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Matanie : un nouveau préfet élu sous le signe de l’économie

Un homme debout souriant près du drapeau de la Matanie.

Le nouveau préfet de la Matanie, Andrew Turcotte, a été élu sans opposition.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Joane Bérubé

Le maire de Saint-Félicité, Andrew Turcotte, est devenu, mercredi soir, le nouveau préfet de la Matanie.

M. Turcotte a été élu sans opposition après que le maire de Matane, Jérôme Landry, et le maire de Baie-des-Sables et préfet sortant, Denis Santerre, se sont retirés.

À peine élu, il a été interpellé par le président du Fonds d’innovation et de développement économique local (FIDEL) de la Matanie, François Rioux, sur ses intentions quant au développement économique de la MRC et sur les mesures qu’il comptait mettre en place pour attirer de nouveaux travailleurs.

Jeune père de famille, M. Turcotte, qui est aussi entrepreneur, s’est dit bien conscient des problèmes de la Matanie pour recruter de la main-d’œuvre.

Il estime que le service d’aide aux entreprises de la MRC est en mesure d’y répondre. On va travailler fort pour remettre la Matanie sur la bonne voie , commente M. Turcotte.

Le préfet estime que la région doit faire tous les efforts possibles pour, notamment, rendre à nouveau le port attrayant pour les entreprises.

Il se dit prêt à soutenir le développement de l’entrepreneuriat. Il y a 10 ans, ça allait bien l’économie à Matane, ça roulait, on avait des projets, c’était sans problème. Ça commence à retomber. Il y a moins de monde qui veut se lancer en entreprise, ça s’en vient houleux, il faut encourager les entreprises. Il y en a plusieurs qui s’en vont vers la relève.

La proposition de FIDEL

Toutefois, le président de FIDEL souhaite aller plus loin. Une proposition a été déposée à la Ville le 15 octobre dernier pour que l’organisme soit reconnu comme le démarcheur officiel de la Matanie.

Le conseil d’administration de FIDEL a demandé 400 000 $ par année.

Des gens assis dans une salle.

Plusieurs citoyens s'étaient déplacés pour l'élection du préfet et la présentation du budget.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

La Ville de Matane n’a plus de commissaire industriel depuis plus de 10 ans, relève François Rioux. Le président de FIDEL estime que c’est une faiblesse dans un contexte où plusieurs villes comme Matane ont besoin de main-d’œuvre ou de nouveaux entrepreneurs. Les villes qui se démarquent, indique François Rioux, ont des structures, que ce soit la SOPER à Rimouski, que ce soit Rivière-du-Loup, Trois-Rivières, Gaspé.

On a plein de richesses, mais s’il y a seulement nous qui le savons, on ne pourra pas se démarquer.

François Rioux, président de FIDEL

Les gens d’affaires de FIDEL estiment qu’il en coûterait beaucoup plus que 400 000 $ si la Ville voulait se doter d’une structure de développement économique, ce qui ne serait pas sans prendre un certain temps.

François Rioux fait remarquer qu'avec le démarchage, FIDEL vient renforcer le travail de soutien aux entreprises déjà effectué par la Société d'Aide au Développement des Collectivités (SADC) et la MRC.

Lors de leur rencontre avec FIDEL, les élus de la Ville de Matane ont indiqué qu’ils souhaitaient partager cette facture avec la MRC de la Matanie.

Le président de FIDEL, qui a fait publiquement part de la proposition lors de la période des questions de l’assemblée des maires, entend revenir sous peu avec une proposition formelle à déposer à la MRC.

Budget et développement économique

C’était soir d’élections, mais aussi soir de budget. La Matanie a adopté un budget de 10 millions de dollars pour son exercice financier de 2020.

L’adoption du dernier pacte fiscal par le gouvernement Legault se matérialisera en espèces sonnantes et trébuchantes pour le développement de la MRC de la Matanie.

Le budget destiné au Fonds de développement du territoire (FDT) sera augmenté de 350 000 $ passant en moyenne à plus d’1,5 million.

De même, la Matanie devra recevoir, dès 2020, autour de 1,2 million de dollars de plus pour son développement grâce à un nouveau fonds créé par Québec.

Une table de conférence autour de laquelle sont assises plusieurs personnes.

Les maires ont voté le prochain budget et choisi un nouveau préfet.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Au sortir de la rencontre, le préfet sortant, Denis Santerre, s’est montré très critique envers la proposition de Fidel. Tout le monde veut piger dans le Fonds de développement du territoire. Ce montant d’argent, tu ne peux pas le sortir sans rendre de compte au ministère. C’est fait pour faire du développement économique. Il y a des gens qui ne comprennent pas cette passe-là parce qu’ils pensent qu’on peut aller chercher l’argent facilement.

Le maire de Baie-des-Sables rappelle que depuis trois ans, la Ville de Matane reçoit 500 000 $ en redevances pour son investissement dans les parcs éoliens Roncevaux et Nicolas-Riou. Pourquoi on ne va gratter là plutôt que de gratter dans le développement économique des régions. À les écouter parler, on n’en fait pas de développement dans nos villages, vous avez juste à venir. Vous allez voir qu’on en fait du beau développement.

Denis Santerre estime que le défi du prochain préfet ne sera pas tant le développement économique que le transport collectif. On a des aînés qui ne peuvent pas sortir de chez eux, ils ne peuvent même pas se rendre à l’hôpital. On a un transport pour Matane. Ce serait bon qu’on l’ait pour la Matanie aussi.

Une fin de mandat non désirée

M. Santerre, qui venait de terminer un mandat de deux ans, avait exprimé plus tôt, ce mois-ci, son désir de poursuivre son travail. Une tâche qu’il a adorée, a-t-il commenté.

Toutefois, mercredi, il n’a pas souhaité soumettre sa candidature au vote. Je sais compter, a-t-il commenté, le maire Landry a proposé Andrew. Andrew l’a à son tour proposé. Ils nous battaient 10 à 9, même si j’avais eu tous les autres maires. C’était une stratégie qui était là depuis un bon bout de temps.

À la MRC, les 10 municipalités rurales détiennent chacune une voix tandis que la Ville de Matane en détient neuf.

Un peu plus tôt cet automne, le maire de Saint-Ulric, Pierre Lagacé, avait déposé une résolution pour que ce mode de votation soit révisé. Cinq municipalités ont adopté cette résolution, une autre est demeurée neutre et la Ville de Matane s’est dite contre. Aucune démarche ne sera donc entamée pour modifier la charte de la MRC.

Deux hommes assis côte à côte à une table de conférence.

Le maire de Sainte-Félicité, Jean-Roland Lebrun, (à gauche) demeure préfet suppléant. Il est assis près du maire de Matane, Jérôme Landry.

Photo : Radio-Canada

Rappelons que le maire de Matane, Jérôme Landry, ainsi que le nouveau préfet, avaient au début du mois convoqué une assemblée extraordinaire pour discuter du contrat de travail de la directrice générale de la MRC.

Cette rencontre avait été un échec.

De fortes rumeurs couraient alors sur une possible candidature du maire de Matane à la préfecture. M. Landry avait par la suite vivement démenti.

La directrice générale de la MRC, actuellement en congé de maladie, devrait réintégrer son poste au début 2020.

Le maire de Saint-Adelme, Jean-Roland Lebrun, a été reconduit comme préfet suppléant.

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