•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La mort d'un infirmier dans le Nord-du-Québec ravive le débat sur la couverture cellulaire

Route de glace enneigée de la Baie James

Route de glace enneigée de la Baie James. Le territoire où Georges He a été retrouvé n'était pas couvert pas le réseau cellulaire.

Photo : Radio-Canada / courtoisie de Kimesskanemenow LP

Jean-Marc Belzile

La mort de l'infirmier George He qui se rendait travailler à Nemaska, une communauté crie du Nord-du-Québec, ravive le débat sur l'absence de couverture cellulaire adéquate le long des routes isolées.

Des policiers et autres secouristes cherche un homme porté disparu en forêt.

Des citoyens et des représentants du Conseil cri de la santé et des services sociaux ont participé aux recherches pour retrouver Georges He, un infirmier porté disparu depuis plus d'une semaine.

Photo : Gracieuseté - Jason Coonishish

Élus, citoyens et intervenants du secteur de la santé sont d'avis que ce décès aurait pu être évité si le réseau cellulaire avait été disponible à cet endroit.

Retour sur les faits

Le véhicule de Georges He s'est enlisé dans une route secondaire entre Lebel-sur-Quévillon et Matagami le 20 novembre, alors que l'infirmier de Brossard, qui s'apprêtait à remplir son troisième contrat en territoire cri, était en route pour Matagami.

Son corps a été retrouvé hier à plus de 20 km de son véhicule, lui-même localisé par les policiers plus tôt cette semaine.

Éviter de telles situations

Le maire de Matagami, René Dubé, affirme que ce décès doit être le dernier.

Le maire de Matagami René Dubé.

Le maire de Matagami René Dubé.

Photo : Photo : Ville de Matagami

De Matagami et à Chisasibi, c'est plus de 600 kilomètres, dit le maire à propos de la dernière municipalité avant la route de la Baie-James.Imaginez partir de Val-d'Or et aller à Montréal sans desserte de cellulaire. Il faut faire en sorte que les gens qui habitent le territoire ont la même préoccupation [pour la sécurité] que ceux qui habitent dans les grands centres.

Malheureusement, il est arrivé un incident, il faut que ce soit l'un des derniers.

René Dubé, maire de Matagami

Jason Coonishish, le coordonnateur des Services préhospitaliers et des mesures d’urgence du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James (CCSSSBJ), affirme que ces situations surviennent assez souvent chez les employés.

Premièrement, ils ne viennent pas toujours avec des camions, ils viennent avec des petits chars des fois puis ils se perdent. Une chance que, des fois, ils se font trouver par les gros camions qui travaillent dans ces endroits, souligne-t-il.

Améliorer la couverture cellulaire

Une tour de télécommunication.

Le réseau cellulaire devrait être disponible dans les régions isolées, estiment plusieurs personnes.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Le député caquiste d'Ungava, Denis Lamothe, assure que le gouvernement du Québec travaille déjà à améliorer la desserte cellulaire dans ce secteur.

Je connais la problématique, je la vis, je voyage sur ces chemins, affirme-t-il. On travaille là-dessus pour faire en sorte que ça se fasse le plus tôt possible. Moi, je suis très positif face à tout ça. On a déjà prévu 400 millions (de dollars) sur 7 ans pour supporter des projets semblables.

M. Lamothe n'était toutefois pas en mesure de s'avancer sur une date précise.

On est quand même en 2019 et il est grandement temps que le réseau québécois soit couvert par le réseau cellulaire et je travaille fort pour que ça se fasse dans un avenir rapproché.

Le député caquiste d'Ungava, Denis Lamothe

Le réseau de Communications Eeyou aurait aussi un plan pour desservir le réseau cellulaire dans la Jamésie et le territoire cri.

Quelles sont les solutions?

Le CCSSSBJ, pour qui Georges He devait travailler, veut que l'accès au 911 dans les régions éloignées soit amélioré et que les routes secondaires soient retirées des options de routes GPS.

Un sentier de forêt enneigé avec des traces de motoneige et plus loin une personne sur une motoneige.

L'équipe de recherche a emprunté des motoneiges pour retrouver Georges He. La Sûreté du Québec croit qu'après s'être enlisé, M. He a marché.

Photo : Gracieuseté - Jason Coonishish

Des fois, bien souvent, ils suivent leur GPS et ils sélectionnent la route la plus courte. On va recommander au ministère de faire quelque chose pour enlever ces petites routes parce qu'elles ne sont pas déblayées de neige l'hiver, raconte Jason Coonishish, le coordonnateur des Services préhospitaliers et des mesures d’urgence.

Nous dédions ces actions à la mémoire de M. He, dans l'espoir de prévenir de futures tragédies de cette nature.

Le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James (CCSSSBJ)

Le CCSSSBJ va aussi maintenant recommander à ses employés d'éviter les routes secondaires et de toujours voyager avec une trousse de survie complète.

Quelques articles faisant partie d'une trousse d'urgence en cas d'événement météorologique extrême.

Quelques articles faisant partie d'une trousse d'urgence en cas d'événement météorologique extrême.

Photo : Getty Images / Alex Kosev

René Dubé croit que les employeurs de ces jeunes travailleurs doivent s'assurer de bien les informer.

On a des chemins qu'on appelle communément des chemins multiressources, donc il faut être vigilant quand on travaille avec un GPS pour ne pas se ramasser dans un chemin comme ça, conseille-t-il. C'est pour ça qu'on a une préoccupation majeure parce que les jeunes professionnels qui veulent venir travailler en région, il faut qu'ils soient bien informés.

Le CCSSSBJ compte d'ailleurs revoir ses politiques en matière de déplacement des employés, en plus de réclamer une meilleure couverture du réseau mobile et de l'accès au service d'urgence 911 dans les régions éloignées.

Nous nous souviendrons du service dévoué de George He au bien-être de notre communauté et nous travaillerons avec nos partenaires pour améliorer la sécurité et la sûreté des voyageurs en toute saison, peut-on lire dans un communiqué de presse publié par l'organisation vendredi matin.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Abitibi–Témiscamingue

Prévention et sécurité