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Les écoles, grandes oubliées du boom immobilier aux abords du REM

Des immeubles en construction sur un terrain enneigé.

Les immeubles en copropriété poussent comme des champignons près du futur Réseau express métropolitain.

Photo : Radio-Canada / Martin Cloutier

La Commission scolaire Marie-Victorin sur la Rive-Sud de Montréal prévoit devoir construire au moins six écoles au cours des prochaines années. Le hic, c'est qu'elle ne possède aucun des terrains nécessaires. Le temps presse, selon l’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui exige que Québec finance l’achat de terrains.

La Ville de Brossard est engagée dans un boom immobilier sans précédent alors que des milliers de logements surgissent de terre autour du chantier du Réseau express métropolitain (REM).

Le secteur attire de jeunes couples comme Carlos Romero et Noémie Dufour.

On a acheté ici parce qu’on a aimé le concept d'avoir une vie communautaire, un quartier plus écologique. On voulait dans le futur pouvoir accéder à tous les services, en particulier une école.

Carlos Romero
Plan moyen d'un jeune homme et d'une jeune femme devant un immeuble en copropriété.

Carlos Romero et Noémie Dufour souhaitent que leurs futurs enfants puissent fréquenter une école près de leur résidence.

Photo : Radio-Canada / Martin Cloutier

Pour l’instant, l’école primaire située à moins d’un kilomètre de leur condo déborde.

Construite en 2016, l’École Marcel-Gauvreau a depuis fait l’objet d’un agrandissement de 12 classes pour accueillir plus de 800 élèves.

Pour la présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), Carole Lavallée, il faut agir.

À Longueuil et à Brossard, les terrains suffisants pour une école, c'est-à-dire un minimum de 12 000 mètres carrés, ça coûte entre 5 et 12 millions de dollars [...]. Les villes ne courent pas après nous autres pour nous donner des terrains, au contraire, déplore-t-elle.

Plan rapproché d'une femme, assise à son bureau.

La présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin, Carole Lavallée, presse Brossard et Longueuil d'agir, car les besoins en locaux scolaires exploseront au cours des prochaines années.

Photo : Radio-Canada / Martin Cloutier

De son côté, la mairesse de Brossard, Doreen Assaad, reconnaît ne pas disposer de terrains pour ériger de nouvelles écoles.

La Ville n’a pas de terrains pour les écoles. On doit en acheter. On essaie de transformer des choses existantes. Mais la réalité est qu’il n'y en a pas beaucoup de terrains qui restent ici, à Brossard.

Doreen Assaad, mairesse de Brossard
Plan moyen d'une femme assise à son bureau.

La mairesse de Brossard, Doreen Assaad, admet qu'avec le boom immobilier que connaît sa ville, il reste très peu de place pour les écoles.

Photo : Radio-Canada / Martin Cloutier

Au cours des 15 prochaines années, le ministère de l’Éducation prévoit que la population étudiante augmentera de plus de 25 % à la CSMV.

Récemment, la commission scolaire a déposé au ministère une demande de financement pour la construction de trois nouvelles écoles à Brossard (deux primaires, une secondaire) et trois à Longueuil, sans savoir si des terrains seront disponibles ni qui les financera.

Une école dans une tour?

La ville de Longueuil fait aussi l’objet de nombreux projets immobiliers.

Selon les plans d’urbanisme (PPU), la ville affiche un potentiel de plus de 20 000 logements, en particulier autour du métro de Longueuil.

À tel point que la Ville a signé, en février 2018, une entente d’exclusivité avec un promoteur immobilier pour le développement d’une partie du centre-ville.

Le conseil municipal de Longueuil a donné son accord à une entente d'exclusivité avec le promoteur Devimco Immobilier afin qu'il puisse présenter un plan de développement majeur à la Place Charles-Le Moyne, peut-on lire au communiqué.

Toutefois, les documents publics ne précisent pas où seraient situées les futures écoles.

Un édifice en construction dans une ville, de jour.

