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Vendredi fou : vaut-il encore le coup de traverser la frontière?

Des passants devant une vitrine de magasin où sont affichés des soldes.

Les soldes du Vendredi fou marquent le début de la saison des achats du temps des Fêtes pour les commerçants.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Rozenn Nicolle

La tradition américaine du Vendredi fou est de plus en plus suivi au pays. À tel point que les consommateurs canadiens ne traversent plus autant la frontière pour faire leurs emplettes de Noël. Ce sont maintenant les Américains qui viennent faire leur magasinage au Canada.

Il y a un peu plus de trafic, mais ce n’est plus la cohue du bon vieux temps. Jean-Pierre Fortin, président du Syndicat des douaniers du Canada, est catégorique : la folie des Canadiens se ruant vers les États-Unis lors du Vendredi fou est révolue. Cette tendance-là a disparu au cours des six, sept dernières années, ajoute-t-il.

Dans les villes frontalières, comme à Windsor, en Ontario, plusieurs commerçants ont même remarqué la tendance inverse.

Dans le stationnement, on remarque plein de plaques immatriculées aux États-Unis, explique Karen Niforos, directrice marketing du centre commercial Devonshire, à Windsor.

Pour le président de la Chambre de commerce Windsor-Essex, Rakesh Naidu, cela offre des opportunités pour les commerçants canadiens. C’est le bon moment pour nous de ramener des Américains de ce côté [de la frontière] parce que le taux de change du dollar est encore de notre côté, estime-t-il.

Pour les Canadiens, se rendre aux États-Unis s’avère désavantageux, confirme le professeur titulaire à l’école des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Benoît Duguay.

Ce que vous voyez à 20 $ US, en réalité, ça va vous coûter 28 $ CA.

Benoît Duguay, professeur titulaire à l’école des sciences de la gestion de l’UQAM

Avec le taux de change, quand on compte les commissions que prennent les cartes de crédit sur les transactions, ça revient à peu près à 40 % [de la valeur en dollars américains], estime le spécialiste de la consommation.

Un seuil de marchandise plus élevé

Mais le taux de change n’est pas le seul avantage des consommateurs américains. Leur seuil de minimis — le montant maximum avant lequel un produit est taxé — est aussi beaucoup plus élevé.

Les ressortissants américains ont aussi la possibilité d’acheter jusqu’à 800 $ US (environ 1060 $ CA) de marchandises par jour sans avoir à payer de droits de douane, et sans avoir à rester une période minimum sur le territoire canadien.

Dans le sens inverse, la réalité est toute autre. Il faut rester au minimum 24 heures en territoire américain pour pouvoir ramener jusqu’à 200 $ de marchandise sans avoir à payer de taxes. En restant 48 heures, ce montant passe à 800 $.

Et les commerces canadiens veulent tirer profit de la situation. Selon Rakesh Naidu, plusieurs entreprises inscrites à la Chambre de commerce mènent déjà des campagnes marketing actives et ciblées vers nos voisins du sud.

Jean-Pierre Fortin, lui, y va tout de même de son conseil pour les Canadiens qui traverseront malgré tout la frontière pour l’occasion : Les consommateurs, s’ils font des achats, c’est d’avoir leur pièce d’identité, leur passeport, d’avoir les factures en main, pour passer plus vite. Ça aide beaucoup, ça facilite le travail de nos agents.

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