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Des bébés huards en détresse maintenant sains et saufs

Bien qu’il soit illégal de toucher un animal sauvage, les résidents de Hearst auraient obtenu l’approbation des autorités fédérales.

Des oiseaux sur la neige qui se dirigent vers l'eau ouverte de la rivière.

Les 28 huards ont pu s’envoler une fois sur l’eau.

Photo : Facebook/Marie-Josée Boucher/Retrouvaille d’animaux Hearst

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au moins 28 bébés huards retrouvés dans la nuit de mercredi à jeudi ont pu poursuivre leur périple grâce à un sauvetage orchestré par des résidents de Hearst.

Jeudi après-midi, les oiseaux ont été transportés sur la rivière Missinaibi à Mattice.

Des huards ne sont pas faits pour marcher sur la terre ferme, explique Marie-Josée Boucher de l’organisme Retrouvailles d’animaux Hearst. Ils ont besoin de cours d’eau ouverts pour s’envoler.

Selon Mme Boucher, il s’agit de huards à gorge rouge qui émigrent de la baie d’Hudson aux Grands Lacs pendant la saison froide.

Ils n’ont pu poursuivre leur voyage. Ils étaient probablement fatigués, dit Mme Boucher.

La pluie verglaçante donne aussi un effet de miroir sur les routes.

Les oiseaux voient un reflet sur les chemins, ils pensent que c’est de l’eau et les autres suivent tous. C’est ce qu’on croit qui est arrivé, dit-elle.

Libération

C’est vers la fin de l’après-midi jeudi que la vingtaine de jeunes huards a pu retrouver la liberté.

En compagnie de plusieurs bénévoles, les oiseaux ont été transportés au bord de l’eau.

Une femme transporte un oiseau dans une cage.

Des résidents de Hearst se sont mobilisés pour sauver les huards en détresse.

Photo : Facebook/Marie-Josée Boucher/Retrouvaille d’animaux Hearst

Un homme de Mattice, Normand Duval, s’est même offert pour ouvrir une piste près de l’eau avec un tracteur.

Dans une publication sur Facebook, Marie-Josée Boucher invite la communauté à se joindre à elle, et amener les autres bébés huards à Mattice, en eau libre.

Nous savons qu’il y en a une cinquantaine d’autres dans un champ sur la route de la Gaspésie, malheureusement nous n'aurons qu'à espérer le meilleur pour ceux qui sont laissés à eux-mêmes, écrit-elle. Nous avons besoin de bénévoles en motoneige pour les aider.

Toucher les huards, une pratique illégale au Canada

Les lois fédérales indiquent qu’il est illégal de toucher un animal ou un oiseau sauvage.

Malgré tout, Mme Boucher et une autre résidente de Hearst, Meagan Jansson, ont décidé d’agir quitte à recevoir une amende.

« Nous ne sommes pas le genre à laisser un animal en détresse.  »

— Une citation de  Marie-Josée Boucher
Deux femmes tiennent un huard.

Meagan Jansson (gauche) et Marie-Josée Boucher (droite) sont des résidentes de Hearst qui ont rallié la communauté pour porter secours à des bébés huards.

Photo : Gracieuseté Marie-Josée Boucher

Les huards sont des oiseaux migrateurs protégés et les lois fédérales empêchent qu'on interagisse avec eux, explique André Ferron, professeur en biologie dans les programmes de richesses naturelles au Collège Boréal, à Sudbury.

Beaucoup de gens ont de bonnes intentions, mais ils ne peuvent pas le faire par eux même, explique-t-il.

« Ils doivent contacter les ministères provinciaux et fédéraux, ou encore les centres de réhabilitation pour rescaper les animaux. »

— Une citation de  André Ferron, professeur en biologie dans les programmes de richesses naturelles au Collège Boréal

Même si la dame en question essaie de les sauver, elle peut s’exposer à des poursuites, précise André Ferron.

Un bébé huard dans un panier

Les oiseaux sont cloués au sol parce qu’ils ont besoin de surfaces en eau libre pour prendre leur envol, mais celles de Hearst sont gelées.

Photo : Gracieuseté Marie-Josée Boucher

Kathy Jones de Loon Lake Ontario nous a confirmé que les agents fédéraux avaient appelé pour cautionner la démarche de secourir les huards, a expliqué Mme Boucher.

Finalement c’est l’agent de conservation fédéral qui a contacté Mme Jones pour lui dire que c’était tout à fait correct ce que l’on faisait, et qu’il aimait mieux voir les huards survivre plutôt que les laisser mourir, conclut la jeune femme.

Au moment de publier, Radio-Canada attendait toujours une confirmation du ministère fédéral de l’Environnement et Changement climatique.

En vertu du Règlement sur les oiseaux migrateurs actuel, il est interdit de posséder un oiseau migrateur vivant, blessé ou mort à moins d’y être autorisé en vertu d’un permis.

Des modifications à la réglementation sur les oiseaux migrateurs publiés dans la Gazette du Canada mais qui n’ont pas encore été adoptée proposent des exceptions.

Il existe toutefois certaines situations où la possession temporaire d’un oiseau migrateur peut être bénéfique pour l’oiseau, mais en raison de la nécessité d’agir rapidement, il est impossible de délivrer un permis. La modification proposée introduit trois cas où la possession temporaire d’un oiseau migrateur, à l’exclusion de ses œufs, serait autorisée sans l’exigence d’obtenir un permis, dit la proposition.

Parmi ces exceptions, l’on retrouve les oiseaux migrateurs qui font face à une menace imminente et qui ont besoin d’une assistance immédiate pour leur survie.

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