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Maître tailleur de fourrures à 25 ans

Le jeune maître-tailleur dans sa boutique remplie de manteaux de fourrure.

Dilan Porzuczec est né à Saguenay. Son grand-père polonais et sa grand-mère ukrainienne ont immigré à Jonquière pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Priscilla Plamondon Lalancette

Dans l'atelier des Fourrures Léopold Martel à Jonquière, Dilan Porzuczec travaille à redonner aux peaux de vison, de castor, de renard ou de raton laveur leurs lettres de noblesse. Il y a un an, le Saguenéen de 25 ans a repris les rênes du magasin ouvert en 1976 et propose une collection de manteaux conçus principalement à partir de fourrures recyclées.

Il y a quatre ans, le jeune homme s'est rendu au commerce de la rue Saint-Hubert pour faire un achat. Son coup de coeur a été tel qu'il a finalement acquis le magasin.

Un manteau de fourrure sur un présentoir.

Les nouveaux traitements des fourrures ont permis d'adapter les designs des manteaux.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Mon intérêt pour la fourrure ne date pas d'hier. Depuis que je suis jeune, je porte chapeaux, mitaines, etc. J'ai eu mon premier manteau de fourrure à 14 ans.

Dilan Porzuczek, propriétaire artisan
Des chapeaux en fourrure

L'engouement des Québécois pour les accessoires en fourrure amène aussi la clientèle à redécouvrir les manteaux en vison, mouton de Perse, lynx et castor.

Photo : Radio-Canada

Le maître tailleur Rémy Lalancette songeait à fermer boutique après 50 années à confectionner, transformer, entreposer et réparer des fourrures. Dilan Porzuczec est tombé pile-poil. Avec cette relève inespérée, M. Lalancette a pu transmettre le secret du métier. Et l'élève est déjà en train de surpasser le maître.

Rémy Tremblay dans son atelier.

Rémy Lalancette a été propriétaire des Fourrures Léopold Martel de 1995 à 2019. Il travaille dans l'industrie depuis un demi-siècle.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Ce qu'il a compris en quatre ans, ça prend au moins 20 ans pour l'apprendre. Alors il a sa place dans le domaine. Il va aller loin.

Rémy Lalancette, maître tailleur

À l'époque, il y avait plus ou moins huit métiers qui entouraient la confection d'un manteau de fourrures. Moi, il a fallu que j'apprenne tous les métiers, explique Dilan Porzuczek.

Photo en noir et blanc d'une dame portant un long manteau de fourrure.

Les modèles de manteaux de fourrure ont beaucoup évolué au cours des dernières années.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Un manteau de fourrure sur un ceintre.

Fourrures Léopold Martel a pignon sur la rue Saint-Hubert, à Jonquière, depuis plus de 40 ans.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

L'ex-propriétaire a tellement été emballé par le talent de son successeur qu'il travaille désormais pour lui. Les deux passionnés combinent expérience et avant-gardisme pour fabriquer des pièces uniques sur mesure.

Les deux hommes utilisent une machine à coudre côte-à-côte.

Il faut en moyenne 50 heures pour confectionner un manteau de fourrure.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Avec la nouvelle administration, la boutique a fait peau neuve. Les coupes de manteaux et les accessoires de fourrure ont été rajeunis. Il s'agit d'ailleurs d'un des rares commerces à offrir une collection confectionnée de A à Z par les artisans.

Un manteau de fourrure beige sur un mannequin en boutique.

Grâce à l'évolution des techniques, les manteaux de fourrure sont aujourd'hui beaucoup plus légers qu'à l'époque.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

En peu de temps, Dilan Porzuczek s'est fait un nom dans le milieu. Le plus jeune maître tailleur de fourrures du Québec est devenu une référence pour les manufacturiers qui souhaitent obtenir des détails techniques ou des confections particulières.

De plus en plus, notre expertise est convoitée à l'échelle du Québec.

Dilan Porzuczek, propriétaire artisan
Des manteaux de fourrure sur des ceintres.

