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Fin de la grève du CN : l'industrie du grain s'inquiète du retard accumulé

Des silos de grains au loin et des machines agricoles.

Les producteurs de grain ont vécu une année difficile entre les inondations, la guerre commerciale internationale et la grève du CN.

Photo : Radio-Canada / Laïssa Pamou

Mohamed-Amin Kehel

Avec la fin de la grève au Canadien National (CN), l’exportation du grain va pouvoir redémarrer après avoir été bloquée pendant une semaine. Ce débrayage n’a toutefois pas été sans conséquence pour les acteurs de l'industrie qui craignent de ne pas pouvoir rattraper le retard.

Pendant une semaine, la marchandise est restée bloquée dans les gares et n’a pas pu être acheminée à l’étranger.

Aujourd’hui, les wagons peuvent recommencer à partir, mais, selon le directeur général de Western Grain Elevator Association (WGEA), Wade Sobkowich, il sera difficile de rattraper le temps perdu.

Il ajoute que cette grève est venue aggraver un timing déjà serré pour les producteurs de grain en raison de la récolte tardive de cette année.

On ne peut pas remettre dans la machine cette semaine perdue.

Wade Sobkowich, président de la WGEA

Wade Sobkowich mentionne qu’il n’est pas possible de rester dans un état de retard permanent parce que les entreprises paient déjà des pénalités et continueront à en payer si les retards se poursuivent.

Il espère donc que le CN mettra plus de wagons que d’habitude à la disposition de ceux qui en ont besoin pour tenter de récupérer le temps perdu.

Embouteillage

Le vice-président de Richardson International, une entreprise d'exportation agroalimentaire établie à Winnipeg, Jean-Marc Ruest, accueille aussi avec soulagement la fin du débrayage, mais estime les pertes globales à des centaines de milliers de tonnes de grain et des centaines de millions de dollars.

Il juge que remettre la machine en route après une semaine d’arrêt est un exercice très compliqué surtout avec une capacité ferroviaire limitée.

Il explique que le système en place n’est pas conçu pour entreposer le grain. Le roulement est habituellement organisé de sorte que les fermiers livrent les grains à une date déterminée à l'avance et que la marchandise est ensuite envoyée immédiatement à l’étranger par train puis par bateau.

Or, pendant la grève la production de grain s’est poursuivie malgré le blocage ferroviaire. Des dizaines de bateaux attendent et s’entassent dans les ports comme Vancouver ou Thunder Bay.

Il y a plein de navires qui attendent depuis une semaine. Il y a aussi d’autres bateaux qui arrivent pour recevoir la marchandise de cette semaine. Alors pour se rattraper, c’est très compliqué.

Jean-Marc Ruest, vice-président de Richardson International

Perte de crédibilité

Le président de laWGEAsouligne que cette grève a aussi eu des conséquences sur la crédibilité des entreprises canadiennes auprès de leurs clients étrangers.

Jean-Marc Ruest rappelle que le Canada est un pays difficile à traverser en raison de sa géographie et que la confiance des acheteurs repose en grande partie sur la fiabilité des moyens de transport.

Lorsqu’il y a des situations comme celle-là [les clients] commencent à douter sérieusement de notre capacité à livrer la marchandise.

Jean-Marc Ruest, vice-président de Richardson International

Pour le directeur général de Keystone Agricultural Producers (KAP) Bill Campbell, cet épisode a au contraire montré au monde que la situation a pu être réglée rapidement et que le Canada reste une bonne source.

Wade Sobkowich et Jean-Marc Ruest craignent tout de même que, à l’avenir, les entreprises étrangères se tournent vers d’autres pays comme les États-Unis ou encore l’Australie pour se fournir en grains.

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