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Les dossiers médicaux fusionnés d'ici trois ans au Québec

Des dossiers médicaux sur une tablette

Les dossiers médicaux des patients seront fusionnés au Québec dans les 34 établissements du réseau de la santé.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Alexandre Duval

Quatre ans après la réforme de l'ex-ministre Gaétan Barrette, le réseau de la santé continue de s'adapter aux mégastructures qu'il a créées. Partout au Québec, les établissements doivent implanter un nouveau logiciel pour fusionner tous les dossiers d'un même patient. Coût de l'opération : 35 millions de dollars.

Dans le réseau, le nouvel outil est appelé « IPO », un acronyme qui signifie « index patient organisationnel ». Les établissements de santé de la province, tels que les centres intégrés de santé et services sociaux (CISSS et CIUSSS), devraient tous avoir fini de le mettre en place d'ici trois ans.

De l'aveu même de Luc Bouchard, le sous-ministre associé au ministère de la Santé et des Services sociaux, l'opération est complexe.

Jusqu'en 2015, le Québec comptait 182 établissements de santé qui fonctionnaient avec des « index patients locaux » (IPL). La réforme Barrette a réduit le nombre d'établissements à seulement 34, mais les IPL des patients n'ont jamais été fusionnés.

Comme patient, avant, j'avais un numéro de dossier dans un CLSC, j'avais un numéro de dossier dans un centre de réadaptation, j'avais un numéro de dossier dans un établissement de santé, dans un hôpital A, un hôpital B, dit M. Bouchard.

On aurait pu laisser ça comme ça, mais maintenant, avec la fusion, lorsque je me présente comme patient, on veut s'assurer que mon numéro de dossier de chacun de ces établissements-là est connu de façon unique.

Luc Bouchard, sous-ministre associé à la direction générale des technologies de l'information du MSSS
Il répond à un journaliste.

Luc Bouchard est sous-ministre associé responsable du dossier à la direction générale des technologies de l'information

Photo : Radio-Canada

Pour vulgariser, le sous-ministre fait une analogie avec la fusion des municipalités et les effets sur les bottins téléphoniques. Je pouvais avoir un chalet dans une des municipalités, un condo dans une autre ou une maison dans une troisième.

Maintenant, on fusionne tout ça. Vous devez être capable de m'identifier malgré mes trois adresses différentes. L'IPO sert exactement à ça : fusionner des "identifiants patients" de différentes sources vers un identifiant unique [un par établissement], dit M. Bouchard.

Des gains attendus

Selon lui, l'IPO améliorera le flux d'information à l'intérieur d'une organisation. Le patient ne s'en rendra forcément pas compte, puisque l'IPO est un numéro virtuel qui travaille en arrière-plan.

Ça diminue la confusion et ça augmente la sécurité, indique M. Bouchard. On a l'assurance qu'on a vraiment le bon dossier pour le bon patient parce qu'il y a aussi un lien qui est fait avec l'identifiant unique de la RAMQ.

Déjà, deux établissements ont implanté l'IPO au Québec : l'Institut de cardiologie de Montréal et le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal.

Le principal avantage est vraiment pour notre personnel administratif, constate David Boutin, directeur des ressources technologiques et informationnelles au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal. Le gain est surtout au niveau du temps, selon lui.

Lorsqu'un usager se présente dans une de nos installations, s'il est déjà connu d'une autre installation de notre propre CIUSSS, le logiciel IPO nous permet d'aller chercher les informations identificatoires de cet usager plutôt que de devoir saisir à nouveau le nom, le prénom, la date de naissance.

David Boutin, directeur des ressources technologiques et informationnelles au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal
Il a les mains dans les poches.

David Boutin, directeur des ressources technologiques et informationnelles au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal

Photo : CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal

L'IPO permet aussi de réduire les risques d'erreurs de retranscription dans le dossier d'un patient, d'après M. Boutin.

Puisqu'on va chercher de l'information qui est déjà saisie et connue dans un registre provincial, par exemple à la RAMQ, on diminue le risque d'erreur de "resaisie" de cette information.

Un seul numéro pour la province?

Bien que l'IPO soit une solution fournie par l'entreprise Logibec pour l'ensemble de la province, le système fonctionnera indépendamment dans les 34 établissements du réseau de la santé.

Autrement dit, un patient qui aurait des dossiers au CIUSSS de la Capitale-Nationale et au CISSS de Chaudière-Appalaches n'aura pas un seul IPO, mais bien deux.

Le sous-ministre Luc Bouchard indique qu'un numéro unique pour toute la province aurait été impensable à ce stade-ci. La complexité des systèmes informatiques dans le domaine de la santé est telle que vous retrouvez au-dessus de 700 systèmes différents, de natures différentes.

Juste faire parler ces 700 systèmes ensemble via un identifiant unique IPO par établissement, c'est déjà un défi extraordinaire, poursuit-il.

À terme, rien ne nous empêche d'aller vers un identifiant unique provincial pour chacun des individus [...] Mais on n'est pas là à court terme.

Luc Bouchard, sous-ministre associé à la direction générale des technologies de l'information du MSSS

Malgré des coûts d'environ 20 millions de dollars pour son acquisition et d'environ 15 millions pour son déploiement, l'IPO sera en partie autofinancé, selon M. Bouchard, grâce aux économies qu'il entraînera dans le réseau.

Ça va éliminer des systèmes index, qui ne seront plus requis lorsque l'IPO va être totalement déployée à travers le réseau, explique-t-il. Il donne comme exemple des licences avec les fournisseurs, l'entretien du logiciel ainsi que son évolution.

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