Les artisans proposent différents modèles de vêtements en fourrure pour plaire à la clientèle qui est en train de rajeunir.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

La fourrure, une matière durable

Les Fourrures Léopold Martel veut profiter du regain pour cette matière naturelle qui a connu des années difficiles.

Avec la protection des animaux et Madame Bardot, ça a nui énormément. Mais le synthétique dans le fond, c'est des dérivés de pétrole.

Rémy Lalancette, maître-tailleur

Je pense qu'à long terme pour notre environnement, c'est beaucoup mieux de porter de la fourrure que des matières à base de pétrole.

Dilan Porzuczek, propriétaire artisan
Un col de fourrure sur un présentoir.

L'industrie de la fourrure représente 800 millions de dollars chaque année au Canada.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Le virage écologique de l'entreprise ne date pas d'hier. Il y a 18 ans, Rémy Lalancette a été un précurseur en remodelant de vieux manteaux de fourrure qui traînaient dans les garde-robes, une collection qu'il a baptisée Renaissance.

On redonne vie à cette matière-là, à ces manteaux-là, qui sont bons encore pour 15 à 25 ans facilement.

Rémy Lalancette, maître tailleur
Des échantillons de fourrures provenant de différents animaux

Si elles ne sont pas des fourrures recyclées, les visons et renards utilisés sont issus en grande partie de fermes d'élevage, alors que les fourrures de castor, de rat musqué ou de castor sont sauvages.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Aujourd'hui, près de 80 % des peaux utilisées par ces tailleurs sont recyclées.

Bien entretenues, certaines fourrures peuvent se conserver jusqu'à 150 ans, ce qui en fait une matière extrêmement durable. Comme elle est biodégradable, son empreinte écologique est également moins nuisible pour l'environnement que les manteaux d'hiver faits à partir de fibres synthétiques.

Un mannequin coiffé d'un chapeau et d'un foulard en fourrure.

Les artisans fabriquent aussi des accessoires à la main.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Un produit de luxe

Les vêtements de fourrure demeurent un marché de niche.

Un manteau neuf se détaille entre 6 000 $ et 12 000 $. Un manteau composé de fourrures recyclées se vend plutôt entre 3 500 $ et 4 500 $, ce qui rend ce produit plus accessible selon les tailleurs.

La porte de la voûte sécurisée et réfrigérée.

Les fourrures sont conservées dans une voûte réfrigérée aussi sécurisée qu'un coffre-fort de banque.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Des manteaux en boutiques.

Les tailleurs suivent les tendances de la mode pour développer de nouveaux styles.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Quel prix êtes-vous prêts à payer pour du prêt-à-porter ? Regardez la longévité de ce produit-là versus un manteau de fourrure à long terme. Oui, sur le coup, c'est un investissement. Mais vous allez l'avoir tellement longtemps que finalement, plutôt que de vous racheter plusieurs manteaux de prêt-à-porter, vous aurez toujours le même manteau que vous pourrez simplement transformer au fil du temps, soutient le jeune fourreur.

Une manche de manteau en poils de renard et en mouton de Perse.

Les fourrures peuvent être rasées, colorées, sculptées et allégées.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Métier en perdition

En raison du déclin de l'industrie des manteaux de fourrure au cours des 20 dernières années, le savoir-faire des maîtres tailleurs s'est perdu et la relève est quasi inexistante.

Le tailleur travaille sur un manteau de fourrures.

La période des fêtes est très achalandée chez Fourrures Léopold Martel.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Le carnet de commandes du nouveau propriétaire des fourrures Léopold Martel est bien garni. Tellement qu'il projette déjà d'agrandir son atelier et son commerce. Mais pour augmenter sa production, il devra d'abord trouver les perles rares.

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Les deux hommes ont développé plusieurs patrons de vêtements de fourrure.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Dilan Porzuczec donne d'ailleurs des cours à l'École de mode de Québec. Il espère dénicher de futurs tailleurs aux doigts de fée sur les bancs d'école.

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