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Le nombre d'homicides a explosé l'an dernier en Ontario

Position d'un corps marquée au sol.

Le taux d'homicide a reculé de 4 % l'an dernier au Canada, mais cela n'a pas été le cas dans certaines grandes villes, notamment à Toronto.

Photo : iStock / iStockphoto

Radio-Canada

Bien que le taux d’homicides ait reculé de 4 % en 2018 au Canada, le nombre de meurtres a connu une hausse historique l'an dernier dans la région métropolitaine de Toronto.

En tout, 651 meurtres ont été déclarés au Canada l’an dernier, soit 15 de moins que l’année précédente, souligne Statistique Canada, qui établit le taux national d’homicides à 1,76 pour 100 000 habitants.

En dépit de cette baisse de 4 % du taux d’homicides au pays, le nombre de meurtres recensés au Canada est demeuré supérieur à la moyenne nationale des 10 dernières années, qui est de 1,68 homicide pour 100 000 habitants.

À l’exception de l’Ontario, le nombre de meurtres a baissé à peu près partout au Canada en 2018, constate Statistique Canada.



Des données alarmantes en Ontario

Malgré ce recul global du nombre de meurtres au pays, le nombre d’homicides a atteint des sommets jamais vus en Ontario, principalement dans la région de Toronto, qui a enregistré 142 meurtres à elle seule en 2018, soit 49 de plus qu’en 2017.

Il s'agit d'une augmentation de 53 % du nombre de victimes et de 50 % du taux d'homicides [dans la région de Toronto] par rapport à 2017.

Extrait de L'homicide au Canada, 2018

La situation est telle dans la région de Toronto que le taux d’homicides y est passé de 1,51 pour 100 000 habitants en 2017 à 2,26 pour 100 000 habitants en 2018.

Il faut dire que trois affaires totalisent une vingtaine d'homicides : la série de meurtres commis par Bruce McArthur, l’attaque au camion-bélier et la fusillade de l’avenue Danforth.

À l'échelle provinciale, l'Ontario a recensé 266 meurtres en 2018, soit 69 de plus qu'en 2017.

Cette augmentation importante des meurtres à Toronto s'est par ailleurs répercutée sur le taux d'homicides de l'Ontario, qui est passé de 1,40 pour 100 000 habitants en 2017, à 1,86 en 2018.

Les taux les plus élevés dans l'Ouest

Des policiers fouillent une poubelle.

Des agents de la police scientifique passent au crible une scène de meurtre dans le quartier Southdale, à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Mais malgré des hausses statistiques pour le moins spectaculaires en Ontario, ce n'est pas dans cette province qu'on tue le plus en proportion de la population. Ce sont le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon qui affichent des taux d'homicides le plus élevés au Canada.

Dans ces territoires, les taux d'homicides atteignaient respectivement 20,8 pour 100 000 habitants au Nunavut, 13,5 dans les Territoires du Nord-Ouest et 7,4 au Yukon.

Parmi les provinces, c'est au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta que les taux d'homicides ont été les plus élevés au Canada l'an dernier, tout comme l'année d'avant.

Au Manitoba, où on a enregistré 8 meurtres de plus en 2018, le taux d'homicide est passé de 3,53 en 2017 à 4,07 meurtres pour 100 000 habitants en 2018.

En dépit d’une baisse du taux d’homicides, la Saskatchewan a affiché le deuxième taux provincial en importance pour la deuxième année consécutive, soit un taux de 2,93 homicides pour 100 000 habitants, suivie de l’Alberta (1,88 homicide pour 100 000 habitants), explique Statistique Canada dans son rapport.

Même si l’Alberta a affiché le troisième taux d’homicides en importance parmi les provinces, il s’agit du taux le plus faible enregistré par cette province depuis 1996, nuance l'agence fédérale.

Moins de meurtres au Québec depuis trois ans

Pour une troisième année de suite, le nombre de meurtres a reculé au Québec, selon Statistique Canada, qui a recensé 83 meurtres dans les provinces en 2018, soit 10 de moins qu'en 2017.

Ce qui porte à 0,99 le taux d'homicides pour 100 000 habitants en 2018. Ce nombre moins élevé de meurtres commis l'an dernier place le Québec en troisième position des provinces où on tue le moins au Canada, derrière l'Île-du-Prince-Édouard (0 homicide en 2018) et Terre-Neuve-et-Labrador (0,38 homicide pour 100 000 habitants).

À Montréal, le nombre d'homicides est passé de 46 à 47, alors qu'il a chuté de 10 à 3 à Québec.

Il a décliné à Vancouver, de 52 à 44.

La violence conjugale cause plus de décès

La catégorie des homicides commis par des conjoints, actuels ou anciens, est la seule à avoir enregistré une hausse à l'échelle du pays, passant de 53 en 2017 à 62 l'an passé. Et 77 % de ces victimes étaient des femmes.

Pour tous les autres types de liens entre l'auteur présumé et la victime, Statistique Canada a recensé des baisses. Un moins grand nombre d’homicides ont été commis par d’autres membres de la famille (-16), des partenaires intimes (-3), des connaissances (-15), des personnes avec lesquelles la victime entretenait une relation de nature criminelle (-31) et par des étrangers (-7).

Si les homicides liés à la criminalité font régulièrement les manchettes, ceux-ci ne représentent pourtant qu'une minorité, soit 8 % des meurtres. La plupart sont commis par une connaissance (34 %), un membre de la famille (33 %), un étranger (19 %) ou une personne avec qui la victime entretenait ou avait entretenu une relation de nature intime, mais pas conjugale (6 %).

Statistique Canada a indiqué que le taux de victimes d'homicide chez les Autochtones est demeuré environ cinq fois plus élevé que chez les non-Autochtones. Toutefois, près du tiers (30 %) des auteurs présumés d'homicide déclarés par la police en 2018 étaient autochtones, en baisse par rapport à l'année précédente (37 %).

L'agence a noté que l'homicide demeure un crime relativement rare. Il représentait en 2018 moins de 0,2 % de tous les crimes violents au pays.

Avec les informations de La Presse canadienne

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