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Queen et Slim, un film sur le profilage racial et bien plus

Les deux personnes sont assises sur des chaises l'une en face de l'autre.

Slim (Daniel Kaluuya) et Queen (Jodie Turner-Smith) dans une scène de « Queen et Slim », réalisé par Melina Matsoukas

Photo : Universal Pictures

Radio-Canada

Queen et Slim, présenté comme une version afro-américaine des classiques Thelma et Louise et Bonnie et Clyde, sort en salle mercredi. Concocté par une scénariste et une réalisatrice noires, ce film bénéficie d’une publicité sans précédent pour un premier long métrage. C’est qu’il parle de profilage racial, un sujet des plus chauds, tant aux États-Unis qu’au Canada.

Avec les entrevues d'Eugénie Lépine-Blondeau

L’histoire est celle d’un couple noir, Slim (Daniel Kaluuya) et Queen (Jodie Turner-Smith), qui se fait arrêter pour une infraction mineure au Code de la route par un policier blanc lors d’un premier rendez-vous. Il demande à Slim de sortir de la voiture et de lever les mains. Le policier le pointe avec son révolver alors que Queen intervient en mentionnant qu’elle est avocate. Alors qu’elle dit qu’elle va prendre son téléphone, le policier la vise, mais Slim tire avant et le tue.

Terrifié, le couple s’enfuit. Sauf que l’incident a été filmé et devient viral, ce qui élève involontairement le couple au rang de symbole du traumatisme, du deuil, de la terreur et de la douleur de millions de personnes, écrit-on dans le résumé du film.

Ce long métrage est le premier de la réalisatrice Melina Matsoukas, d’après un scénario de Lena Waithe. Cette dernière, qui a coécrit la série Master of None en plus d'y tenir un rôle, est la première femme noire à avoir reçu le prix Primetime Emmy du meilleur scénario pour une série télévisée comique.

Les deux femmes ont des écouteurs et sont assises devant un écran.

La scénariste Lena Waithe et la réalisatrice Melina Matsoukas lors du tournage du film.

Photo : Eric Charbonneau/Le Studio, Universal Pictures

Qu’en pensent des membres de la communauté noire?

La chroniqueuse de Tout un matin Eugénie Lépine-Blondeau a vu le film et en a discuté avec deux personnes de la communauté noire de Montréal : la militante et chroniqueuse Carla Beauvais et le comédien Patrick Emmanuel Abellard. Le film leur a plu, mais les deux ont exprimé quelques réserves.

La femme et l'homme sont debout côte à côte.

Carla Beauvais et Patrick Émmanuel Abellard

Photo : Radio-Canada / Eugénie Lépine-Blondeau

Le fait de pouvoir se reconnaître dans un long métrage a été apprécié. Par ailleurs, on aime le fait que les deux personnages sont totalement différents et n’ont pas eu la même vie. Pour une fois, on ressent ce que des gens dans cette position ressentent. Souvent, on entend parler de profilage racial, mais on n’entend pas les personnes qui sont impliquées, souligne Carla Beauvais.

Cette dernière a aimé la puissance des dialogues.

Il y a de la complexité dans ces dialogues qui permettent de se mettre dans la peau des gens. Pour quelqu’un qui n’est pas black, j’espère que le film a été capable de faire ressentir [ce que c’est d’être] victime de profilage racial.

Carla Beauvais

Par ailleurs, Carla Beauvais souligne que le sujet de la légitime défense est amené dans le film. Jusqu’à quel point on peut se faire harceler et qu’un policier peur brimer nos droits? Je ne dis pas que la mort est le seul recours, mais jusqu’à quel point on peut garder ça en dedans, se questionne-t-elle.

Patrick Emmanuel Abellard rappelle que la police représente la loi et que le fait que certains policiers ou policières dérogent à leur mission peut entraîner des dérapages. C’est une grande faille dans notre humanité en général. Ça cause un bris. Il y a comme un cycle de vengeance qui se crée et on se perd complètement dans cette rage d’injustice.

Aller voir le film?

Patrick Emmanuel Abellard et Carla Beauvais n’ont rien appris dans ce film, car il et elle connaissent le profilage racial, mais encouragent les gens à aller le voir par principe et pour soutenir les personnes qui l'ont fait.

Les deux personnes sont dans une voiture, la femme se retourne.

Slim (Daniel Kaluuya, de dos) et Queen (Jodie Turner-Smith) dans le film « Queen and Slim », réalisé par Melina Matsoukas

Photo : Universal Pictures

Carla Beauvais soutient qu’elle irait davantage voir un documentaire sur le profilage racial. On n’est pas nécessairement le public cible, car on vit déjà les préjugés.

On doit plus être dans l’humanité d’une personne que dans sa couleur, ajoute Patrick Emmanuel Abellard, qui se voit plus comme un humain que comme un homme noir.

Malgré tout, il et elle préféreraient voir plus de films comme Panthère noire ou des films plus positifs sur la communauté noire, sur sa vie de tous les jours. Les deux se demandent si Queen et Slim ne perpétue pas les préjugés et les stéréotypes.

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