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À quelques heures de leur expulsion, la famille Batalla-Charris garde toujours espoir

À quelques heures de leur expulsion, la famille Batalla-Charris garde toujours espoir

Radio-Canada

La famille Batalla-Charris, qui vit à Sherbrooke depuis cinq ans, boucle ses valises. Le couple et leurs trois enfants, dont un est né au Canada, seront expulsés du pays, mercredi. Ils devront prendre l'avion à destination de l'Espagne, à moins d'un revirement qu'ils espèrent toujours.

J’ai trouvé ici, au Canada, au Québec, et surtout à Sherbrooke, la tranquillité. J’aime beaucoup ça, j’espère rester ici, dit d’entrée de jeu Normando Charris, père de la famille Batalla-Charris, touchée par l’avis d’expulsion.

C'est donc à contrecœur que les Batalla-Charris se préparent à quitter le Canada. Le couple, qui avait fui la Colombie puis vécu huit ans en Espagne, pensait bien avoir trouvé ici, à Sherbrooke, sa nouvelle patrie.

Mais leur demande d'asile a été refusée puis les appels rejetés. Une requête en sursis a été déposée lundi dernier. Un juge de la Cour fédérale pourrait l'accepter. Cela donnerait du temps pour faire avancer leur demande de résidence permanente.

On a fait les choses bien, en respectant la loi, explique M. Charris. Après, on a fait une demande de résidence permanente d’ordre humanitaire. Maintenant, on doit attendre. C’est long. Ça prend 31 mois pour avoir une réponse. Tout ce qu’on demande à l'immigration, c’est d’avoir un peu de temps pour que [notre dossier] soit étudié, continue Normando Charris.

La famille garde espoir

On continue [de garder] espoir. On croit en la justice et on croit être de bonnes personnes.

Carolina Batalla
La famille Batalla-Charris font leurs boîtes, le mardi 26 novembre 2019.

La famille Batalla-Charris font leurs boîtes, le mardi 26 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Très inquiète sur le sort de la famille Batalla-Charris, la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, avait demandé au ministre provincial de l’immigration, Simon Jolin-Barrette, d’intervenir dans dossier. Elle se dit déçue de ce dernier.

On est sur le point d’expulser une famille simplement parce qu’ils n’ont pas fait leur demande dans le bon programme. On parle d’êtres humains, d’une famille qui va devoir prendre l’avion pour débarquer dans un pays où ils n’ont rien, regrette Christine Labrie.

Cette instabilité cause des préjudices importants aux enfants. Je ne peux pas m’expliquer qu’on expulse des gens aussi bien intégrés comme des criminels, alors que tout ce qu’ils ont à se reprocher c’est de ne pas avoir rempli le bon formulaire, continue-t-elle

Il faut analyser les dossiers d’immigration avec plus d’humanité.

Christine Labrie, députée de Sherbrooke

La députée de Sherbrooke avait demandé à Simon Jolin-Barrette d’exercer son pouvoir discrétionnaire pour donner à la famille un Certificat de sélection du Québec.

Un ultime recours?

Si aucun juge n'accorde un sursis, il reste un dernier recours croit Stéphane Hanfield, avocat spécialisé en immigration.

J'ai déjà vu des clients qui s'apprêtaient à monter à bord d'un appareil pour quitter le Canada et à la dernière seconde le ministre est intervenu pour mettre fin à la mesure de renvoi. Alors, tout est possible. Il faut garder espoir, croit M. Hanfield.

La famille Batalla-Charris a reçu de nombreux appuis de la communauté sherbrookoise ces dernières semaines. Des alliés qui les accompagnent aussi dans leurs démarches.

On sait que c’est possible. Il suffit juste que les différents acteurs communiquent entre eux et trouvent la solution.

Audrey Pinsonneault-Grenier, une amie de la famille Batalla-Charris.

Dans les coulisses, on a plusieurs personnes, à différents niveaux, qui sont en train de s’impliquer. Que ça soit au municipal, au provincial et même au fédéral. Nous, tout ce qu’on veut, c’est une résolution de la situation, explique Audrey Pinsonneault-Grenier, une amie de la famille.

La famille doit rencontrer les agents d'immigration à l'aéroport de Montréal à 17 h 15, le mercredi 27 novembre, avant de prendre un vol pour l’Espagne.

Le compte à rebours a donc commencé pour la famille Batalla-Charris.

Avec les informations de Guylaine Charette

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