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Accès difficile aux soins psychiatriques : l'Hôpital royal universitaire blâmé

L'immeuble de l'hôpital royal universitaire de Saskatoon avec la route légèrement enneigée.

Des patients et leurs proches se plaignent des temps d'attente pour des soins psychiatriques à l'hôpital royal universitaire de Saskatoon.

Photo : CBC / Trevor Bothorel

Solveig McClure Poirier

Des patients et leurs proches déplorent les temps d’attente et la mauvaise organisation du tri des patients en psychiatrie à l’Hôpital royal universitaire de Saskatoon.

Daniel Fontaine n’avait pas dormi depuis trois jours lorsqu’il a accepté que son père le conduise à l’urgence de l'Hôpital royal universitaire.

L’homme de 36 ans, alors en épisode maniaque et paranoïaque, craignait de s'y rendre en raison des temps d’attente, des bruits forts et des néons.

En franchissant les portes de l’établissement le mois dernier, il s’assoit dans une salle d’attente générale où tous les patients attendent, peu importe leur état de santé. 

C’était un cirque, ce fut le début d’une expérience horrible, raconte-t-il.

Environ sept heures plus tard, Daniel Fontaine rencontre finalement un premier psychiatre. Après un bref échange, l'homme est renvoyé dans la salle d’attente.

Dix heures plus tard, alors qu'il est à bout de patience, on lui fait encore voir un psychiatre, puis il est renvoyé à nouveau dans la salle d’attente.

Après avoir attendu une heure de plus sans avoir mangé, Daniel Fontaine finit par appeler un taxi et quitter l’hôpital. C’est son père qui le retrouvera à la maison familiale et qui le ramènera à l’hôpital.

Vingt-quatre heures après avoir franchi les portes de l’hôpital pour la première fois, il est finalement admis.

Le cas de Daniel Fontaine est loin d’être unique.

Un homme est assis près d'une plante verte, à sa gauche.

Un patient à l'Hôpital royal universitaire de Saskatoon.

Photo : Radio-Canada

Kathy Genest est la mère d’un homme dans la trentaine qui présente des troubles de santé mentale et une dépendance à la méthamphétamine en cristaux. Il a également dû visiter l’urgence de l’Hôpital royal universitaire de Saskatoon.

Il y a une crise ici. Si nous ne pouvons pas traiter les patients correctement, nous allons perdre beaucoup de gens, déplore-t-elle.

Dans un communiqué, l’Autorité de santé de la Saskatchewan (SHA) affirme qu’elle se rend compte qu'une longue attente peut être difficile pour les patients, en particulier lorsqu’ils ne se sentent pas bien.

Pourtant, le gouvernement a eu 10 ans pour donner suite aux recommandations de son propre rapport visant à améliorer l’expérience des patients en Saskatchewan, déplore Kathy Genest et d’autres proches de gens atteints de troubles de santé mentale.

Dans son rapport, le commissaire Tony Dagnone écrivait, entre autres : Les personnes souffrant de maladie mentale méritent qu’on prenne leurs préoccupations au sérieux lorsqu’elles se présentaient à l’urgence.

Il proposait également d’explorer la faisabilité d’un service de psychiatrie ouvert en tout temps.

Selon le commissaire, cette approche permettrait d’alléger la pression et l’attente dans les autres départements de l’urgence.

En avril 2018 une unité consacrée aux soins psychiatriques a été ouverte à l’Hôpital royal universitaire de Saskatoon. Lorsque l’hôpital pour enfants adjacent a ouvert ses portes, le 1er octobre dernier, l'unité de soins psychiatriques a été supprimée. 

Nous sommes retournés en arrière. Cela m'a laissé un sentiment de trahison, dit la mère d'un homme souffrant de maladie mentale, Lucy Mauerhoff-Bridges.

Selon elle, il est possible que les responsables ne sachent pas à quel point le système actuel touche les familles. Elle souhaite l'organisation d'une table ronde réunissant des patients, des familles, des médecins, des infirmières, des policiers, des administrateurs et des politiciens provinciaux.

Il existe des solutions; trouvons-les, dit-elle.

Quant à Daniel Fontaine, son état est actuellement stable.

Je ne pourrai jamais, avec toute bonne conscience, recommander à n'importe qui souffrant de maladie mentale en Saskatchewan d'aller à cet hôpital pour se faire traiter, conclut-il.

Avec les informations d’Alexis Lalemant et de CBC

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