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Montréal espère réduire considérablement son taux de locaux vacants

L’objectif de la Ville est d’avoir un taux de vacance variant de 4 % à 7 % sur les artères commerciales.

Une affiche à louer se trouve dans la fenêtre d'un local du centre-ville de Montréal.

Sur certaines artères commerciales de Montréal, le taux de locaux vacants est de plus de 25 %.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Romain Schué

Montréal compte diviser par trois le taux de locaux vacants sur ses principales artères commerciales.

Cette moyenne était de 15 % en juillet, avec près de 1000 locaux vacants sur les quelque 7000 que compte la métropole, selon les dernières données présentées par la Ville.

Celle-ci s’apprête à lancer une série de consultations publiques sur cet enjeu dans les prochaines semaines. Commerçants, acteurs du milieu économique et tous les citoyens pourront donner leur opinion concernant cette problématique.

L’augmentation du nombre de locaux vacants sur les artères commerciales est un phénomène en hausse dans plusieurs métropoles à l’échelle internationale et préoccupe certains acteurs et pouvoirs publics. Montréal ne fait pas exception, peut-on lire dans un document mis en ligne par la métropole, qui récapitule cette « préoccupation ».

Des artères plus touchées que d'autres

Selon les quartiers, les chiffres varient et certaines artères sont particulièrement touchées par ce taux de locaux vacants.

Ce dernier est actuellement de 26 % sur la rue Sainte-Catherine Est, ainsi que sur la rue Saint-Denis, la plus importante artère du Plateau-Mont-Royal.

Sur celle-ci, ce chiffre a nettement augmenté au cours des dernières années. On parlait de moins d’un commerce sur cinq (19 %) inoccupé en 2015.

Plus bas, sur la rue Ontario, l’augmentation a également été sensible, passant de 7 % à 14 % dans les quatre dernières années.

Aucun échéancier n’est avancé pour le moment par la Ville de Montréal pour réduire considérablement ce taux de vacance, qui, sur l'ensemble du territoire, est néanmoins resté stable depuis 2015 (de 14 % à 15 %).

Avoir un taux de vacance entre 4 % et 7 %? Oui, c’est ambitieux. Tout est sur la table et on espère avoir l’avis de spécialistes durant ces consultations.

Richard Ryan, conseiller municipal

Tout va dépendre des solutions qu’on voudra mettre en place. Il y aura aussi des discussions à avoir avec le provincial, explique l’élu du Plateau-Mont-Royal Richard Ryan, qui préside la Commission municipale sur le développement économique et urbain et l'habitation.

Des consultations et un sondage

Une première séance d’information publique est prévue à l’hôtel de ville le 10 décembre, à 19 h. Un sondage en ligne sera également proposé entre le 10 décembre et le 20 janvier. Les mémoires provenant de différents acteurs seront présentés dès le 14 janvier devant la Commission municipale sur le développement économique et urbain et l'habitation. Les recommandations de cette instance de la Ville sont attendues d’ici le printemps prochain.

Une réflexion « plus large »

L’objectif, affirme Richard Ryan, est d’avoir une réflexion globale, qui va au-delà des discussions autour, par exemple, du taux d’imposition des commerces.

C’est plus large, détaille-t-il. Il faut parler d’urbanisme, d’aménagement urbain aussi lorsqu’on pense aux commerces.

Il faut élargir le spectre, confirme le président de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal, Billy Walsh. Ça dépasse l’artère commerciale, il y a des questions culturelles et sociales.

Le local vacant, c’est la pointe de l’iceberg. C’est ce que les gens voient. Mais en dessous se cachent beaucoup de choses.

Billy Walsh, président de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal

C’est toute la réflexion d’un quartier qu’il faut avoir, poursuit-il, en évoquant l'idée de stationnements incitatifs ou la création de pistes cyclables, comme l’envisage déjà la Ville pour la rue Saint-Denis avec la mise en place d’une voie express (Nouvelle fenêtre), réservée aux vélos, dès l’année prochaine.

Sur Saint-Denis, il y a une occasion de donner une nouvelle couleur, une autre image, avec des milliers de cyclistes qui passeraient devant les commerces, juge Richard Ryan.

Déjà des efforts, plaide la Ville

Le taux d’imposition réservé aux commerçants montréalais, parmi les plus taxés au pays, reste cependant une grande préoccupation, certifie Billy Walsh, tout en reconnaissant que la Ville va dans la bonne direction.

C’est définitivement un enjeu pour nous. Parfois, c’est David contre Goliath, avec des petits commerces qui vont subir un grand taux d’imposition et qui, en plus, doivent lutter contre Amazon, souligne-t-il.

De son côté, l’administration Plante se défend et met de l’avant différentes mesures prises depuis l’arrivée au pouvoir de Projet Montréal fin 2017. Un allégement fiscal visant les commerces locaux de 12,5 % sur les premiers 625 000 $ d’évaluation a par exemple été annoncé pour 2020.

Citant également la mise sur pied d'un comité consultatif en 2018 et l'instauration d'un nouveau programme de compensation financière pour les commerces touchés par des travaux de voirie, Richard Ryan vante le bilan de son équipe.

Jamais il n’y a eu autant d’attention pour les commerçants depuis Jean Doré (maire entre 1986 et 1994). On a toujours été très préoccupés par cet enjeu, par le commerce de proximité.

Richard Ryan, conseiller municipal

Selon ce dernier, ces consultations seront aussi l’occasion de trouver des pistes de solution pour contrer « la spéculation » immobilière, qui a des impacts sur les commerçants louant leur espace.

Parfois, ce n’est pas un manque de clients. On le voit dans le Mile End, un propriétaire tente de louer son local trois fois le prix médian. Des commerces n’ont pas les moyens de payer et le propriétaire préfère attendre et laisser le local vide, déplore l’élu.

L’idée d’une taxe contre les propriétaires qui laissent leur local vacant, étudiée par l’administration Plante, ne devrait toutefois pas voir le jour. Nos recherches n’ont pas été concluantes, plaide Richard Ryan, qui espère déposer son rapport, avec une série de recommandations, au conseil municipal du mois de mars 2020.

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