•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sur les quais, à la pêche aux employés

« Plus tu lances de lignes à l’eau, plus tu as de chances que ça morde! » – Michel Robert de B3CG à Saint-Eustache

Une femme portant un manteau et un dossard distribue des cafés à l'extérieur d'une gare.

Une bénévole participe à une opération de recrutement à la gare de Deux-Montagnes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À Deux-Montagnes, les entreprises démarchent les usagers du train de banlieue sur le quai. Elles leur proposent des emplois dans la couronne nord de la métropole, une occasion d’éviter de se rendre au centre-ville pendant les travaux du Réseau express métropolitain (REM).

À partir de janvier, les travaux du REM vont rendre les déplacements difficiles entre Deux-Montagnes et Montréal. Avec ses partenaires, la présidente de la Chambre de commerce et d’industrie MRC Deux-Montagnes, Caroline Parent, espère bien faire d’une pierre deux coups.

Avec l’initiative « Change ton train-train », elle veut offrir aux entreprises l’occasion d’enrôler des résidents du secteur qui, en retour, pourraient éviter le chaos.

Comme partout au Québec, de nombreux employeurs de la couronne nord de Montréal ont du mal à recruter du personnel. L'intérêt est donc réciproque, d’autant plus, soutient Caroline Parent, que les gens pensent à tort qu’il n’y a pas de diversité d’emploi et que les salaires sont modestes en banlieue.

Des centaines de postes à pourvoir

Depuis début novembre, une dizaine d’entreprises ont envoyé des cohortes d’employés braver le froid et distribuer des prospectus aux usagers à l’heure de pointe, dès 5 h 30.

En tout, cinq matinées ont été consacrées à la promotion de centaines d’emplois disponibles dans la région.

Dans son usine de Saint-Eustache, AQ B3CG fabrique des faisceaux électriques et des boîtiers électromécaniques. Son directeur du développement des affaires, Michel Robert, explique que les besoins sont permanents, en majorité des postes dans la manufacture avec des salaires moyens.

Après quelques heures passées sur les quais, il entrevoit un réel potentiel de recrutement.

Michel Robert, à l'extérieur de la gare, discute avec une passante.

Michel Robert tente de recruter de nouveaux employés à la gare de Deux-Montagnes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’est comme aller à la pêche, plus tu lances de lignes à l’eau, plus tu as de chances que ça morde, explique Michel Robert. On se fait dire : "Oui, je me cherche autre chose, dans la région idéalement." Alors s’il peut y avoir un match parfait, tant mieux.

Alex Amaral distribue sans relâche des paquets de gommes et des articles promotionnels pour EMD Batimo, une entreprise spécialisée dans les logements et les résidences pour aînés qui rayonne dans les Basses-Laurentides.

Le coordonnateur des ressources humaines précise que de nombreux postes sont à pourvoir, souvent avec de très bonnes conditions de travail, mais il a de la difficulté à recruter.

On a besoin de surintendants, de chargés de projet, de comptables, de préposés aux bénéficiaires, d'infirmières, de concierges. Nous avons une belle culture d'entreprise.

Alex Amaral
Alex Amaral distribue des prospectus à l'extérieur de la gare de Deux-Montagnes.

Alex Amaral tente de recruter des employés pour une entreprise spécialisée dans les logements et les résidences pour aînés.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Cette initiative a été inspirée par l’entreprise Bain magique qui, déjà l’année dernière, avait lancé une opération similaire, désespérée par ses difficultés de recrutement.

Toujours en manque de personnel, la compagnie spécialisée dans les salles de bain a offert cette année du café et des muffins à la gare de Sainte-Dorothée.

Un intérêt mitigé...

Plusieurs personnes, comme Jocelyn, rencontré à la hâte à la gare de Deux-Montagnes, envisagent de quitter leur employeur.

Cet informaticien a un bon emploi au centre-ville mais, avec la perspective des travaux du REM, il est prêt à changer demain matin. Il cherche depuis quelques semaines, sans résultat pour le moment.

En revanche, la plupart des usagers rencontrés sur le quai ne sont pas prêts à sauter le pas. Pour Sébastien Keddy, c’est une question de salaire. Il estime qu’il peut obtenir une rémunération plus élevée au centre-ville, de 20 000 à 30 000 dollars.

Joanie Chabot est satisfaite de son emploi à Montréal et elle a la possibilité de faire du télétravail.

Dans l’immédiat, pas question de bouleverser sa vie, mais elle se dit inquiète, d’autant plus que son conjoint prend le train lui aussi.

Si les déplacements deviennent trop complexes, elle pourrait réévaluer sa position pour ne pas pénaliser ses enfants.

Chose certaine, son conjoint ne changera pas son fusil d’épaule car, dit-elle, il travaille dans un domaine très ciblé.

Pour les plus jeunes, c’est aussi une question de mode de vie.

Des hommes offrent des prospectus à des passants près de la gare de Deux-Montagnes.

Des employés de l'entreprise AQB3CG tentent de recruter de nouvelles personnes à la gare de Deux-Montagnes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mylène Larivière va au Cégep Saint-Laurent, mais envisage ensuite de travailler à Montréal parce que c’est plus attrayant. Elle vise une carrière en dentisterie et, selon elle, il y a plus d’offres à Montréal.

… mais croissant

Nathalie Rheault est conseillère aux entreprises à la Chambre de commerce et d’industrie MRC Deux-Montagnes.

Le sourire aux lèvres, elle distribue aux usagers des brochures qui font la promotion de Change ton train-train.

Elle constate que depuis le début de l’opération de charme, l’intérêt pour le site Internet dédié au programme est grandissant.

Sur les quais aussi.

Elle recroise à l’occasion des citoyens qui étaient peu réceptifs au début du mois de novembre, mais qui ont changé d’avis et qui envisagent de chercher un emploi près de leur domicile.

Une femme prend un prospectus distribué à la gare de Deux-Montagnes.

Une femme prend une brochure à la gare de Deux-Montagnes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour affiner la connaissance des besoins en termes d’emploi, Nathalie Rheault compte beaucoup sur le questionnaire en ligne qui a pour objectif de cerner les besoins des habitants.

Les résultats du sondage serviront à guider les actions de la MRC dans les prochains mois.

Cette initiative est encouragée par le maire de Deux-Montagnes, Denis Martin. Il précise que les entreprises recherchent constamment des employés et qu’elles contactent régulièrement la MRC pour demander du soutien.

Selon Denis Martin, ces données seront encore plus pertinentes après le 6 janvier, date à laquelle la ligne de train de banlieue sera interrompue pour permettre les travaux du REM.

À ce moment-là, l’édile s’attend au pire et affirme qu’il va regarder la situation de près.

Il y a de l’inquiétude, ça va être beaucoup d’essais-erreurs pour les premières semaines. Malheureusement, les usagers, ça ne leur tente pas d’être victimes d’un essai-erreur.

Denis Martin
Denis Martin devant un train à la gare de Deux-Montagnes.

Le maire de Deux-Montagnes, Denis Martin

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les travaux du REM vont perturber les déplacements des usagers de la ligne de Deux-Montagnes au moins jusqu’en 2023.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !