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Un village écossais abandonné en Montérégie

À l'origine, le village s'appelait Godmanchester. Mais il est davantage connu sous le nom de Rivière-La Guerre, du nom du cours d'eau qui le traversait.

Une église en ruine dans un cimetière.

L'église de Rivière-La Guerre et son cimetière.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Tout le monde connaît la Saint-Jean-Baptiste ou encore la Saint-Patrick, la fête nationale des Irlandais. Mais saviez-vous qu'on célèbre le 30 novembre la Saint-Andrew, la fête nationale des Écossais. Pour marquer le coup, voici l'histoire méconnue de Rivière-La Guerre, un village écossais de l'ouest de la Montérégie aujourd'hui abandonné.

Il faut écrire au passé, car le village est abandonné depuis longtemps, soit la fin des années 1850. En fait, il n'a pas fait long feu, une génération à peine. Il avait été fondé au début du 19e siècle.

Comme structures encore debout, il ne reste que la vieille église protestante qui a perdu son toit. Elle est entourée d'un cimetière écossais. Le presbytère tient encore, même s'il est en piteux état. Une école de rang est aussi toujours visible, même si elle s'est en partie effondrée sur elle-même.

Le manoir McDonald est le seul bâtiment encore habité. Il a été construit en 1837 par John McDonald, devenu maître des lieux après avoir épousé la veuve d'Alexander McBain, le fondateur du village. Le manoir a servi de magasin général et même de bureau de poste pendant quelques années.

Le manoir McDonald construit en 1837. Il s'agit d'une maison en pierres de deux étages visible au bout d'une allée d'arbres.

Le manoir McDonald construit en 1837.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

L'enseignant en histoire à l'école secondaire de la Cité-des-Jeunes à Vaudreuil-Dorion Philippe Decloître connaît bien l'histoire de Rivière-La Guerre. Il y a consacré son mémoire de maîtrise au milieu des années 90.

On a retrouvé les vestiges de trois magasins généraux, d'un cordonnier, mais malheureusement, comme le village ne s'est pas développé au-delà de la première génération de colons, tout a été abandonné.

Philippe Decloître

Philippe Decloître est coauteur du livre Saint-Anicet d'hier à aujourd'hui. Il a, entre autres, écrit la section du livre sur le peuplement écossais du village et de la région.

Écoutez le reportage de René Saint-Louis diffusé à l'émission Le 15-18

Les causes de son abandon sont multiples, relate-t-il. D'abord, son fondateur Alexander McBain avait bâti son commerce sur l'exploitation forestière. L'épuisement des essences nobles d'arbres a mis un terme à la vitalité économique du lieu. Ensuite, l'avènement du bateau à vapeur, qui ne pouvait pas remonter la rivière La Guerre, a favorisé le développement de Saint-Anicet, situé à 4 kilomètres plus au nord sur les rives du lac Saint-François.

Le coup de grâce est venu vers 1850 avec la construction de digues visant à faciliter la navigation sur le Saint-Laurent. Ces digues ont fait monter le niveau d'eau et le village s'est retrouvé en zone inondable.

Plan large d'un homme sous le portail d'une église en ruine.

L'enseignant en histoire Philippe Decloître sous le portail de l'église.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Aujourd'hui, sur le chemin de la Rivière-La Guerre, un panneau indique l'emplacement des ruines. Le site est accessible au public, même s'il est ceinturé par les terres d'un agriculteur qui fait office de gardien des lieux.

Des chasseurs de fantômes indésirables

Donald Irving habite le manoir McDonald. Sa famille, elle aussi d'origine écossaise, a acheté les lots de l'ancien village il y a de cela une centaine d'années. Mon grand-père, raconte-t-il en anglais, avait accepté de maintenir un droit de passage pour que les gens puissent se rendre à l'ancienne église et au cimetière.

À cette époque, personne ne venait ici. Mais maintenant, il y a toujours des gens, même la nuit, parce qu'on dit que l'endroit est hanté. Ça s'est retrouvé sur des sites Internet de chasseurs de fantômes et d'amateurs de phénomènes paranormaux. Et ils croient que personne ne vit ici.

Donald Irving

Il y a quelques jours, des visiteurs nocturnes ont même vandalisé les plus anciennes pierres tombales du cimetière.

Des pierres tombales brisées.

Les pierres tombales récemment vandalisées.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Le site attire à l'occasion des descendants de familles écossaises enterrées ici, des amateurs d'histoire et des amateurs de photographie.

La présence de chasseurs de fantômes irrite cependant les gens responsables de l'entretien de site. On nous avait d'ailleurs demandé de ne pas diffuser ce reportage pour l'Halloween par respect pour le site, et d'attendre la Saint-Andrew pour le faire.

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