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Steeve Joseph, la tornade de 59 kilos du Rouge et Or basketball

Le petit Steeve Joseph fait tourner bien des têtes depuis son arrivée avec le Rouge et Or, à la fin de l'été.

Photo : Yan Doublet / Rouge et Or

Guillaume Piedboeuf

Il est le plus petit joueur du circuit universitaire québécois de basketball, mais n’allez pas croire que Steeve Joseph s'empêche de voir grand. L’éclosion du meneur de jeu recrue est une lueur d’espoir chez le Rouge et Or et le premier jalon de ce que tente de bâtir le nouvel entraîneur Nathan Grant.

Les réjouissances n’ont pas été nombreuses, cet automne, pour l’équipe masculine de basketball du Rouge et Or (0-5), mais le jeu de Steeve Joseph a valu à lui seul le déplacement à l’amphithéâtre-gymnase du Peps de l’Université Laval.

Voir le meneur de jeu recrue naviguer à travers les joueurs plus grands et beaucoup plus gros que lui est une expérience en soi. Le Rouge et Or ne conserve pas de chiffres à ce sujet, mais à 1 mètre 72 (5'8''), Joseph est l’un des plus petits joueurs de l’histoire de l’équipe. À 59 kilos, il est probablement aussi le plus léger.

Je ne crois pas qu’il faut être grand pour jouer au basket. C’est un stéréotype. Il faut que tu sois fort et que tu aies du caractère. C’est un jeu mental, lance celui qui avait 9 ans lorsque sa famille a déménagé d’Haïti à Montréal.

Difficile de ne pas lui donner raison. Même s'il n'est pas encore utilisé comme partant, Steeve Joseph est le meilleur marqueur du Rouge et Or, cette saison, avec une récolte de 17,6 points par match, bon pour le 3e rang au Québec.

Suivre Nathan Grant à Québec

Des succès qui ne surprennent en rien son entraîneur Nathan Grant, qui voit en Joseph le parfait exemple de la transformation qu’il veut opérer chez le Rouge et Or.

Je connais Steeve depuis qu’il est haut comme ça, débute le nouveau pilote de l’équipe en abaissant sa main à la hauteur de sa poitrine. En fait il est encore la même grandeur, se reprend-il en riant.

Ayant entraîné Joseph au cégep Vanier, ces dernières années, Grant est bien placé pour savoir que le meneur de jeu est un joueur spécial.

À chaque fois que quelqu’un lui dit qu’il ne peut pas faire quelque chose, il va réussir à le faire. C'est un dur

Nathan Grant, entraîneur-chef du Rouge et Or

L’an dernier, alors que le jeune athlète achevait sa carrière collégiale, Grant a d’abord tenté convaincre toutes les universités québécoises de lui donner une chance. Tout le monde avait un peu peur à cause de sa taille. Ils l’ont laissé passer et c’est moi qui est chanceux, lance l’entraîneur montréalais.

Dès que le poste d’entraîneur-chef du Rouge et Or s’est ouvert, Grant a conclu un pacte avec son joueur. S’il obtenait l’emploi, Joseph le suivait à Québec. Je savais qu'il n'allait pas avoir peur de ce qu’était l’équipe avant son arrivée. Moi non plus et c’est pourquoi j’avais besoin de soldats comme lui avec moi.

Steeve Joseph dribble durant un match

C'est pour suivre son entraîneur au cégep Vanier, Nathan Grant, que Steeve Joseph a décidé de venir à Québec.

Photo : Yan Doublet / Rouge et Or

Transformer le programme

L’air sérieux, la tête haute, Steeve Joseph n’était pas d’humeur à rire, jeudi soir, après la 5e défaite du Rouge et Or en autant de matchs cette saison. Mais pas question de baisser les bras.

On est là pour changer le programme. Il faut changer la mentalité. L’an dernier, les gars ont raté les séries. Cette année, il faut qu’on ait plus faim. Je suis ici pour gagner. Nathan est ici pour gagner.

L’équipe fera mieux en deuxième moitié de saison, Joseph en est convaincu. On va pratiquer. Quand tu pratiques, ça devient facile, lance-t-il comme s’il s’agissait d’une évidence.

Si lui, un petit joueur de 59 kilos, est capable de dominer sur un parquet universitaire, alors tout le monde est capable. Je sais que je suis petit et que je suis maigre, mais je réussis à tirer avantage de mes forces. Je suis rapide. Je ne peux pas entrer dans la clé régulièrement, je me ferais bloquer, mais je peux maîtriser mon tir de trois points.

« Il va être un monstre »

Chez le Rouge et Or, Nathan Grant prend le pari que la confiance inébranlable de Steeve Joseph va commencer à déteindre sur ses coéquipiers.

Il est vraiment impressionnant. Il travaille fort et il garde la tête haute même si on perd par 20 ou par 40. Il est déjà capable de dire aux vétérans de se relever les manches, relate Alain Bernard, un ailier de 4e année.

Steeve Joseph en action contre les Stingers

Steeve Joseph en action contre les Stingers

Photo : Yan Doublet / Rouge et Or

Au premier jour du camp d’entraînement, ceux qui n’avaient jamais vu jouer Joseph avaient des doutes sur sa capacité à affronter des joueurs parfois deux fois plus gros que lui, admet Bernard. Mais après deux pratiques, c’était clair pour tout le monde qu’il était capable de mettre le ballon dans le panier contre n’importe qui.

Si l’on se fie aux performances du meneur de jeu recrue cet automne, ce n’est qu’une question de temps avant que tout le Québec en arrive au même constat.

La ligue le sous-estime parce qu’il est vraiment petit, mais je pense qu’il est déjà l’un des joueurs les plus durs à affronter du circuit. Dans quelques années, il va être un monstre, conclut Alain Bernard.

Avec les informations de Jean-Philippe Martin

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