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Un projet de loi ontarien pour éliminer le vapotage chez les jeunes

Une femme fume une cigarette électronique.

L'usage de cigarettes électroniques peut être à l'origine de l'apparition de symptômes de maladies pulmonaires, prévient Santé Canada.

Photo : Reuters / Ronen Zvulun

Mathieu Simard

Le phénomène du vapotage chez les jeunes inquiète l'opposition officielle à Queen's Park. Devant l'augmentation du nombre de jeunes qui adoptent la cigarette électronique, la députée néo-démocrate France Gélinas a décidé de présenter un projet de loi privé pour mieux encadrer la vente de produits du vapotage.

La députée de Nickel Belt propose notamment de limiter la vente des produits du vapotage aux boutiques spécialisées et aux pharmacies. Si son projet de loi est adopté par l'Assemblée législative, les cigarettes électroniques seront donc bannies des dépanneurs et des stations-service. Cet accès restreint ne devrait pas empêcher, selon elle, les adultes qui en ont vraiment envie de s'en procurer une.

Il y a de plus en plus de gens qui unissent leur voix pour dire que de rendre ces produits-là disponibles dans des magasins spécialisés dans le vapotage n'est pas une barrière à l'accès pour les fumeurs qui veulent arrêter de fumer, indique-t-elle.

France Gélinas aimerait aussi que toute publicité faisant la promotion du vapotage soit interdite dans la province, comme c'est actuellement le cas pour le tabac.

Elle est d'avis que la directive du gouvernement Ford de bannir la publicité dans les dépanneurs et les stations-service à partir du 1er janvier ne va pas assez loin. Selon elle, trop de jeunes développent une dépendance à la nicotine en raison du caractère attirant de ces produits.

Des personnes en conférence de presse.

Le projet de loi de la députée France Gélinas a déjà reçu l'appuie de plusieurs organismes qui font la promotion d'un mode de vie sans fumée.

Photo : Chaîne de l'Assemblée législative de l'Ontario

Le projet de loi, baptisé le vapotage n'est pas pour les enfants, a été adopté mercredi en première lecture à Queen's Park. Il se veut une réponse directe au laxisme du gouvernement Ford dans le dossier, indique Mme Gélinas.

Le gouvernement envoie plein de messages subliminaux aux jeunes que tout est beau, non, tout n'est pas beau. On n'en veut plus d'annonce, sous toutes ses formes. Que ce soit en ligne, dans les médias.

France Gélinas, porte-parole de l'opposition en matière de Santé

En plus d'un encadrement plus rigoureux pour la vente et la promotion de la cigarette électronique, le projet de loi exige que Santé Ontario produise un rapport annuel sur les habitudes de consommation des Ontariens quant au vapotage. Il prévoit aussi que les revenues tirés de la taxation de ces produits soit investie dans la rechercher pour avoir une meilleure idée des effets à long terme du vapotage sur la santé.

Déjà, le projet de loi piloté par France Gélinas a reçu l'appui de la Coalition ontarienne contre le tabac et de l'organisme Médecins pour un Canada sans fumée. On a eu plus d'un an pour comprendre et s'informer. Nous sommes en situation de crise et le temps pour s'informer et écouter est terminé. On doit agir, croit le docteur Atul Kapur, du regroupement Médecins pour un Canada sans fumée.

Une femme fume une cigarette électronique.

Une exposition régulière aux vapeurs des cigarettes électroniques perturbe la couche protectrice des poumons, selon une étude réalisée aux États-Unis.

Photo : getty images/istockphoto / pixinoo

Alors que de nombreux cas de maladies graves ont été recensés dans les derniers mois, la ministre de la Santé répète que les possibles effets à long terme du vapotage demeurent incertains. Christine Elliott veut demeurer prudente, mais refuse de restreindre la vente avant d'avoir des données probantes en sa possession.

Interdiction complète?

Serait-il plus simple d'interdire complètement la vente des produits du vapotage? De plus en plus d'experts se posent la question.

Le vapotage demeure un outil encore pertinent pour certains fumeurs : La cigarette électronique en générale est apparemment moins nocive que la cigarette, explique Michael Perley, de la Coalition ontarienne contre le tabac.

Il pense que le vapotage demeure une option valide pour les fumeurs compulsifs qui peinent à réduire leur consommation de tabac : Il est utile sans doute de laisser sur le marché un certain de nombre de produits de vapotage pour ce genre de fumeurs qui a essayé toutes sortes d'autres moyens d'aide à cesser de fumer.

Le gouvernement ontarien souligne que de plus en plus de jeunes vapotent. Une étude citée par la province indique qu'il y a eu une hausse de 74 % du vapotage chez les jeunes Canadiens de 16 à 19 ans de 2017 à 2018. Par ailleurs, deux élèves sur trois qui vapotent utilisent des produits contenant de la nicotine, une situation que la province qualifie de préoccupante.

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Toronto

Politique provinciale