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Soupçons de fraudes dans le système d'immigration : le Parti libéral se défend

« La bonne pratique, c'est d'écouter le jugement de la cour », assure l'ancienne ministre de l'Immigration Kathleen Weil.

Gros plan de l'ancienne ministre de l'Immigration Kathleen Weil s'adressant aux médias.

La députée libérale Kathleen Weil a été ministre de l'Immigration dans le gouvernement de Philippe Couillard entre 2014 et 2017. Elle était au courant des dénonciations de l'UPAC.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Alors que de possibles fraudes dans le Programme de l'expérience québécoise (PEQ) ont été signalées dès 2016 par les policiers, l'ancienne ministre libérale de l'Immigration défend son choix de ne pas avoir modifié l'accès à cette voie rapide vers l'immigration permanente.

C'est l'UPAC qui nous a mis au parfum d'un stratagème à l'époque, a indiqué Kathleen Weil mardi, au lendemain d'un reportage de Radio-Canada faisant état d'une enquête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) concernant des soupçons de fraudes et la présence de documents faux ou trompeurs, comme l'a décrit, ces dernières années, le ministère de l'Immigration.

Ces soupçons se portent sur des attestations prouvant la réussite d'un cours de français, de niveau intermédiaire avancé. Ce document est l'une des preuves de connaissance de la langue française admissible pour postuler au PEQ.

Ministre de l'Immigration entre 2014 et 2017, Mme Weil a assuré avoir agi, après avoir pris connaissance de ces informations, pour maintenir l'intégrité du programme.

J'ai demandé qu'on fasse une enquête administrative, a-t-elle expliqué.

En effet, le ministère de l'Immigration, dès la fin de l'année 2016, a convoqué en entrevue des centaines de candidats dont les dossiers pouvaient sembler suspects.

Au cours de ces entretiens, le ministère a constaté qu'en moyenne, près de sept personnes interrogées sur dix n'avaient pas le niveau de français requis, contrairement à ce qu'indiquaient pourtant les attestations qu'elles avaient présentées.

La députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce a aussi dit avoir suivi les conseils de son équipe. Pourtant, dans des notes qu'a pu consulter Radio-Canada, il est précisé qu'un retrait de cette attestation est recommandé. Cette indication n'a cependant pas été retenue par le précédent gouvernement.

Selon Mme Weil, il était préférable de faire les choses dans l'ordre, en attendant l'issue de l'enquête pour bien comprendre le problème à corriger.

Les enquêtes étaient toujours en cours. La bonne pratique, c’est d’attendre l’issue de ces enquêtes et la décision du tribunal.

Kathleen Weil, ex-ministre libérale de l'Immigration

Le ministre de l'Éducation pas au courant

De son côté, l'actuel ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a indiqué ne pas être au courant de cette problématique.

Dans les notes consultées par Radio-Canada, il est mentionné que les candidats ayant vu leur demande refusée après ces vérifications ministérielles provenaient principalement des commissions scolaires anglophones English-Montréal (CSEM), Lester-B.-Pearson et New Frontiers.

M. Roberge avait décidé de mettre sous tutelle la CSEM au début de novembre, mais ce n'était pas en raison de ces allégations, a-t-il certifié, en évoquant de possibles malversations et une utilisation, disons aléatoire, des cartes de crédit.

Mon collègue Simon [Jolin-Barrette] est en train de faire l’éclaircissement. Et l’UPAC est déjà en train de creuser. On va laisser le temps suivre son cours.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur

À l'instar de Simon Jolin-Barrette, le premier ministre François Legault a quant à lui confirmé la volonté de son gouvernement de retirer, dans les prochaines semaines, la possibilité de déposer ce type d'attestation pour postuler au PEQ.

Mais cette décision ne vient pas pardonner qu’il y ait des règlements qui ne soient pas suivis par certains établissements, a-t-il précisé, en disant attendre les résultats de l'enquête de l'UPAC.

QS et le PQ prudents

Selon Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ), ces soupçons de fraudes ne doivent néanmoins pas venir à la défense de la première mouture de la réforme du PEQ, qui a finalement été suspendue après de vives réactions du milieu des affaires et du monde éducatif.

La réforme était mal foutue, brouillonne, mal ficelée. Et ce sont des euphémismes, a clamé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, avant, toutefois, de reconnaître la nécessité d'une action gouvernementale.

Si les informations qu’on apprend sont confirmées, c’est inquiétant. S'il y a des brèches dans le programme, il faut les combler.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

Pascal Bérubé a abondé dans le même sens. C'est un système qui fonctionnait bien, qui avait besoin de petits ajustements. Le fait que l’UPAC enquête, ça ne change absolument rien aux reproches qu’on avait à faire au gouvernement. C’est un autre dossier, a affirmé le chef par intérim du PQ.

Les gens qui ont usurpé les règles québécoises méritent d’être condamnés, a-t-il ajouté.

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