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Répression sanglante de manifestations antigouvernementales en Irak

Des Irakiens ont un bras en l'air au milieu d'une foule. Certains tiennent une chaussure et un homme brandit un casque. Le drapeau irakien flotte en arrière-plan.

Des manifestants rassemblés à Nasiriyah ont été pris pour cible par les forces de sécurité.

Photo : Reuters / Pigiste

Radio-Canada

Le mouvement inédit de contestation antigouvernemental qui secoue l’Irak a connu jeudi l’une de ses journées les plus sanglantes en deux mois, après que les forces de sécurité ont ouvert le feu, notamment sur des manifestants qui bloquaient deux ponts à Nasiriyah, dans le sud du pays.

Le bilan de cette sanglante journée s'élève à 45 morts et des centaines de blessés à Nasiriyah, Bagdad et Najaf.

La Commission gouvernementale des droits humains a pour sa part dénoncé dans un communiqué un « usage excessif de la force ».

Dans la ville sainte de Najaf, où les manifestants ont incendié le consulat d'Iran mercredi, 12 personnes ont été tuées. Dans la seule ville de Nasiriyah, 29 morts ont été enregistrés. Dans la capitale Bagdad, quatre personnes sont mortes.

Les manifestants ont poursuivi la contestation, malgré un couvre-feu en vigueur. Ils ont d'abord incendié un quartier général de la police, puis encerclé le commandement militaire de la province, à Nasiriyah.

Des milliers d'Irakiens ont ensuite participé à un immense cortège funéraire en hommage aux martyrs dans le centre de la ville, considéré comme un foyer historique de révolte contre les autorités gouvernementales.

Là, ils ont crié qu'ils resteraient jusqu'à la chute du régime.

Des dizaines de combattants tribaux en armes se sont par ailleurs déployés sur l'autoroute venant de Bagdad, déterminés, ont-ils dit, à empêcher l'arrivée de plus de renforts de la capitale.

Plusieurs manifestants lancent des pierres.

Des manifestations antigouvernementales ont aussi lieu à Bagdad, jeudi. Des protestataires ont lancé des pierres en direction des forces de l'ordre, situées de l'autre côté d'un mur de sécurité. Selon Reuters, quatre manifestants ont été tués alors qu'ils tentaient de franchir un pont menant à la zone verte, où se trouve le siège du gouvernement.

Photo : Reuters / Khalid Al Mousily

Le premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi, lui-même originaire de Nasiriyah, a pour sa part limogé le général Jamil Al-Chemmari qui avait été chargé quelques heures plus tôt de restaurer l'ordre à Nasiriyah, a annoncé la télévision d'État.

Le gouverneur de la ville avait menacé de démissionner si cela ne se produisait pas.

Le leader chiite Moqtada Sadr a demandé au gouvernement de démissionner immédiatement afin de mettre fin au bain de sang.

Il a, par ailleurs, qualifié la crise qui secoue le pays de discorde aveugle entre un gouvernement corrompu et des manifestants violents. Il a d'ailleurs demandé aux manifestants de sanctionner les responsables des violences.

Dans la foulée, Moqtada Sadr s'est prononcé contre les attaques des lieux de culte et des édifices diplomatiques, faisant allusion à l'incendie du consulat iranien.

Quelques Irakiens jettent un coup d'oeil à ce qui reste du consulat iranien.

Le consulat iranien a été lourdement endommagé par l'incendie allumé par des protestataires mercredi soir.

Photo : Reuters / Alaa Al-Marjani

Évoquant des scènes de guerre à Nasiriyah, Amnistie internationale accuse les forces irakiennes de se livrer à une violence consternante et appelle la communauté internationale à intervenir, car le bain de sang doit cesser.

L'Iran cible de manifestants à Najaf

Des manifestants ont été tués par balles jeudi à Najaf, près du consulat incendié de l'Iran. Cet incendie est considéré comme un tournant dans le mouvement de contestation. Les manifestants qui y ont participé contestaient ouvertement l'influence de la République islamique en Irak, en criant l'Iran dehors! et victoire à l'Irak!.

Quelques Irakiens jettent un coup d'oeil à ce qui reste du consulat iranien.

Le consulat iranien a été lourdement endommagé par l'incendie allumé par des protestataires mercredi soir.

Photo : Reuters / Alaa Al-Marjani

Najaf, ville sainte de l'islam chiite, est visitée chaque année par des millions de pèlerins iraniens.

Téhéran a dénoncé des agents destructeurs et réclamé à Bagdad une action décisive, efficace et responsable.

Bagdad a dénoncé des personnes étrangères aux manifestations voulant saper les relations historiques entre les deux voisins.

Depuis le 1er octobre, des dizaines de milliers d'Irakiens manifestent partout dans le pays pour réclamer la refonte du système politique instauré après l’invasion américano-britannique de 2003, et le renouvellement total de la classe politique, jugée corrompue et inféodée à l’Iran.

La répression des autorités a fait plus de 360 morts et 15 000 blessés, selon un bilan compilé par l'AFP à partir de sources médicales et policières. Les autorités irakiennes ne donnent aucun bilan officiel.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Al Mayadeen

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