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La sécurité du personnel d’Amazon mise en danger au nom de la productivité

Une employée se promène à côté de boîtes dans un entrepôt d'Amazon.

Le taux de blessures «sérieuses» du personnel d’entrepôt d’Amazon est de 9,6 pour 100 travailleurs et travailleuses.

Photo : Reuters / Carlos Jasso

Radio-Canada

Le personnel d’entrepôt d’Amazon subit deux fois plus de blessures au travail que la moyenne des gens de l’industrie, et le géant du commerce en ligne a tout fait pour cacher l'ampleur du phénomène au public jusqu’en 2015, d’après une enquête conjointe du magazine The Atlantic et du Center for Investigative Reporting.

Des documents obtenus dans le contexte de l’enquête révèlent que le taux de blessures « sérieuses » du personnel d’entrepôt d’Amazon est de 9,6 pour 100 travailleurs et travailleuses, tandis que la moyenne dans ce domaine est d’environ 4 pour 100. Une blessure est qualifiée de « sérieuse » si elle oblige une personne à prendre un congé forcé du travail.

C’est une statistique qui s’expliquerait notamment par les impératifs croissants de productivité et l’introduction de robots dans les entrepôts afin de satisfaire ces exigences.

L’enquête, publiée à quelques jours du Vendredi fou, qui marque le début de la « période de pointe » du magasinage en ligne, dresse un portrait sombre des conditions de travail dans les entrepôts d’Amazon.

L’ancienne employée Candice Dixon, qui dit avoir détruit son dos pour toujours en ayant travaillé pour l’entreprise, croit que le rendement est tout ce qui compte aux yeux d’Amazon.

Tout ce qui leur importe, c’est de faire le travail aussi rapidement que possible sans réaliser comment il nous affecte et comment il affecte nos corps, raconte-t-elle.

Dès qu’un internaute passait une commande en ligne, un robot plaçait l’article acheté sur un convoyeur, qui l’acheminait ensuite vers Candice Dixon. Elle devait alors scanner l’article et l’emballer dans une boîte « sourire » d’Amazon.

Des boîtes d'Amazon sur un convoyeur. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Vendredi fou marque le début de la période de pointe du magasinage en ligne.

Photo : Reuters / Clodagh Kilcoyne

Comme plusieurs de ses collègues, Candice Dixon devait exécuter ce travail à un rythme effréné. Elle devait scanner un nouvel objet toutes les 11 secondes (300 par heure), sans quoi elle risquait de se faire réprimander – et éventuellement, renvoyer – par les têtes dirigeantes.

Cacher les blessures

L’article fait aussi état des efforts soutenus d’Amazon pour empêcher son personnel de remplir des rapports de blessures et ainsi ne pas comptabiliser certaines blessures dans son registre.

On relate un cas où un patron de l’Occupational Safety and Health Administration, une agence gouvernementale dont la mission est la prévention des blessures, a demandé à un enquêteur de modifier les conclusions de son enquête sur la mort d’un employé en Indiana afin de dédouaner Amazon de toute erreur.

Cette intervention était justifiée par le fait que le rapport aurait nui aux chances de l’Indiana d’être choisie comme l’emplacement du deuxième siège social de l’entreprise.

Quelques heures après la publication de l’enquête de The Atlantic et du Center for Investigative Reporting, lundi, plus d’une centaine de membres du personnel de l'entrepôt new-yorkais d’Amazon ont manifesté devant l’entreprise pour exiger une hausse des salaires et des conditions de travail plus humaines.

Il y a des gens qui ne vont pas aux toilettes et ne boivent pas d’eau, parce qu’ils ont trop peur [de ne pas atteindre les cibles de production], a expliqué Hiba Aly, une ancienne employée qui a été renvoyée la semaine dernière, au New York Post

Amazon a ensuite déclaré au quotidien qu’il était inexact de dire que [ses] centres de traitement de commandes n’étaient pas sécuritaires.

Avec les informations de The Atlantic, et New York Post

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