•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Simon Gamache, de négligé à immortel de la LHJMQ

Simon Gamache a porté l'uniforme des Foreurs de 1998-2001

Simon Gamache a porté l'uniforme des Foreurs de 1998-2001

Photo : gracieuseté - Foreurs/LHJMQ

Guillaume Piedboeuf

Vingt et un an après avoir quitté Thetford Mines pour Val-d’Or avec une poche de hockey et une poche de vêtements, Simon Gamache fera son entrée au Temple de la renommée de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Membre de la cohorte 2020 du Temple de la renommée dévoilée mardi par la LHJMQ, le fougueux attaquant de Thetford Mines ne s’attendait pas à pareille nouvelle.

C’est une belle surprise. J’ai été voir un peu par curiosité les joueurs qui sont déjà au Temple et, ouf, il y a des gros noms là-dedans, reconnaît celui qui sera officiellement intronisé le 8 avril avec Roberto Luongo, Stéphane Robidas, Clément Jodoin et Rick Vaive.

Auteur de 180 buts et 449 points en seulement 241 matchs dans la LHJMQ, Simon Gamache n’a certainement pas volé sa place parmi les immortels. À elle seule, sa troisième et dernière saison avec les Foreurs de Val-d’Or est une pièce d’anthologie du circuit québécois.

Tout le monde m’en parle encore aujourd’hui. Ça a gravé les mémoires, y compris la mienne. Mes trois années junior ont été les plus belles de ma vie, mais surtout la dernière, on a vraiment fait vibrer Val-d'Or et le Québec au complet.

Parti de Thetford Mines en autobus

Si le nom de Simon Gamache est désormais éternellement associé aux Foreurs, il en était autrement lorsqu’il a quitté le domicile familial de Thetford Mines, en 1998, pour aller participer au camp d’entraînement à Val-d’Or, se rappelle-t-il. Choix de 5e ronde de l’équipe, le produit des Commandeurs de Lévis était loin d’avoir une place assurée, à 17 ans, dans la formation de l’entraîneur Gaston Therrien.

Ma mère n’avait pas beaucoup de sous dans ce temps-là, donc elle m’avait mis dans l’autobus vers Val-d’Or avec ma poche de hockey et ma poche de linge. Dans ma tête, il était hors de question que je revienne. J’allais faire l’équipe et franchir les étapes vers la Ligue nationale.

Comme de fait, Gamache n’est jamais revenu à Thetford, cette année-là, et il a éventuellement fait son chemin jusqu’à la Ligue nationale de hockey (LNH), mais pas avant d’avoir guidé les Foreurs à une conquête de la Coupe du président.

Simon Gamache et ses coéquipiers avec la coupe du président en 2001

Simon Gamache et ses coéquipiers avec la coupe du président en 2001

Photo : gracieuseté - Foreurs/LHJMQ

De zéros à héros

Devenu l’un des meilleurs joueurs du circuit à sa deuxième saison à Val-d’Or, sa récolte de 143 points en 72 matchs n’avait pas empêché les Foreurs de terminer au tout dernier rang de la LHJMQ. La table était mise pour un renversement de situation mémorable la saison suivante, en 2000-2001.

On venait juste de manger nos bas l’année d’avant et ça n’avait pas été facile dans le vestiaire. Quand tu perds, tu n’as pas le sourire. On ne voulait pas revivre ça.

Aidés par quelques transactions et le jeu impérial de Gamache, les Foreurs allaient remporter le championnat de leur division en saison régulière. L'équipe avait toutefois les yeux sur quelque chose de plus gros.

Tout est tombé en place cette année-là. Je jouais avec confiance. Je connaissais bien tous les joueurs autour de moi. Je m’étais fixé l’objectif d’atteindre 200 points.

Un plateau atteint par seulement dix joueurs avant lui et aucun depuis 1988. Sauf qu’à un mois de la fin de la saison, l’état-major de l’équipe l’avait rencontré pour lui proposer de le ménager afin qu’il arrive en séries éliminatoires au sommet de sa forme.

Le record de Mario Lemieux

Ils m’ont demandé si je voulais marquer 200 points et perdre en première ronde ou plutôt en garder pour les séries et me rendre jusqu’au bout. On a choisi la deuxième option et, rendu en séries, j’ai pesé sur le gaz et je n’ai plus regardé en arrière.

Non seulement Simon Gamache a soulevé la coupe du président avec ses coéquipiers, quelques mois plus tard, mais sa récolte de 57 points lors des séries éliminatoires a battu le record de Mario Lemieux. Une marque qui tient encore aujourd’hui.

Ça a eu beaucoup d’impact dans ma vie. Quand tu goûtes une fois à un championnat, tu comprends que c’est beaucoup plus gros que les honneurs individuels. C’est devenu ma motivation pour le reste de ma carrière.

Simon Gamache embrasse la coupe Spengler dans le vestiaire.

Simon Gamache lors de la conquête de la Coupe Spengler avec l'équipe canadienne, en 2007.

Photo : La Presse canadienne / SALVATORE DI NOLFI

Une carrière sans regret

Des championnats, Gamache en a gagné plusieurs autres par la suite dans la Ligue de la côte est, la Ligue américaine et la ligue Ligue suisse, demeurant un fin marqueur partout où il est passé.

Ayant cumulé une cinquantaine de matchs dans la LNH avant de quitter pour la Suisse, le père de trois enfants ne perd pas de temps à se demander quelle carrière il aurait pu avoir s’il était demeuré en Amérique du Nord.

En général, je pense que j’ai fait des miracles avec pas grand-chose durant ma carrière. Je ne suis pas très grand, et même si j’aime penser que je suis un petit vite, je n’ai jamais été ultra rapide, lance celui qui est retourné vivre en famille au pied du mont Adstock, tout près de Thetford Mines, en 2016, après une dizaine de saisons en Europe.

Je suis fier de ce que j’ai accompli. S’il y a une chose que j’espère que les gens vont se rappeler, c’est ma détermination, conclut le futur membre du Temple de la renommée.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Hockey