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De « l'art robotique » à Rimouski pour questionner les sociétés modernes

Paolo Almario, d'origine colombienne, enseigne les arts numériques à l'UQAC depuis cinq ans.

Photo : Radio-Canada

Laurence Gallant

Difficile de prime abord d’imaginer comment les sciences politiques, la robotique et l’art numérique peuvent être rassemblés en une seule et même exposition. C’est pourtant ce que parvient à faire Paolo Almario avec Léviathan, une installation présentée au centre d'artistes Caravansérail de Rimouski.

Comment les sociétés modernes fonctionnent-elles? Qu’est-ce qui fait que des sociétés peuvent opérer dans la corruption et la violence? Ces questions habitent le Colombien d’origine Paolo Almario, qui raconte être devenu artiste une fois installé à Chicoutimi, alors qu’il souhaitait dénoncer la corruption et les injustices en Colombie, situation qui touchait directement sa famille.

Ma famille a un historique où on a dû vivre de la persécution par divers acteurs, par des rebelles et même par le gouvernement, explique-t-il.

C’est son instinct de survie qui l’a en quelque sorte poussé vers l’art, et ses premières expositions ont ainsi pu attirer l’attention de certains organismes québécois pour venir en aide à son père, détenu comme prisonnier politique en Colombie puis libéré grâce à leurs pressions.

L’exposition Léviathan s’inscrit dans la réflexion de Paolo Almario, tentant de traduire, de formaliser ses interrogations. Pourquoi ces choses arrivent-elles?, se demande entre autres celui qui a exposé en Colombie, mais aussi dans plusieurs pays d’Europe.

Un grand canevas tracé de plusieurs lignes et de points reliés.

Un crayon trace sur un canevas de coton les mouvements des visiteurs qui se retrouvent face au dispositif de reconnaissance faciale.

Photo : Radio-Canada

Ce projet interactif en art numérique prend forme à travers des structures verticales où six machines interagissent avec les visiteurs, par le biais de la reconnaissance faciale. La machine va essayer de se mettre à la hauteur du visage de la personne, laissant une trace avec un crayon sur un canevas à mesure des mouvements perçus, explique Paolo Almario.

Au fur et à mesure que l’exposition va évoluer, le canevas sera de plus en plus rempli, et chaque ligne qui va être retransmise par la machine sur le canevas va témoigner d’un passage spatiotemporel de quelqu’un qui interagit avec la machine. À la fin, on aura une grosse cartographie spatiotemporelle des gens qui ont participé, interagis avec les dispositifs.

Chargé de cours en arts numériques à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) depuis 2014, M. Almario s’inspire notamment de la pensée de Thomas Hobbes, considéré comme le grand-père des sciences politiques modernes, précise-t-il.

Il décrit les nations comme des géants et ces géants-là sont composés de petites unités. [Ces unités humaines,] il les décrit comme des automates, et c’est les interactions entre ces unités-là qui vont permettre à une nation d’être souveraine, de pouvoir agir et permettre le progrès des individus qui la composent. Mon dispositif, je le vois comme une sorte d’appareil photo qui va venir essayer de capter dans un espace et dans un temps des individus qui font partie de la société où l’exposition est présente.

L’exposition Léviathan, présentée jusqu’au 14 décembre à Caravansérail, conclut une résidence de création de trois semaines, instiguée par le Centre Sagamie qui souhaite encourager les échanges d’artistes entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et les autres régions du Québec.

Avec la collaboration de Nadia Ross

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