•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'OCDE dénonce le financement des énergies fossiles dans les pays en développement

Un jeune Sud-Africain brandit une pancarte avec l'inscription « non au charbon ».

Manifestation à Johannesburg (Afrique du Sud) pour protester contre le réchauffement climatique et l'exploitation des mines de charbon. (Archives)

Photo : Getty Images / MUJAHID SAFODIEN

Radio-Canada

L'aide au développement est encore trop dirigée vers les combustibles fossiles, selon un rapport de l'OCDE qui souligne que seulement 20 % du financement de ce développement ont été axés sur le changement climatique, entre 2013 et 2017.

À cinq jours de l'ouverture, à Madrid, de la 25e réunion annuelle de l'ONU sur le climat (COP25), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a appelé à la suppression totale des dotations aux combustibles fossiles.

Cet appel a été lancé à Paris par le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, qui a déclaré par voie de communiqué que rien ne peut justifier l'utilisation de l'aide étrangère pour subventionner les énergies fossiles.

Un homme portant des lunettes parle en agitant les mains.

Le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Pékin, le 21 novembre 2019 (archives)

Photo : The Associated Press / Mark Schiefelbein

La sortie de M. Gurria coïncide avec la publication d'un rapport, par l'OCDE, qui révèle que seulement 20 % des ressources versées chaque année au titre du financement du développement par les membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE entre 2013 et 2017 étaient ciblés, entre autres, sur le changement climatique.

Cela étant, a poursuivi M. Gurria, il importe que les pays donateurs contribuent davantage aux objectifs climatiques. Et ce, compte tenu de l'urgence climatique à laquelle nous sommes confrontés, dont certains des impacts les plus lourds toucheront les pays en développement.

L'OCDE affirme que les avancées ne sont pas assez rapides. Les énergies fossiles, dit l'organisation, pourraient piéger les pays dans des trajectoires de développement qui aggraveront et renforceront leur vulnérabilité au changement climatique.

Les auteurs du rapport affirment que, dans plusieurs pays en développement, les centres de décision, tant au sein des administrations publiques que des sociétés privées de financement, perpétuent des façons de faire qui entraînent des émissions de gaz à effet de serre élevées, néfastes pour le climat.

De l'aide devrait être donnée à ces pays pour qu'ils intègrent d'ambitieux objectifs climatiques à leurs systèmes financiers et budgétaires, disent encore les auteurs du rapport de l'OCDE.

Selon l'OCDE, la coopération devrait servir de catalyseur aux pays en développement pour que ces derniers adoptent des procédés à faibles émissions de gaz à effet de serre (GES).

Une perspective sombre

Mercredi dernier, l'ONU publiait quant à elle un rapport, issu du travail inédit de plusieurs organismes de recherche, qui prévoit que les pays produiront beaucoup trop d'énergie fossile d'ici à 2030.

Avec le soutien du Programme des Nations unies pour l'environnement, ces scientifiques ont estimé pour la première fois l'écart entre la production d'énergies fossiles, anticipées par les États, et les niveaux qui seraient nécessaires pour limiter le réchauffement à un niveau soutenable.

Ils produiront 53 % de plus que ce qu'il faudrait pour maintenir le réchauffement à 2 °C d'ici à la fin du siècle et 120 % de trop pour le limiter à 1,5 °C.

Les énergies fossiles comptent pour 80 % de l'énergie primaire mondiale, et elles sont responsables de 75 % des émissions mondiales de GES.

Le charbon en baisse, mais...

L'écart entre la production anticipée et les niveaux qui seraient acceptables est encore plus accentué en ce qui a trait au charbon.

Et relativement au charbon, trois experts en énergie ont publié dans le journal en ligne Carbon Brief des résultats indiquant que cette année, la production d'électricité à partir du charbon accuse la plus forte baisse jamais enregistrée. Les projections des experts fixent cette baisse à 3 %.

En dépit de cette baisse, toutefois, l'utilisation du charbon et les émissions qui en résultent sont nettement plus élevées que le niveau requis pour garder la hausse de température en deçà de 2 °C.

Avec les informations de Le Monde, AFP, et BBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Grand Montréal

Développement économique