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La MRC d’Avignon paie le prix de la crise à l’hôpital de Campbellton

Une ambulance est toujours prête à partir sur une intervention.

Les ambulances de Pointe-à-la-Croix et de Saint-Alexis-de-Matapédia, qui transportent habituellement les patients à l'hôpital de Campbellton, sont dirigées vers l'hôpital de Maria, à 66 kilomètres de là.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les débordements et le manque de main-d'œuvre à l'hôpital de Campbellton fragilisent la couverture ambulancière dans l’ouest de la MRC d’Avignon.

Depuis le 19 novembre et jusqu’à 29 novembre, les ambulances de Pointe-à-la-Croix et de Saint-Alexis-de-Matapédia sont redirigées vers l'hôpital de Maria en raison de la crise sans précédent que traverse l'hôpital de Campbellton. La semaine dernière, l’établissement néo-brunswickois a mis en place des mesures extrêmes pour rétablir un fonctionnement normal, dont une interruption des nouvelles admissions.

Les patients gaspésiens dont l'état est jugé critique sont tout de même admis à Campbellton pour une stabilisation ou un transfert avec présence d'un médecin vers Maria.

Distance entre la caserne ambulancière de Pointe-à-la-Croix et l’hôpital de Campbellton : 5,2 km (9 minutes de déplacement)

Distance entre la caserne ambulancière de Pointe-à-la-Croix et l’hôpital de Maria : 66,7 km (51 minutes de déplacement)

Le directeur des opérations en Gaspésie de la compagnie ambulancière Paraxion, Franckie Lévesque, explique que le déroutement des ambulances du secteur n’est pas sans conséquence pour la population.

Ça vient rallonger les temps de déplacement et, indirectement, ça vient découvrir le territoire et le priver d’une ressource ambulancière dans l’ouest de la MRC d’Avignon.

Une citation de :Franckie Lévesque, directeur des opérations en Gaspésie, Paraxion

La situation inquiète aussi le préfet de la MRC d'Avignon. On peut être jusqu’à trois heures sans desserte ambulancière dans certaines municipalités et ça c’est inacceptable!, lance Mathieu Lapointe qui affirme discuter régulièrement du dossier avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie, car les transferts des ambulances vers Maria étaient fréquents avant la crise des derniers jours.

En temps normal, les ambulanciers de Pointe-à-la-Croix et de Saint-Alexis-de-Matapédia transportent systématiquement les patients à l'hôpital de Campbellton, sauf dans des cas de psychiatrie et de traumatisme isolé aux bras et aux jambes.

La plupart des résidents du secteur ouest de la MRC d'Avignon fréquentent l'hôpital de Campbellton, plutôt que celui de Maria, en raison de sa proximité géographique. Les services leur sont offerts grâce à des ententes interprovinciales.

Le gouvernement du Québec verse des sommes importantes, explique le préfet Mathieu Lapointe, pour s’assurer que les services soient offerts aux patients gaspésiens à l'hôpital de Campbellton. Maintenant, s’ils ne le sont pas, on a un problème et il va falloir trouver des solutions.

Le CISSS de la Gaspésie précise qu'une entente a été conclue avec l'Hôpital de Campbellton en octobre pour mettre fin à un traitement inégal des patients québécois lors des situations de débordements. Avant cette entente, seules les ambulances québécoises étaient détournées vers Maria, alors que les ambulances du Nouveau-Brunswick continuaient d'être acceptées à l'urgence.

Quand les ambulanciers deviennent des gardes-malades

Avant même que la crise n’éclate à l’hôpital de Campbellton, les ambulanciers gaspésiens ont subi les impacts du manque de personnel.

À deux reprises durant le mois d'octobre, des ambulanciers du secteur Pointe-à-la-Croix/Les Plateaux ont été retenus à l'urgence de Campbellton avec un patient qui ne pouvait être pris en charge par le personnel en place, faute de ressources après l’étape du triage.

Dans l'un des cas, l'ambulancier a dû attendre quatre heures à l'urgence, alors que dans l'autre, l'attente a été de 2 heures. La situation est vivement dénoncée par l'entreprise Paraxion.

C'est inacceptable qu'un service d'ambulance soit retenu des heures de temps dans un centre hospitalier pour avoir la garde d'un patient.

Une citation de :Franckie Lévesque, directeur des opérations en Gaspésie, Paraxion

Notre compréhension, ajoute M. Lévesque, est que dès qu'un patient est trié, il est sous la responsabilité de l'urgence.

Une femme porte une chemise sur laquelle se trouve un écusson portant l'inscription « Technicien ambulancier - Paramédic - Québec ».

À la demande du personnel de l'urgence de l'hôpital de Campbellton, deux ambulanciers gaspésiens ont dû demeurer aux côtés d'un patient après l'étape du triage parce les ressources en place ne permettaient pas sa prise en charge.

Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

Le Réseau de santé Vitalité, qui gère l'hôpital de Campbellton, estime que ce genre de situation survient dans plusieurs hôpitaux du Québec ou du Nouveau-Brunswick quand il y a des débordements assez sévères.

Ça arrive que les gens doivent se serrer les coudes et gérer une situation où il y a un achalandage élevé.

Une citation de :Gilles Lanteigne, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité

De son côté, le CISSS de la Gaspésie estime que ces situations « ne sont pas idéales ». On est en pourparlers avec le Réseau de santé Vitalité pour éviter ce genre de situations, affirme la responsable des relations avec les médias, Clémence Beaulien-Gendron.

Sept jours pour fournir un protocole écrit

Par ailleurs, dans la foulée de l’arrêt de nouvelles admissions à l’hôpital de Campbellton, il aura fallu sept jours au CISSS de la Gaspésie pour fournir un protocole clair aux ambulanciers gaspésiens.

Le 20 novembre, l'entreprise ambulancière Paraxion a demandé au CISSS de la Gaspésie de déterminer précisément la nature des cas critiques qui pouvaient être dirigés d'abord à l'hôpital de Campbellton.

Le CISSS de la Gaspésie a fourni un protocole écrit aux ambulanciers le 26 novembre, à la suite d’une demande d’entrevue de Radio-Canada sur le sujet.

Le directeur des opérations en Gaspésie chez Paraxion, Frankie Lévesque, déplore ce délai.

La directive aurait dû nous être parvenue plus rapidement, affirme-t-il, pour enlever toute ambiguïté sur le terrain.

Le CISSS de la Gaspésie rétorque que des échanges verbaux avaient tout de même eu lieu avec Paraxion le 22 novembre pour préciser la marche à suivre.

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