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Le Mexique rejette toute intervention américaine contre les cartels

Le président du Mexique Andres Manuel Lopez Obrador lors d'une conférence de presse au palais national à Mexico.

Le président du Mexique Andres Manuel Lopez Obrador le 13 novembre dernier.

Photo : Reuters / Edgard Garrido

Agence France-Presse

Le Mexique a rejeté vendredi toute possibilité d'intervention américaine armée contre les cartels de la drogue sur son territoire, tout en veillant à préserver sa relation privilégiée avec son puissant voisin du nord.

Cette prise de position intervient quelques jours après les propos du président américain Donald Trump assimilant les narcotrafiquants mexicains à des organisations terroristes, sans pour autant en expliciter les conséquences sur le terrain.

Nous ne permettrons pas que des personnes armées opèrent sur notre territoire, des étrangers armés ne peuvent pas intervenir sur notre territoire.

Andres Manuel Lopez Obrador, président

Le président mexicain répondait à un journaliste qui lui demandait ce qu'il comptait faire après les intentions exprimées mardi par son homologue américain à la suite du récent massacre de trois femmes et six enfants, tous membres d'une communauté mormone américaine, dans le nord du Mexique.

Les familles des victimes avaient accusé directement les cartels d'avoir pris début novembre pour cibles les mormons et le gouvernement de les avoir mal protégés, appelant les États-Unis à agir contre les cartels.

Ce que nous voulons, c'est maintenir de très bonnes relations avec les États-Unis, bien que certains voudraient que nous nous disputions.

Andres Manuel Lopez Obrador, président

M. Lopez Obrador avait pris soin de ne pas s'exprimer sur cette question durant les célébrations de l'Action de grâces aux États-Unis.

Personnellement, j'ai de très bonnes relations avec le président Trump, a-t-il ajouté, en précisant que le chef de la Maison-Blanche lui avait proposé son aide.

Il m'a dit: "Pensez-y et si vous le souhaitez appelez-moi". Je ne l'ai pas appelé.

le président mexicain

Lors d'une interview au téléphone diffusée sur le site Internet du journaliste conservateur Bill O'Reilly, Donald Trump s'était vu demander s'il entendait désigner les cartels comme des groupes terroristes.

Je vais les désigner oui, absolument. J'y travaille depuis 90 jours, avait-il expliqué à Bill O'Reilly, ancien présentateur vedette de Fox News et proche du président.

À la suite de ces propos, le chef de la diplomatie mexicaine Marcelo Ebrard avait parlé de violation de la souveraineté nationale.

Un sentiment largement partagé au Mexique, où une telle intervention pourrait même être perçue comme insultante vis-à-vis des Mexicains qui n'ont toujours pas accepté d'avoir perdu une large portion du territoire au profit des États-Unis en 1848, après la guerre qui avait déchiré les deux pays.

Vendredi, le président mexicain a aussi tenté de calmer les esprits en jugeant peu probable que Washington se lance dans une opération armée au Mexique contre les cartels.Il existe une grande coopération entre les deux pays, a-t-il insisté.

Dans le cas hypothétique où une décision serait prise affectant, selon nous, notre souveraineté, nous agirions dans le cadre du droit international. Mais je considère ce scénario comme peu probable.

Andres Manuel Lopez Obrador, président

Il s'est dit convaincu que le Mexique saurait démontrer aux États-Unis qu'il est capable de faire justice en punissant les responsables du récent massacre des mormons.

Dans ce contexte, le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a annoncé que le ministre américain de la Justice Bill Barr serait à Mexico la semaine prochaine pour discuter de cette affaire.

Le mode opératoire des puissants cartels mexicains pourrait être confondu avec celui de groupes terroristes : tirs en rafales dans la foule, attaques à la grenade, cadavres décapités et suspendus à des ponts, rues assiégées.

Mais selon des experts, des organisations comme le cartel de Sinaloa ou Jalisco Nouvelle Génération, fonctionnent différemment et n'ont pas d'ambitions politiques ou religieuses, contrairement à Al-Qaïda ou au groupe armé État islamique (EI) – et ne recherchent que le profit.

C'est la première et unique fois que les États-Unis veulent assimiler une organisation criminelle à des groupes terroristes, explique à l'AFP Jorge Castaneda, ancien ministre des Affaires étrangères mexicain et universitaire.

Ces organisations n'ont aucune composante politique, ajoute-t-il.

Avec environ 26 000 morts depuis le début de l'année au Mexique, un nouveau record de violence pourrait être battu en 2019.

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