À Longueuil, les projets immobiliers sont très nombreux, mais ne font aucune place aux écoles.

Photo : Radio-Canada / Martin Cloutier

La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, a mentionné, lors d’une séance du conseil d’octobre 2018, que d’ici quelques années, il y aura donc deux nouvelles écoles dont nous serons fiers. Une au centre-ville et une dans le pôle Roland-Therrien.

La Ville a décliné une offre d’entrevue, mais une porte-parole nous précise par courriel qu’il est de la compétence du gouvernement du Québec et des commissions scolaires de voir à la prévision et au financement de la construction et de la rénovation des écoles sur le territoire du Québec [...] [L]a Ville de Longueuil travaille actuellement avec la commission scolaire sur plusieurs projets d’écoles, notamment dans les secteurs de l’arrondissement de Saint-Hubert et du boulevard Roland-Therrien ainsi qu’au centre-ville.

Carole Lavallée de la CSMV reconnaît qu’un promoteur propose d’héberger une école en location dans une tour.

Ce qu'on nous a proposé, c'est une tour à cinq étages dans un premier temps. Ça serait un peu difficile de mettre des jeunes de 5 ans dans une tour de cinq étages. On a négocié et on est arrivés à quatre étages. Ce n'est pas ferme, ce sont des discussions.

Carole Lavallée, présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV)

Chez Devimco, aucun porte-parole n’était disponible.

Un comité d'urgence

Selon les règles budgétaires du ministère de l’Éducation, ce sont aux municipalités de veiller à ce que les commissions scolaires disposent de terrains.

À moins de circonstances exceptionnelles, et sous réserve de l’approbation du ministre, qui devra avoir obtenu au préalable les autorisations du gouvernement, peut-on lire, le ministère ne finance pas le coût d’acquisition du terrain puisque celui-ci relève de l’administration municipale.

La présidente intérimaire de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, se dit préoccupée par la situation.

Au cours des dernières années, certaines difficultés ont été rencontrées par rapport à la concertation, à la planification, à la capacité à répondre à la demande d’ajout d’espace.

Suzanne Roy, présidente intérimaire de l'UMQ

Un constat relevé également dans un rapport récent du vérificateur général du Québec qui a consacré un chapitre aux bâtiments scolaires.

Plan rapproché d'une femme.

Selon la présidente intérimaire de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, le gouvernement devrait financer l'achat de terrains destinés aux écoles.

Photo : Radio-Canada / Martin Cloutier

Selon Mme Roy, une des solutions passe par le financement des terrains par Québec.

L’UMQ a adopté une résolution afin que le gouvernement du Québec prévoie le financement complet de l’achat de terrains à la valeur marchande pour la construction et l’agrandissement d’établissements scolaires, dit-elle. Par ailleurs, on voit de plus en plus de villes dire qu’il doit y avoir des réserves foncières pour d'éventuelles écoles.

Selon la présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin, il faut mettre en place un comité d’urgence, un comité spécial du gouvernement du Québec [...] pour mettre ensemble de façon urgente tous les partenaires impliqués dans la construction des écoles.

D'après la mairesse de Brossard, les promoteurs immobiliers ont également une part de responsabilité.

Il faut un cheminement de la part du promoteur aussi, soutient Mme Assaad. De comprendre que ce n'est pas juste une perte de revenus s'ils intègrent des écoles dans leurs projets [et cèdent un terrain]. C'est plutôt un potentiel pour avoir un projet encore meilleur.

À Montréal, la mairesse Valérie Plante encourage les municipalités à prendre les devants dans la planification de futures écoles pour éviter d’être en mode rattrapage, comme dans le quartier Griffintown.

Il faut travailler en amont avec les promoteurs qui veulent venir faire des affaires à Montréal et de leur dire : ''En échange de ce beau privilège de venir construire, que nous donnez-vous pour la collectivité?'' Ils doivent participer au développement du bien commun, de la collectivité et non pas seulement à celui de l'individu qui achète un condo.

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