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Desjardins a tourné le dos trop vite à Capitales Médias, estime Pierre Fitzgibbon

M. Fitzgibbon affiche un air sévère.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, mardi, à l'Assemblée nationale, à Québec

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Rousselle

Radio-Canada

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, demande au Mouvement Desjardins de reconsidérer son refus de participer au plan de sauvetage du Groupe Capitales Médias. Il a aussi exprimé des doutes, mardi, sur l'indépendance de certains décideurs chez Desjardins.

Questionné à l’entrée du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ) sur la décision du Mouvement Desjardins, M. Fitzgibbon a répondu qu’il comprenait le risque financier que représente le sauvetage des six journaux régionaux, mais que Desjardins est aussi un mouvement coopératif étroitement lié à l’avenir économique du Québec.

Tout récemment, alors que le gouvernement du Québec s'apprêtait à annoncer qu'il avait choisi un projet de coopératives d'employés pour assurer la survie des journaux en faillite de Capitales Médias, le Mouvement Desjardins a fait savoir qu’il ne prendrait pas part au projet en raison des risques que comporte ce plan.

C'est un dossier très politisé, a signalé le ministre mardi après-midi.

Au sujet de l'indépendance du conseil d'administration de Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD), qui aurait pu accorder les fonds, M. Fitzgibbon a recommandé aux journalistes d'aller voir qui y siège.

La vice-présidente du conseil de Québecor, administratrice en chef et présidente du conseil de Groupe TVA, Sylvie Lalande, de même qu'une administratrice de Québecor, Chantal Bélanger, siègent au conseil de CRCD. Québecor est un concurrent des journaux de GCM, et son patron Pierre Karl Péladeau a fréquemment dénoncé la décision du gouvernement d'investir des fonds dans le sauvetage de GCM il y a quelques années.

M. Fitzgibbon a dit que Mme Lalande était compétente, mais a refusé de s'exprimer sur son indépendance.

Alors, elle n'est pas indépendante?, a demandé un journaliste. Ce à quoi le ministre a répliqué : Répondez à votre question.

À l'évocation de potentiel conflit d'intérêts, il a répondu : « Peut-être. »

Affirmant ne pas vouloir formuler « des propos acerbes », M. Fitzgibbon a estimé qu'il était paradoxal qu'un mouvement coopératif refuse d'investir dans des coopératives.

Mon rôle n’est pas de leur dire quoi faire, ils ont leur comité d’investissement, a convenu le ministre. Mais c’est un peu paradoxal, je dois l’avouer.

En fait, ce à quoi je me serais attendu, pour être honnête, c’est que Desjardins s’assoie avec la direction de Capitales Médias et la coopérative, ce qui, je pense, n’a pas été fait, […] pour voir quels aménagements peuvent être faits pour réduire les risques.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Selon le ministre, Desjardins a tourné le dos trop rapidement au projet et devrait reconsidérer sa décision, ne serait-ce qu’en raison de l’impact négatif qu’a eu cette décision sur les autres acteurs sollicités.

Lancer le plan de sauvetage qui permettrait aux six journaux du Groupe Capitales Médias de survivre en devenant une coopérative coûterait autour de 21 millions de dollars.

La participation de Desjardins et du Fonds de solidarité FTQ aurait été d’environ 4,5 millions de dollars.

Un modèle qui peut être corrigé

Avec Desjardins qui est débarqué, le montage financier est chambranlant. Présentement, on ne sait pas ce qui va arriver, a noté Pierre Fitzgibbon.

Devant le retrait de Desjardins, la direction du Fonds de solidarité a remis en question elle aussi sa participation au projet.

Pourtant, Pierre Fitzgibbon est d'avis qu'il y aurait tout à fait moyen d’améliorer le modèle projeté si les acteurs concernés prenaient le temps d’en discuter.

Je m’attends à ce que les gens du milieu se prennent en main, a déclaré M. Fitzgibbon. Le modèle est-il parfait? Probablement pas. Mais travaillons avec ce qu’on a. Il n’y a pas meilleur organisme au Québec que la coopérative d’employés pour reprendre en main cette business-là.

Advenant un refus catégorique de Desjardins, Québec serait-il prêt à prendre à son compte sa participation prévue? Non, a répondu Pierre Fitzgibbon.

Nous avons toujours des partenaires dans ce genre de projets. Il serait illogique que le gouvernement du Québec soit le principal créancier d’une nouvelle structure, alors que nous avons mis en place […] des crédits d’impôt qui vont financer à peu près 50 % à 60 % des pertes de Groupe Capitales Médias. Le gouvernement a fait sa part.

Ça prend des investisseurs autres que le gouvernement pour solidifier le plan. Moi, je veux que GCM survive. Je n’irai pas l’acheter, mais je vais tout faire.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Le 19 août dernier, le gouvernement du Québec a versé une aide d'urgence de 5 millions de dollars au Groupe Capitales Médias pour permettre à l'entreprise de se mettre à l'abri de ses créanciers.

L'entreprise qui publie les quotidiens Le Soleil, La Tribune, Le Droit, La Voix de l'Est, Le Nouvelliste et Le Quotidien avait aussi reçu 10 millions de dollars d'aide de Québec en 2017.

Avec les informations de La Presse canadienne

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