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Johanne Beausoleil devient la première femme à diriger la Sûreté du Québec

Gros plan de Johanne Beausoleil devant un drapeau du Québec.

Johanne Beausoleil est la première femme à la tête de la SQ.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec a confirmé que Johanne Beausoleil, une civile, assumera la direction par intérim de la Sûreté du Québec (SQ), qui change ainsi de chef pour la troisième fois en moins d'un an.

Selon la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui a annoncé sa nomination, Johanne Beausoleil deviendra le 2 décembre prochain directrice générale adjointe de la SQ pour un mandat d'une durée de trois ans.

Elle prendra officiellement les fonctions de directrice générale par intérim de la SQ le 16 décembre prochain, date du départ à la retraite de Mario Bouchard qui occupe actuellement le poste.

Johanne Beausoleil était chef du bureau de la vérification et de l'évaluation au Service de police de la Ville de Montréal lorsqu'elle a été approchée pour faire le saut à la SQ.

Mme Beausoleil a toutes les qualifications pour occuper ce poste important, a assuré la ministre Guilbault en conférence de presse.

Le plus grand défi, c’est la mobilisation des ressources, de continuer à travailler dans ce sens-là, a signalé Johanne Beausoleil.

C’est aussi d’amener les femmes officiers à postuler, à être plus présentes; ça va me faire plaisir d’encourager ça.

Une civile à la tête de la SQ

Interrogé sur la nomination d'une civile à la tête du plus puissant corps de police de la province, le premier ministre François Legault n'y voit aucun inconvénient.

Il y a des pour, il y a des contre, a-t-il soupesé. Ce qui est important, c'est que la personne ait du leadership, qu'elle soit acceptée par les employés de la SQ [et] que ce soit une personne qui a fait ses preuves dans la gestion du personnel.

Pour sa part, Johanne Beausoleil ne voit pas d'obstacle majeur au fait qu'elle ne soit pas elle-même policière.

Je ne vois pas ça comme un défi. Je pense que c’est une question de compétence beaucoup plus qu’une question de sexe ou de civil.

Johanne Beausoleil, directrice générale adjointe de la SQ

Outre la nomination de Johanne Beausoleil, la ministre Guilbault a annoncé mercredi la prolongation du mandat de Ronald Boudreault dans ses fonctions de directeur général adjoint de la Sûreté du Québec.

Le mandat d’Yves Morency est également reconduit à titre de directeur général adjoint de la Sûreté du Québec.

Guy Tremblay, qui occupait le poste de directeur général adjoint par intérim de la Sûreté du Québec, est quant à lui confirmé dans ses fonctions.

Une « bleue » à la tête des « verts »

Johanne Beausoleil a déjà œuvré au sein de la SQ à titre de vérificatrice interne.

Elle a été, entre autres, sous-ministre associée à la direction générale des services correctionnels du ministère de la Sécurité publique. Elle a aussi exercé pendant quatre ans les fonctions de directrice de la vérification à la Sûreté du Québec, a énuméré Geneviève Guilbault qui l'a elle-même choisie pour diriger la Sûreté du Québec.

On reconnaît à Mme Beausoleil plusieurs champs d'expertise : la vérification interne, bien sûr, mais aussi l'évaluation des programmes, l'éthique, la gestion des risques et la gouvernance.

Intérim

Le Cabinet a donné son aval à sa nomination en tant que directrice générale adjointe (DGA), puisqu'en vertu de la loi, seuls les DGA peuvent assurer l'intérim à la direction générale de la SQ.

Mario Bouchard assumait l'intérim à la tête du corps de police depuis que le directeur général Martin Prud'homme a été suspendu, en mars 2019, pour de présumées infractions criminelles. M. Bouchard a annoncé plus tôt cet automne qu'il entendait devancer sa retraite.

L'enquête sur M. Prud'homme est menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). Selon nos informations, sa suspension serait liée à des fuites de renseignements à l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Toutefois, aucune accusation n'a été déposée contre lui jusqu'à maintenant.

L'opposition n'y trouve rien à redire

Appelée à réagir, la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé s'est réjouie de l'arrivée d'une civile à la tête de la SQ.

Vous le savez, nous, ça a toujours été notre posture, a-t-elle rappelé. On pense que, pour mettre fin aux guerres de clan interne, d'avoir une perspective civile, c'est intéressant. Alors on va voir l'ensemble de la proposition qui va être adoptée aujourd'hui, mais on n'est pas fermé à ça du tout.

Manon Massé en point de presse.

QS voit d'un bon œil la nomination de Mme Beausoleil à la direction de la SQ.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

De son côté, le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, a fait part de sa surprise, saluant l'audace du gouvernement Legault.

Il faut connaître la structure de la Sûreté du Québec pour comprendre que c'est une structure très hiérarchisée. C'est quasi militaire, la façon que c'est organisé, la Sûreté du Québec! Donc, c'est une surprise, je me limiterai à dire ça.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du PQ

Quant à son homologue libéral, Pierre Arcand, ce dernier a déclaré que la nomination de Mme Beausoleil ne constituait pas un enjeu pour sa formation politique. Il a toutefois déploré que Martin Prud'homme n'ait pas encore rencontré le BEI, plus de huit mois après sa suspension.

Il est clair que ce n'est pas normal qu'après autant de temps, que la personne qui a été délogée de ses fonctions, que cette personne ne sache pas exactement ce qui en est, a-t-il lâché en mêlée de presse.

Avec la collaboration de Mathieu Dion

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