•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Christine Labrie dénonce l'intimidation envers les femmes à l'Assemblée nationale

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie.

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Des femmes élues à l'Assemblée nationale reçoivent un flot de messages électroniques misogynes et sexistes, d'une haine et d'une violence qui donnent froid dans le dos.

Dans le cadre de la campagne internationale de sensibilisation à la cyberintimidation « 12 jours d'action contre la violence envers les femmes », des députées des quatre formations politiques représentées à l'Assemblée nationale ont tenu à dénoncer le fléau de la violence en ligne destinée aux femmes politiques, mercredi, par une motion déposée en Chambre.

Le témoignage rendu par la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, qui était particulièrement troublant, lui a attiré les applaudissements nourris de tous les parlementaires présents.

Elle a raconté avoir demandé à ses quatre collègues députées solidaires -Manon Massé, Catherine Dorion, Ruba Ghazal et Émilise Lessard-Therrien- de lui transmettre des exemples de messages courriel haineux qui sont leur lot quotidien.

Avant d'en faire l'énumération, elle a pris la peine d'afficher son malaise, de s'excuser pour des propos qui n'ont rien de parlementaires, mais qu'il est nécessaire de rendre publics, parce qu'ils font partie de la vie des femmes députées.

Alors voici des exemples de mots reçus par moi et par les quatre autres femmes de mon caucus: "Pauvre dinde", "maudite folle", "quelle conne", "tu es une maudite sans génie", "tu es une bonne à rien et tu ne comprends rien", "va chier, la brebis", "si j'étais ton fils ou ta fille, j'aurais honte de ma mère", "tu devrais décrisser car tu n'es qu'une pollution à voir", "retourne vivre dans le village d'où tu viens", "inutilité vivante", "tu es une câlisse de prostituée", "ostie de plotte sale", "criminelle et corrompue", "minable prostituée du crime organisé", "va te faire enculer, crisse de salope", "aïe! la nunuche, allez vous rhabiller ou suicidez-vous", "tu devrais disparaître, tu es une honte envers le peuple québécois", "tu auras ta leçon après les fêtes, et ce sera un dossier de réglé", a lu la députée tout d'une traite.

Elle a poursuivi, en affirmant que c'est largement documenté que les femmes subissent plus de violence en ligne que les hommes, jusqu'à 27 fois plus, selon certaines estimations. Et les femmes qui font de la politique sont particulièrement visées a fait valoir la députée de Sherbrooke, convaincue que plus elles s'expriment publiquement, plus les femmes subissent de violence.

Ce type de messages ne vise qu'à dévaloriser les femmes, voire les inciter à quitter l'espace public, selon elle.

La vice-présidente de l'Assemblée nationale, députée caquiste de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, a renchéri pour affirmer que l'hostilité manifestée en ligne envers les femmes était une cause directe de leur hésitation à s'engager en politique.

Les candidates potentielles craignent un jour d'être victimes de cyberviolence, mais surtout appréhendent l'impact qu'elle pourrait avoir sur leurs proches, qui finiront nécessairement par en être témoins, a-t-elle commenté.

La députée libérale de Bourassa-Sauvé, Paule Robitaille, s'est questionnée à savoir: combien d'entre nous, politiciennes, femmes publiques, femmes qui osent sortir du lot, femmes qui portent le voile ou la mini-jupe, adolescentes, jeunes filles sommes-nous à être ciblées de la vindicte misogyne du Web? C'est un tweet haineux à une femme à chaque 30 secondes.

Elle aussi a dénoncé cette charge d'une armée de trolls forts de leur anonymat qui dénigrent, ridiculisent et détruisent.

Les médias sociaux sont malheureusement un terrain fertile pour les calomnies et l'intimidation, dont les femmes sont la plupart du temps les premières victimes, a observé de son côté la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon.

Ce qui distingue la cyberviolence, lorsqu'elle vise une femme, c'est qu'elle est souvent axée sur le corps, sur la sexualité. Ne cherchez pas les arguments valables ici, cette forme de violence vise d'abord à humilier gratuitement. D'un seul clic, on diffuse une photo intime. D'un seul tweet, on s'en prend au physique d'une femme pour la discréditer, a dit Mme Perry Mélançon.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Estrie

Politique provinciale