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Plus de 80 enfants de la DPJ ont vécu sous son toit

Le reportage de Nicole Germain

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

À 48 ans, une femme de Saint-Côme–Linière, en Beauce, a accueilli plus de 80 enfants placés sous la garde de la DPJ. Son parcours a même inspiré ses propres enfants, qui l'ont beaucoup aidée au cours des 15 dernières années.

En 2004, un peu après la naissance de ses trois enfants, Diane Thomas avait encore beaucoup d'amour à donner. C'est à ce moment que son aventure en tant que famille d'accueil auprès des enfants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a débuté.

J'ai trois amours qui ont partagé ma folie de vouloir aider autant d'enfants, explique-t-elle. Trois enfants exceptionnels à qui, toutes les fois que je renouvelle mon contrat, je demande : "Est-ce qu'on continue?" C'est important que la famille soit d'accord.

Juste aider un enfant, c'est magique, donc on se disait : si on peut lui donner assez d'amour et de patience, on ne se trompera pas.

Diane Thomas

Les 80 jeunes qu'elle a accueillis ou accueille encore sont âgés de 9 ans ou plus. La majorité d'entre eux souffrent d'un trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Ses propres enfants ont entre 18 et 26 ans, et ils continuent de la soutenir alors que quatre jeunes de la DPJ vivent en ce moment chez elle. Diane Thomas croit qu'elle pourrait poursuivre sa mission jusqu'à ce que ces quatre jeunes atteignent la majorité.

Diane Thomas à table avec des jeunes qu'elle héberge.

Depuis 2004, Diane Thomas reçoit quatre enfants sous son toit à la fois, pour au moins 80 jeunes.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Mais la relation entre les jeunes et elle ne s'arrêtera pas là. Je les suis. Si légalement à 18 ans on n'est plus leur famille d'accueil, dans le coeur, on reste leur famille d'accueil tout le temps.

Mieux outiller les familles

Depuis maintenant 10 ans, Diane Thomas peut compter sur l'Association démocratique des ressources à l'enfance du Québec (ADREQ), qui offre notamment des formations. Des fois, juste donner un bain à un enfant qui a eu un traumatisme dans le passé, c'est quelque chose; imaginez quand c'est une étrangère qui le fait, illustre-t-elle. La crise est incroyable!

Elle estime que les formations de l'ADREQ aident principalement lors de la gestion de crise.

Partout dans la province, l'ADREQ représente quelque 2500 familles d'accueil. Mme Thomas est présidente de la division de Chaudière-Appalaches pour l'Association. Au début, des éducateurs spécialisés de la DPJ pouvaient se rendre chez elle pour lui donner des conseils. Maintenant, en raison de son expérience, ces déplacements ne sont plus nécessaires.

Même si elle n'a jamais regretté son choix, Diane Thomas reconnaît que la vie de famille d'accueil n'est pas toujours un long fleuve tranquille.

Des choix déchirants

Il y a des enfants qui ont été vraiment plus difficiles, plus violents, mentionne-t-elle. C'est déjà arrivé que je me retrouve avec une entorse cervicale parce qu'une jeune fille de 9 ans en crise m'a sauté sur le cou.

Mme Thomas admet que ses propres enfants ont trouvé certains moments plus difficiles que d'autres. Voir leur mère se faire frapper, pour eux, c'est inacceptable. Et dans les faits, c'est inacceptable.

Même avec les formations de l'ADREQ, même avec la bonne intention, Mme Thomas affirme qu'il faut parfois comprendre que ça ne marchera pas. Et c'est ça qui est le plus difficile.

Quelques fois au cours de sa carrière de famille d'accueil, elle n'a eu d'autre choix que de demander à la DPJ un nouveau placement pour un enfant. Mais heureusement, dit-elle, dans la très grande majorité des cas, les jeunes sont restés jusqu'à 18 ans, ou jusqu'à la fin prévue du placement.

On ne peut pas réparer tout ce qu'ils ont vécu, mais on essaie de les rendre quand même heureux afin qu'ils aient une belle vie.

Diane Thomas

Je regarde tous les cocos que j'ai eus. Ils ont tous réussi, soutient-elle fièrement. Maintenant, ce sont des adultes dans la trentaine ou dans la vingtaine. Ils ont des enfants, des emplois.

Déboulonner les préjugés

Diane Thomas déplore qu'on entende seulement les histoires négatives entourant les familles d'accueil dans les médias. Il y a, selon elle, de nombreux exemples de réussites.

Le préjugé le plus courant, c'est celui qu'on le fait pour l'argent. Et sincèrement, tous ceux que je connais qui ont pensé un peu comme ça ne toffaient pas plus que deux ans, parce que c'est un travail 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Elle souhaiterait d'ailleurs une meilleure reconnaissance du travail des familles d'accueil de la part du gouvernement du Québec.

Pierre-Olivier Lachance, souriant, assis à une table.

Pierre-Olivier Lachance, fils de Diane Thomas, l’accompagne beaucoup dans son aventure de famille d'accueil.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Pour ce qui est de sa mission à elle, la relève est déjà assurée.

Son fils de 19 ans, Pierre-Olivier Lachance, étudie en éducation spécialisée avec comme objectif de devenir famille d'accueil comme sa mère.

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