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L’enquête sur l’orphelinat pour enfants noirs en N.-É. présente ses conclusions

Les anciens pensionnaires de l'orphelinat pour enfants noirs ont raconté avoir été agressés sexuellement, physiquement et mentalement.

Couverture orange du rapport final de l'enquête.

Le rapport final a été publié le 28 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

Une enquête provinciale sur des décennies de sévices endurés par des enfants noirs d’un orphelinat de la Nouvelle-Écosse recommande la création d'une commission indépendante pour les enfants et les jeunes.

Dans un rapport final intitulé Journey to Light: A Different Way Forward, l'enquête recommande qu'une nouvelle commission adopte une approche réparatrice centrée sur l'individu plutôt que le rôle traditionnel de protecteur des enfants et de la jeunesse.

L'enquête elle-même a d’ailleurs utilisé de nouveaux principes réparateurs plutôt que l'approche des témoignages contradictoires adoptée habituellement par les enquêtes publiques.

Ancien édifice de l'orphelinat Nova Scotia Home for Colored Children.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'édifice, photographié en 2013, qui abritait l'orphelinat à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Ouvert en 1921, le Nova Scotia Home for Colored Children (littéralement « Foyer pour enfants de couleur de la Nouvelle-Écosse »), à Dartmouth dans la région d’Halifax, est devenu le symbole du racisme et de la discrimination systémiques dans les institutions de la province.

L’orphelinat accueillait presque exclusivement des enfants noirs, dont les orphelinats « blancs » ne voulaient pas. D’anciens résidents ont fait état de nombreux sévices, dont des abus sexuels, et de conditions difficiles dans un établissement sous-financé en comparaison de ceux qui accueillaient des enfants blancs.

D’anciens résidents ont entre autres raconté que des enfants étaient forcés de se battre entre eux pour « divertir » certains employés.

Tony Smith et la juge Pamela Williams en conférence de presse à Halifax le 7 décembre 2018.

Tony Smith, un ancien résident de l'orphelinat pour enfants noirs, et la juge en chef Pamela Williams sont deux des commissaires responsables de l'enquête.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Dans le rapport de 556 pages qui explore les moyens de mettre fin au racisme systémique dans la province, l'enquête provinciale appelle à un changement en profondeur dans la façon dont les établissements traitent le racisme et les sévices institutionnalisés.

Plutôt que de présenter une liste traditionnelle de recommandations et d’échéanciers, le rapport publié jeudi propose une sorte de feuille de route pour casser ce qu'on décrit comme l'« approche fragmentée » adoptée par les différents ministères sur cette question.

Des enfants afro-néo-écossais victimes de sévices

À la suite d’allégations d’une quarantaine d’anciens résidents de l’orphelinat noir de la Nouvelle-Écosse, une enquête avait été ouverte, puis fermée en décembre 2012 par la  Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Après des entrevues menées dans quatre provinces, les autorités disaient avoir du mal à corroborer des faits allégués très anciens. De plus, plusieurs des anciens travailleurs de ce foyer ou d’anciens témoins potentiels étaient morts.

En 2014, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a présenté des excuses à la communauté afro-néo-écossaise.

Des actions en justice ont permis à d’anciens résidents d’obtenir du gouvernement provincial un dédommagement de 34 millions de dollars en guise de réparations pour les sévices.

Jennifer Llewellyn, l’une des commissaires, également professeure de droit à l’Université Dalhousie, indique que l’objectif de l’enquête n’était pas de débusquer des coupables et leur faire porter le blâme, mais plutôt d’établir des liens avec le plus grand nombre d’intervenants possible afin de comprendre pourquoi les abus avaient été commis, et de s’attaquer à la question du racisme systémique dans les institutions.

George Gray, Pamela Williams et Tony Smith assis à une table.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les commissaires George Gray, Pamela Williams et Tony Smith en 2018.

Photo : La Presse canadienne / Brett Bundale

George Gray, membre de la commission d’enquête, a rappelé que lorsque celle-ci avait été annoncée, l’inquiétude était palpable chez plusieurs individus liés à ce foyer. Mais ils ont réalisé avec le temps que l’approche des commissaires était différente de ce à quoi ils s’attendaient.

Ils ont réalisé que cela représentait une occasion de faire face à ces problèmes d’une manière différente, d’une façon qui ne causerait pas encore plus de douleur, mais qui nous aiderait à briser le silence dans la communauté, et à parler des aspects très difficiles et douloureux du passé, dit M. Gray.

Cette approche, selon M. Gray, a permis de rassembler les gens et de les aider à guérir.

Pour la juge Pamela Williams, une autre des commissaires, cette approche a permis de créer des liens fondés sur la confiance. La confiance bâtit la communication. La communication engendre l’apprentissage et la compréhension, a-t-elle dit.

Avec les informations de La Presse canadienne et CBC

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