la discrimination institutionnelle. Il a admis que les actions de la police ont eu un impact négatif profond sur des générations d’Afro-Néo-Écossais, et sur les jeunes hommes noirs de façon disproportionnée.

À Halifax, le risque d’être ciblé par un contrôle de rue est le plus élevé pour les hommes noirs, suivi des hommes arabes et des femmes noires.

Le chef de police a raconté avoir entendu des témoignages d’enfants et d’adultes vaquant à leurs activités quotidiennes tout en entretenant une crainte et une méfiance constante des policiers. Les actions des forces de l’ordre, a-t-il souligné, ont contribué à élargir le fossé entre la police et la communauté noire.

Lumières d'une voiture de police suivant un automobiliste.

À Halifax, les Noirs sont 6,1 fois plus sujets que les Blancs à des contrôles policiers de routine, et 5,3 fois plus sujets à ces contrôles que le reste de la population.

Photo : Getty Images / Andrey Popov

De jeunes hommes ont décrit avoir été ciblés à cause de leur couleur et arrêtés par la police alors qu’ils marchaient ou conduisaient, et s’être sentis humiliés, a déclaré Dan Kinsella.

Le chef Kinsella dit espérer que les excuses formulées vendredi montreront à la communauté noire que le corps policier est déterminé à changer.

Un comité consultatif formé de représentants de la police et de la communauté afro-néo-écossaise sera notamment créé. Il examinera des incidents précis et des plaintes au sujet des interactions entre les policiers et des citoyens noirs. Le chef Kinsella dit qu’il aura la responsabilité personnelle de faire un suivi de chaque cas.

Deux hommes de profil se serrent la main.

Le militant anti-violence Quentrel Provo (à droite) et le chef de la police d’Halifax, Dan Kinsella (à gauche) le 29 novembre 2019.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La police d’Halifax promet de plus de créer une campagne pour informer les membres du public de leurs droits lorsqu’ils sont approchés par un policier, et de leurs recours légaux.

Quant aux données obtenues par l’entremise des contrôles de rue et conservées par la police d’Halifax dans ses bases de données, le chef Kinsella promet qu’elles seront détruites d’ici décembre 2020. Il déclare que les citoyens peuvent faire une demande d’accès à l’information pour consulter leur dossier.

Avec les informations de La Presse canadienne et CBC

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