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Service Ontario renomme une octogénaire contre son gré

Une octogénaire tient dans ses mains son ancien et son nouveau permis de stationnement accessible.

Rachel Clément peine à comprendre pourquoi Service Ontario a récemment renouvelé son permis de stationnement accessible en utilisant un autre prénom.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Mathieu Grégoire

Service Ontario force des demandeurs de permis de stationnement accessible à utiliser un prénom qu’ils n’utilisent pas. Rachel Clément, une octogénaire de Nipissing Ouest, s’est ainsi fait rebaptiser Marie Clément. Un nom qui ne figure pas sur ses autres documents officiels d’identité.

Comme bon nombre de catholiques francophones, Rachel Clément porte le prénom de Marie avant son prénom usuel. Son certificat de naissance indique ses trois prénoms : Marie, Thérèse et Rachel.

J’ai 89 ans et ça fait 89 ans que je signe le nom de Rachel.

Rachel Clément

Seul le prénom Rachel apparaît ainsi sur sa carte Santé de l’Ontario, son ancien permis de conduire, sa carte d’assurance sociale du Canada et son passeport, aujourd’hui échu.

Sur une table, deux permis de stationnement pour personnes à mobilité réduite montrent des prénoms différents pour la même personne.

Le nouveau permis de stationnement accessible de Rachel Clément, en haut, est délivré au nom de Marie alors que son précédent était au nom de Thérèse Rachel.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

En ouvrant l’enveloppe contenant son nouveau permis de stationnement accessible, Mme Clément a donc eu la mauvaise surprise d’y être nommée par le seul prénom de Marie. Elle a tenté de faire corriger la situation au bureau de Service Ontario de Sturgeon Falls. Mais la réponse qu’elle y a reçue a plutôt eu l’effet d’une douche froide.

Comme Marie est le premier prénom inscrit sur son acte de naissance, c’est ainsi qu’elle s’appelle officiellement, lui a-t-on expliqué. Mme Clément raconte que la préposée de Service Ontario lui a ensuite tendu un formulaire qui lui permet de demander officiellement un changement de nom pour être reconnue comme Rachel Clément. La requête coûte 137 $.

J’étais tellement confuse, je ne savais plus ce qui se passait. Est-ce possible qu’on change mon nom sans avertissement?

Rachel Clément

Mme Clément s’inquiète maintenant que le gouvernement ontarien ne la reconnaisse plus sous le nom de Rachel. Elle se demande aussi si ça pourrait lui nuire alors que sa maison, son testament et ses économies à la banque sont tous au nom de Rachel.

Un cas parmi plusieurs autres

Le cas de Rachel Clément est loin d’être isolé. La députée néo-démocrate de Nickel Belt, France Gélinas, raconte avoir vécu elle-même l’expérience.

Je me suis longtemps appelée Marie Gélinas sur ma carte Santé.

France Gélinas, députée de Nickel Belt

Mme Gélinas soutient que de nombreux électeurs de sa circonscription sont aux prises avec ce genre de situation lors du renouvellement de documents ou de cartes d’identité à Service Ontario.

Le député de Timiskaming-Cochrane, John Vanthof, est aussi très au courant de la situation.

On a des cas à Nipissing Ouest, à Temiskaming Shores et à Cochrane. On a assez souvent des problèmes avec ça.

John Vanthof, député de Timiskaming-Cochrane

La province s’explique

Dans un échange de courriels, un porte-parole du ministère des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs, Nicko Vavassis, explique que la province exige des demandeurs de permis de stationnement accessible (PSA) des preuves d’identité.

M. Vavassis précise que l’ordre des noms enregistrés dans la base de données est déterminé en fonction des preuves d’identité du demandeur.

La base de données des PSA enregistre uniquement le prénom et l’initiale du second prénom en plus du nom de famille.

Nicko Vavassis, attaché de presse de la ministre Lisa Thompson

Ironiquement, le PSA de Mme Clément ne contient aucune initiale. Autre ironie : sur sa carte Santé, qui est reconnue comme une preuve d’identité admissible, Mme Clément se nomme Rachel T. Clément.

Il faut s’obstiner

La députée néo-démocrate France Gélinas est debout et parle en chambre à Queen's Park.

La députée néo-démocrate France Gélinas affirme que les Ontariens peuvent choisir lequel de leurs prénoms utiliser sur leurs cartes d'identité émises par Service Ontario.

Photo : Chaîne de l'Assemblée législative de l'Ontario

La députée France Gélinas rejette l’explication voulant que le premier prénom doit être utilisé de facto. Le fait qu’elle ait réussi à changer le nom de Marie sur sa carte Santé pour celui de France en est la preuve, selon elle. Elle ajoute avoir aidé de nombreuses personnes de sa région à obtenir ainsi le prénom qu’elles souhaitaient sur leurs documents de Service Ontario.

Rachel Clément a tenté sans succès de s’obstiner, comme le suggère Mme Gélinas. Malgré ce premier revers, l’octogénaire refuse de jeter l’éponge.

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