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La coupe Grey, plus qu’un trophée dans l’Ouest!

La coupe Grey est montrée avant une conférence de presse à Toronto en 2015.

La coupe Grey est montrée avant une conférence de presse à Toronto en 2015.

Photo : La Presse canadienne / Marta Iwanek

Genevieve Murchison

On peut difficilement vivre dans l’Ouest canadien sans être témoin de la passion que suscite le football. Elle est partout. Dans le coeur des gens, dans les entreprises, dans les nouvelles. Et tôt ou tard, elle nous entraîne.

Ma première expérience de la Coupe Grey remonte à 2001. Je n’avais presque jamais entendu parler des Blue Bombers avant qu’ils se rendent en finale contre une autre formation de l’Ouest canadien, les Stampeders. 

C’était le 25 novembre, à peine un mois et demi après mon arrivée à Winnipeg. Ne connaissant rien au football, j’ai cherché un endroit pour faire ma couverture en direct au Réseau de l’information. C’est ainsi que je me suis retrouvée au Club St-B, un bar de Winnipeg.

Je ne m’attendais pas à y trouver une foule de partisans aussi fervents et accrochés à leur écran. Tout le monde dans ce bar de Saint-Boniface portait un maillot aux couleurs de l’équipe. Même les serveuses connaissaient tous les joueurs et leurs fiches.

Le Bleu et Or a finalement perdu 27-19. Le coeur lourd, quelques amateurs ont quand même voulu parler à la télé nationale. L’ancienne animatrice Michaëlle Jean avait elle aussi remarqué les « mines basses » mais quand même positives de ces Winnipégois, qui allaient se relever les manches, travailler fort et gagner l’année suivante. 

Il aura fallu attendre encore 18 ans pour ce moment, ou 29 ans en tout pour obtenir ce trophée.

Des gens sur un char.

L'entraîneur-chef des Blue Bombers Mike O'Shea défile dans les rues de Winnipeg lors de la présentation de la coupe Grey aux Manitobains.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Pourquoi cette Coupe Grey fait-elle autant de bien? Entre autres, parce qu’elle appartient à tout le monde. 

« Les Blue Bombers ont toujours été la propriété de la communauté. Voilà pourquoi c’est si près des gens », explique François Riopel, qui a été journaliste sportif à Radio-Canada, au Manitoba, entre les années 1974 et 1995.

Le football : un mode de vie dans les Prairies

Est-ce la présence de nos grands terrains qui nous inspirent à courir plusieurs verges à l’infini? (Pardonnez-moi le cliché.) Non, je ne crois pas. Mais nous sommes certainement résistants au froid. 

Chaque automne, des milliers de Manitobains mettent leur hoodie et prennent le chemin du stade, peu importe le temps qu’il fait. Ils vont affronter le vent glacial qui fouette le visage bien en haut des gradins en plein mois de novembre. Une résilience face aux intempéries. Une fierté partagée.

Christian Riou s’est souvent posé sur les bancs froids de l’ancien stade, muni de son manteau long, pour regarder les Blues Bombers faire des prouesses.

« Je me souviens particulièrement de la finale de la Coupe Grey à Winnipeg en 1991. Je venais d’arriver au Manitoba. C’était la première fois que le match avait lieu à l’extérieur de Montréal et de Toronto », raconte l’actuel lecteur de nouvelles radio d'ICI Manitoba.

Et quand Winnipeg est l’hôtesse d’une compétition de football, la ville fait les choses en grand. Cette année-là, l’organisation avait ajouté des sections au nord et au sud du terrain. Le stade était rempli au maximum pour le match.

Une femme et trois enfants tiennent des pancartes.

Des admirateurs de tous les âges sont venus voir défiler les joueurs des Blue Bombers de Winnipeg le mardi 26 novembre.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

En 2006, la ville a répété l’expérience. Cette année-là, j’ai animé une émission complète du Téléjournal Manitoba sur les lignes de côté. Une odeur de grillades flottait au-dessus de la ville, les Manitobains respectent la tradition des « tailgates party » et commencent la fête trois heures avant le match, dans le stationnement du stade, en mangeant des hamburgers avec les amis. 

La ville était placardée d’affiches aux couleurs des Blue Bombers, tout le monde était en congé, comme si c’était un jour férié! En 2015, avec un nouveau stade amélioré, Winnipeg a aussi été l’hôtesse non seulement de la finale de la Coupe Grey, mais d’une semaine de festivités en amont. 

Un joueur des Blue Bombers, torse nu, marche à côté d'un char.

Le joueur des Blue Bombers Lucky Whitehead laisse exploser sa joie lors du défilé de la Coupe Grey dans les rues de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Certains disent que le football est dans l’ADN des Manitobains et qu’il se transmet « presque génétiquement » avec le temps. Peut-on être Manitobain et ne pas aimer le football? 

« Je ne pense pas. Si tu es nouveau au Manitoba, tu ne comprends pas nécessairement notre attachement au sport. Mais à la longue, ça vient. Et c’est aussi une bonne façon pour ceux qui déménagent ici de s’intégrer », pense David Summer, qui ne voulait rien manquer du défilé.

Un défilé, pas un rassemblement!

Dans certaines villes, une bonne partie de la célébration se fait durant le rassemblement à un endroit précis. Winnipeg a fait durer le plaisir avec un défilé qui avançait tranquillement et qui a duré plus de deux heures. Les amateurs ont marché du centre-ville jusqu’à La Fourche. Tout le monde veut voir de près son joueur préféré et porter sa tenue spécialement confectionnée pour la fête.

« À Montréal, il y a des amateurs des Alouettes. Dans l’Ouest, on est passionné par le sport comme tel. Le football est une religion »,  explique Marc-Éric Bouchard, journaliste sportif à ICI Alberta.

Deux femmes tiennent un drapeau des Blue Bombers.

Shannon Skehen et Debbie Ens sont des supportrices de longue date des Blue Bombers.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Murchison

Le secondeur Shayne Gauthier savoure chaque moment. En entrevue avec le journaliste Charles Lalande dans un vestiaire, il y a quelques jours, il avait promis de gâter les amateurs manitobains qui avaient été patients. Il n’a pas échoué.  

Les membres des Blue Bombers en mettent plein la vue pendant le défilé. Torse nu, chapeau de cowboy et lunettes de ski, ils s’arrêtent pour serrer les mains des partisans et signer des autographes. 

« Ça rassemble tout le monde au Manitoba. Nous sommes fières d’être d’ici et les Bombers font ressortir ce sentiment », disent Shannon Skehen et Debbie Ens en choeur. Les amatrices de football ont fait signer leur drapeau aux couleurs de l’équipe. Un souvenir qu’elles garderont précieusement.

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