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Loi sur la laïcité : Brian Pallister défend sa campagne publicitaire au Québec

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, regarde la caméra.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, défend sa publicité destinée à attirer des Québécois dans sa province.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre Brian Pallister assume sa campagne « 21 raisons de se sentir chez soi au Manitoba ». Il n'accorde pas trop d'importance aux réactions de Québec et demeure ferme sur ses positions.

Le premier ministre du Québec, François Legault, affirme que son homologue aurait dû utiliser l'argent de la campagne publicitaire dans les services francophones du Manitoba.

Selon le gouvernement manitobain, la campagne, diffusée à 80 % en français et à 20 % en anglais, a été élaborée à l’interne et dispose d’un budget de 20 000 $. Elle a pour but de faire connaître les possibilités d’emploi au Manitoba et vise les employés du secteur public, les infirmières et les étudiants. 

Brian Pallister pas offusqué

Le premier ministre Brian Pallister ne s'est pas offusqué des propos de son homologue québécois. Je n’ai rien contre les commentaires de M. Legault. J’aime bien le premier ministre sur un plan personnel. Nous nous entendons sur beaucoup de choses. Sur ce sujet, nous ne nous entendons pas, a-t-il dit.

Nous voulons envoyer un message clair. Nous supportons les droits et les libertés individuels menacés par cette loi.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

Il reste cependant ferme sur sa position et croit avoir la légitimité de s'immiscer dans le débat.

C’est un enjeu canadien. Le Canada se porte mieux avec le Québec, et vice versa, croit-il. Ce n’est pas une question séparatiste, il s'agit de savoir si nous sommes prêts ou non à défendre les droits des minorités. Le Manitoba a cette réputation, et nous continuerons d’agir de la sorte.

Brian Pallister, qui a vécu plusieurs années au Québec et y a élevé ses enfants, soutient que le Québec ne mérite pas cette loi.

Il répète que la campagne publicitaire vise à combler un manque d'employés bilingues dans la fonction publique manitobaine.

Nous sommes une province bilingue, il y a des services importants à offrir en français, et nous manquons de personnes bilingues, dit Brian Pallister.

Des réactions au Manitoba

Il n'y a pas qu'au Québec que les réactions à la campagne publicitaire se multiplient. C'est aussi le cas au Manitoba.

Pour sa part, la Société de la francophonie manitobaine (SFM) accueille favorablement cette campagne de publicité. La vice-présidente du conseil d’administration de la SFM, Angela Cassie, est ravie que la province reconnaisse l’importance du français et le valorise.

Nous sommes contents que le gouvernement fasse des efforts pour des services en anglais et en français, ajoute-t-elle.

La reconnaissance, c’est une étape importante, la prochaine étape, c’est d’assurer que le financement est là pour les services [en français] pour assurer la vitalité.

Angela Cassie, vice-présidente du conseil d’administration de la SFM

Mme Cassie souhaite avoir plus de précisions de la part du gouvernement manitobain sur la nature des emplois disponibles.

Nous allons faire des suivis pour voir où sont ces postes, quels sont les services et comment on va avoir accès à ces services, précise Mme Cassie,. Pas seulement à Winnipeg, mais aussi dans le contexte rural, où il n’y a pas le même accès aux services en français.

À la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), qui gère l'ensemble des écoles francophones de la province, le président, Bernard Lesage, juge qu’au-delà de la critique de la loi, si M. Pallister croit qu’il y a un manque ou une pénurie de main-d'œuvre au Manitoba pour justement remplir ces postes bilingues, c'est certainement une bonne chose d'aller faire le recrutement ailleurs au pays.

La DSFM fait déjà du recrutement au Québec pour voir s’il y a de l’intérêt à venir enseigner en milieu minoritaire. Si cette annonce mise dans les journaux peut nous aider, alors bravo.

Bernard Lesage, président de la DSFM

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Manitoba et chef de l’opposition officielle, Wab Kinew, estime que la Loi sur la laïcité de l’État est mauvaise et qu’il faut la condamner.

Je crois cependant que les employés de la fonction publique du Manitoba sont maltraités par le gouvernement, dit M. Kinew. En tant que membre de l’opposition, je trouve cynique que le gouvernement décide d’aller de l’avant avec cette campagne de publicité à l’extérieur, quand les conditions de travail des fonctionnaires sont déplorables.

Même son de cloche chez le chef du Parti libéral du Manitoba (PLM), Dougald Lamont. Il estime que cette campagne publicitaire est plus un exercice de relations publiques qu’une réelle volonté d’attirer des gens.

J’aime l’idée d’attirer des gens du Québec, mais il y a des difficultés parce que M. Pallister fait beaucoup de compressions ici au Manitoba, souligne-t-il. Alors ils auront leurs droits, mais ils auront peut-être de la difficulté à se trouver un emploi.

Le chef du PLM ajoute que sa formation aimerait voir plus de francophones choisir le Manitoba. Mais le gouvernement Pallister a fait beaucoup de compressions dans les services aux francophones. C’est très frustrant, dit-il.

Dougald Lamont reproche par ailleurs à Brian Pallister de critiquer le Québec tout en tentant de nier les droits des syndicats.

C’est vrai qu’on n’aime pas ce qui se passe au Québec, mais le gouvernement de Brian Pallister ignore les droits constitutionnels aussi. Alors il y a beaucoup d'hypocrisie, conclut Dougald Lamont.

Avec les informations d'Abdoulaye Cissoko et Cameron MacIntosh

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