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  • Depuis 35 ans, une catastrophe qui se perpétue à Bhopal

    Un mur peint dénonce le crime de l'Union Carbide 25 ans après la catastrophe de Bhopal.

    Il y a 35 ans, une fuite de gaz à l'usine de l'Union Carbide de Bhopal devenait la plus importante catastrophe industrielle de l'histoire.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 3 décembre 1984, un nuage de gaz toxique s’échappait d’une usine de fabrication de pesticides située dans la ville de Bhopal. La catastrophe a fait des milliers de morts et a rendu malades des centaines de milliers d’Indiens, qui réclament toujours justice.

    C’était il y a 25 ans, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire frappait la ville de Bhopal en Inde.

    Céline Galipeau

    Une immense catastrophe…

    C’est par cette phrase citée plus haut que l’animatrice du Téléjournal Céline Galipeau présente le 2 décembre 2009 le reportage de Jean-François Bélanger, envoyé spécial en Inde.

    Ce dernier met en lumière les terribles conséquences de la catastrophe produite par une fuite massive à l’usine de la compagnie américaine Union Carbide.

    Téléjournal, 2 décembre 2009

    Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, plus de 42 tonnes d’isocyanate de méthyle, un gaz très réactif à l’eau et, qui plus est, très toxique, s’échappent d’un réservoir de l’usine.

    À 20 kilomètres à la ronde, les populations sont affectées.

    Dans un premier temps, on évalue que l’accident tue 3500 personnes.

    Les sources divergent, mais on parle maintenant plutôt de 4000 à 30 000 morts.

    Plusieurs centaines de milliers d'Indiens sont par ailleurs directement touchés à des degrés divers dans la région de Bhopal.

    … qui aurait pu être évitée

    Cette catastrophe aurait-elle pu être évitée?

    L’envoyé spécial de Radio-Canada interviewe un ancien employé de l’Union Carbide à Bhopal, T.R. Chouhau.

    Celui-ci est formel. L’accident a été provoqué par une série de négligences commises dès le début de la conception de l’usine.

    Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, de l’eau de rinçage a pénétré par accident dans le réservoir d’isocyanate de méthyle par des valves et des joints défectueux.

    Une réaction en chaîne s’est alors produite et un nuage toxique s’est répandu sur le site industriel puis dans la ville.

    Or, cette nuit-là, les trois systèmes d’alerte ne fonctionnaient pas soit par vice de fabrication ou, encore pire, par souci d’économie de la part de la compagnie.

    Quant à la sirène destinée à aviser les habitants d’un accident, elle avait été débranchée... pour éviter la panique.

    On sait maintenant que les dirigeants de l’Union Carbide ont négligé 30 problèmes de sécurité majeurs à leur usine de Bhopal.

    Les installations à Bhopal sont toujours debout, bien que toutes rouillées.

    Elles contiennent encore des liquides toxiques. Les terres aux alentours n’ont jamais été décontaminées et polluent les nappes phréatiques utilisées par les populations avoisinantes.

    Les conséquences sont dévastatrices.

    … a provoqué des milliers de victimes

    Ça fait 25 ans que je prends soin de mon fils malade et, aujourd’hui, j’ai une petite-fille handicapée. Pour moi, la vie n’est que souffrance.

    Hazra Bi, victime de la catastrophe de Bhopal

    Jean-François Bélanger nous présente Hazra Bi, une résidente qui, en 1984, vivait près du site de la fuite.

    Si elle et son garçon évitent par miracle la mort, force est de constater que leur sort n’est guère enviable 25 ans après la tragédie.

    Le fils de Hazra Bi est malade. Il a eu une petite fille, Tahiba, qui ne marchera et ne parlera jamais.

    Tahiba n’est pas la seule dans le quartier. Sa voisine de sept ans est mentalement et physiquement handicapée.

    Un grand nombre d'enfants naissent après 1984 avec des malformations congénitales.

    Il y en a des centaines dans l’entourage de Hazra Bi. Des cliniques et des hôpitaux spécialisés ont dû être construits pour qu’on en prenne soin.

    … pour qui la justice n’a jamais été rendue

    Téléjournal, 7 juin 2010

    Le 7 juin 2010, au Téléjournal le journaliste Jean-François Bélanger présente un nouveau reportage sur les suites de la catastrophe de Bhopal.

    Sept dirigeants locaux de l’Union Carbide viennent d’être condamnés par la justice indienne pour ce qui s’est passé en 1984 à l’usine de Bhopal.

    Ils ont reçu une peine de deux ans de prison et se sont vu imposer des amendes de 2000 dollars.

    Le verdict a soulevé une vague d’indignation à Bhopal et dans toute l’Inde. La peine est perçue comme dérisoire et est prononcée beaucoup trop tard.

    Cette opinion semble appuyée par le ministre de la Justice indienne, qui soutient qu’un jugement rendu tant d'années après le crime s’apparente à un « déni de justice ».

    Et, deuxième affront, les accusés sont sortis libres du tribunal en payant chacun une caution d'à peine 500 dollars. Leur sentence étant en appel.

    Ce qui indigne également l’opinion publique indienne, c’est que seulement des responsables locaux ont été condamnés.

    Les dirigeants américains de la multinationale n’ont jamais comparu devant un tribunal pour ce qui s’est passé à Bhopal.

    Warren Anderson, le président-directeur général d’union Carbide, malgré des demandes répétées d’extradition aux États-Unis par la justice indienne, n’a jamais comparu devant aucun tribunal de l'Inde.

    Dow Chemical a acheté Union Carbide en 2001. Elle a abandonné le site de l’usine de Bhopal et rejette toute responsabilité dans cette catastrophe.

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