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Québec investira dans le cannabis médicinal

Des plant de cannabis

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Hugo Lavallée
Mis à jour le 

Investissement Québec (IQ) et le ministère de l'Économie et de l'Innovation (MEI) seront dorénavant autorisés à investir dans l'industrie du cannabis. Radio-Canada a appris que le ministre Pierre Fitzgibbon a fait adopter par le Conseil des ministres, il y a deux semaines, un « cadre de référence » prévoyant des prêts, des subventions et des prises de participation dans des branches spécifiques de l'industrie.

Pas question toutefois d'investir des fonds publics dans le cannabis récréatif; l'essentiel des sommes seront engagées dans des entreprises qui développent ou qui vendent déjà des produits de grade pharmaceutique, des ingrédients pour médicaments ou des instruments médicaux homologués par Santé Canada. On investira aussi dans la recherche et développement.

Un de mes objectifs, c'est de faire renaître ou de revitaliser les sciences de la vie au Québec – une industrie où on a perdu un peu nos lettres de noblesse, explique Pierre Fitzgibbon en entrevue à Radio-Canada.

Depuis la légalisation du cannabis en octobre 2018, le gouvernement québécois s'est montré réfractaire à investir dans cette industrie naissante. Il est maintenant prêt à le faire, mais à un certain nombre de conditions.

Regarder l'industrie du cannabis uniquement dans un contexte de développement économique, je pense que c'est une erreur, souligne le ministre de l'Économie et de l'Innovation. Il insiste sur la nécessité de protéger la santé et la sécurité publique et souligne endosser à 100 % le projet de loi adopté récemment par son gouvernement pour hausser à 21 ans l'âge requis pour acheter et consommer du cannabis.

Il parle d'une approche ciblée où l'État intervient dans une perspective de recherche pharmacologique et d'innovation médicale : Focalisons sur le côté médicinal, le côté médical. On a des centres de recherche, on a des universités, on est attractifs, alors focalisons sur ça. Mettons de l'argent là-dedans de façon substantielle, si c'est requis, avec le privé. Moi, je pense qu'on peut tirer notre épingle du jeu.

Québec compte aussi investir dans le chanvre industriel; ainsi, les ingrédients alimentaires, les produits à usage topique et les teintures à base de chanvre font partie des innovations qui seront admissibles à une aide financière.

Grandes lignes du cadre de référence pour les investissements dans l'industrie du cannabis


Cannabis médicinal :

  • Produits de grade pharmaceutique, ingrédients pour médicaments, instruments médicaux;
  • Recherche et développement.

Chanvre industriel :

  • Produits de grade pharmaceutique, ingrédients pour médicaments, instruments médicaux;
  • Recherche et développement;
  • Produits médicaux non homologués, huiles, capsules, vaporisateurs, cosmétiques;
  • Ingrédients et produits alimentaires, produits à usage topique, concentrés, teintures.

L'argent requis pour financer ces projets sera puisé à même les fonds propres dont disposent déjà IQ et le MEI. Le ministre Fitzgibbon ne se fixe pas d'objectif précis quant aux sommes à investir.

Un retard assumé

Il ne s'inquiète pas non plus de voir le Québec prendre du retard sur les autres provinces dans la production de cannabis. À l'heure actuelle, sur les 258 cultivateurs, transformateurs et vendeurs autorisés par Santé Canada à l'échelle du pays, moins d'une vingtaine sont basés au Québec.

Il y a des secteurs d'industrie comme l'aéronautique où je veux être le champion du monde, je veux que le Québec soit le numéro un dans le monde. Le cannabis, j'ai une petite gêne. Qu'on soit au Québec, au Canada, la 4e province si on regarde le nombre de licences, ça ne me dérange pas, tranche M. Fitzgibbon.

Entré en poste il y a un peu plus d'un an, il a déjà rencontré plusieurs acteurs de l'industrie, mais il affirme ne pas avoir été convaincu de la nécessité d'investir dans le cannabis récréatif.

Ce qui est récréatif, on ne voit pas pourquoi le gouvernement devrait s'impliquer là-dedans. L'argent du privé est disponible, on laisse le privé faire ça. Nous, comme gouvernement, comme catalyseur, pour promouvoir l'innovation et la recherche, on va focaliser sur le côté plus médicinal.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie

Dans le contexte où plusieurs entreprises sont à la fois actives dans le secteur récréatif et dans le secteur médical, le gouvernement prévient qu'il fera preuve de vigilance pour s'assurer que les fonds qu'il investira aillent au bon endroit.

Pour les entreprises qui font du récréatif, je pense qu'il est trop tôt. On verra, peut-être qu'on va changer d'idée, mais pour l'instant, moi je suis très à l'aise [...]. On a beaucoup d'autres secteurs au Québec qui sont porteurs, je pense qu'on en a assez pour focaliser, conclut le ministre Pierre Fitzgibbon.

Depuis la légalisation du cannabis le 17 octobre 2018, de nombreuses entreprises se sont plaintes de difficultés à obtenir du financement pour leurs projets. Même si la substance est légale, la plupart des banques sont réticentes à s'impliquer financièrement tout comme les grands investisseurs institutionnels québécois.

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