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Un rapport recommandant la réimplantation d’un centre antiracisme déplaît à Hamilton

Vue aérienne de la ville avec plein d'édifices.

Hamilton était la capitale canadienne du crime haineux en 2018.

Photo : Radio-Canada / CBC/Terry Asma

Si le conseil municipal de Hamilton accepte les recommandations d’un rapport qui lui sera remis la semaine prochaine, le Centre de ressources antiracisme de Hamilton (HARRC), pourrait reprendre du service dès février 2020, et ce, dans une formule modifiée. La formule est toutefois loin d’être idéale selon plusieurs défenseurs du projet.

Le rapport, qui sera présenté au comité de finances et d’administration le 5 décembre, recommande que le centre soit dirigé par un conseil d’administration indépendant de la Ville, après un intérim assuré par la municipalité durant 6 mois.

Je pense que ça ne correspond pas nécessairement à ce qui a été proposé par les gens lors des consultations de la communauté, indique Ameil Joseph, un professeur de sociologie à l’Université McMaster impliqué dans la création du centre depuis 2014.

Ce dernier croit que ce sont plutôt des membres de la communauté qui devraient assurer l’intérim du centre et ensuite désigner le conseil d’administration indépendant.

Durant les consultations, les gens ne sentaient pas que la Ville devrait être l’entité qui met en œuvre les prochaines étapes pour établir un C. A. indépendant, estime M. Joseph.

Le professeur soutient que la municipalité pourrait former un comité de gens qui travaillent déjà à combattre le racisme dans la ville, afin d’assurer la crédibilité du processus.

Une femme sourit à la caméra. On voit des gens parler dans la salle derrière elle.

Mouna Bile est coordonnatrice pour la justice à la communauté noire à la Clinique juridique communautaire de Hamilton.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

D'autres personnes qui ont participé aux consultations publiques sur l'avenir du centre considèrent que le retrait de la Ville dans le processus permettrait d’établir un lien de confiance avec certaines communautés.

Pour une personne, de venir au centre, de s’ouvrir comme ça, de parler des actes qui ont été commis contre elle, on lui demande beaucoup. On leur demande d’être vulnérable et de faire confiance à la personne de l’autre côté, explique la coordonnatrice bilingue pour la communauté noire à la Clinique juridique communautaire de Hamilton, Mouna Bile.

Si vraiment la Ville veut que le centre soit rétabli et qu’il soit un succès, ils doivent prendre l’initiative de se mettre à l’arrière.

Mouna Bile

M. Joseph et Mme Bile soutiennent qu’après des années d’incidents racistes dans la ville de l’acier, les initiatives antiracistes doivent être coordonnées par et pour les gens qui subissent le racisme et qui le combattent.

Plus de ressources

Il est aussi proposé dans le rapport que la municipalité poursuive son investissement dans le centre durant les 26 prochains mois.

Initialement, la Ville devait injecter 100 000 $ par année dans le centre durant trois ans.

M. Ameil et Mme Bile aimeraient voir davantage de ressources allouées au HARRC, afin de pouvoir embaucher plus d’un employé.

Le centre est un espace où les participants font part en toute sécurité des expériences de racisme qu’elles vivent, afin de mieux informer le conseil municipal sur les préoccupations de la collectivité, pour s'attaquer au racisme et aux questions liées au racisme au sein de la communauté.

La Ville réitère ses bonnes intentions

L’auteure du rapport et directrice des talents et de la diversité de Hamilton, Jodie Koch, concède que l’intérim assuré par la Ville n’est pas optimal.

Mme Koch soutient néanmoins que la ville a priorisé un tel scénario afin que le centre puisse rouvrir le plus rapidement possible.

Pour ce qui est des ressources allouées, elle indique que cette version du projet n’est pas finale, qu’un autre rapport sera remis au conseil municipal en juin 2020 afin de faire le point.

Le centre antiracisme en date et en chiffres

  • En 2015, après une décennie de demandes, la Ville accepte de lancer un projet-pilote de centre antiracisme.
  • En 2018, Hamilton a été la ville où le taux de crimes haineux a été le plus haut du pays, selon les plus récentes données de Statistique Canada.
  • En février 2019, un an après le lancement du HARRC, Hamilton avait mis le projet-pilote sur pause. L’objectif était de procéder à des ajustements afin que le premier centre antiracisme canadien atteigne ses objectifs.
  • Lors de l’année durant laquelle il a été actif, 73 résidents de Hamilton ont fait part de leur expérience discriminatoire au personnel du HARRC.
  • Selon un sondage en ligne effectué par la Ville auprès de 575 personnes (entre le 3 juillet et le 15 septembre), 79 % des répondants affirmaient avoir personnellement vécu ou été témoins de racisme ou de problèmes liés au racisme au cours de la dernière année à Hamilton.

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