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Les origines de certaines tumeurs du cerveau chez l’enfant mieux cernées

Illustration d'un fœtus humain de six semaines.

Illustration d'un fœtus humain de six semaines.

Photo : iStock

Radio-Canada

Plusieurs types de tumeurs cérébrales pédiatriques très agressives et fatales apparaissent pendant le développement du cerveau, ont découvert des oncologues associés à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

En fait, la Dre Claudia Kleinman et ses collègues ont montré que certaines tumeurs cérébrales chez l’enfant sont causées par l'arrêt du développement des cellules embryonnaires.

Ainsi, ils ont établi que l'événement génétique qui déclenche la maladie se produit dans les toutes premières phases du développement cellulaire, souvent dans les phases prénatales, et bien avant qu'une femme sache qu'elle est enceinte.

Nous avons déterminé que l'arrêt du développement cellulaire dans le pont et dans le cerveau antérieur, d'où sont originaires certaines de ces tumeurs pédiatriques agressives, est responsable de plusieurs cancers du cerveau pendant l'enfance.

Claudia Kleinman

Plutôt que de se poursuivre normalement, le développement des cellules est enrayé et elles se transforment en tumeurs malignes, mais elles conservent de nombreuses caractéristiques des cellules originales, explique la Dre Kleinman.

L’équipe montréalaise a pu déterminer l'origine des tumeurs parmi les centaines de différents types cellulaires présents dans le cerveau.

Repères

  • Les tumeurs cérébrales sont la principale cause de décès liés au cancer chez les enfants;
  • Il n'existe aucun traitement efficace pour plusieurs de ces tumeurs;
  • La survie est souvent de moins de deux ans.

C’est grâce aux nouvelles technologies qui permettent d'analyser les cellules tumorales une à une que les chercheurs ont pu établir qu'un arrêt du développement serait à l'origine de plusieurs cancers infantiles.

Nous parlons du syndrome de Peter Pan parce que ces cellules sont coincées dans le temps, incapables de vieillir, et c'est la raison pour laquelle ces tumeurs se développent.

Nada Jabado, IR-CUSM

La prochaine étape

Les scientifiques doivent maintenant trouver une façon de déverrouiller ces cellules pour favoriser leur différenciation et permettre ainsi aux processus normaux de prendre la relève.

Une fois que nous comprenons les mécanismes sous-jacents, nous pouvons commencer à chercher comment déverrouiller le développement des cellules. La complexité du cerveau est stupéfiante et nous avons maintenant ciblé où chercher.

Claudia Kleinman

Mieux cerner le développement normal

Grâce aux techniques de séquençage sur cellule unique maintenant disponibles et à l'analyse de données à grande échelle, les chercheurs ont réussi à créer le premier profil complet du pont prénatal normal, une importante structure située sur la partie supérieure du tronc cérébral qui contrôle la respiration, ainsi que les sensations comme l'ouïe, le goût et l'équilibre.

Les scientifiques ont déterminé l'identité moléculaire des types de cellules présentes dans ce pont et dans d'autres régions du cerveau, ainsi que la dynamique de leur différenciation.

Ils ont ainsi créé un atlas de plus de 65 000 cellules individuelles et 191 populations cellulaires distinctes. Ils ont ensuite intégré cet atlas avec des échantillons des patients et découvert les origines de plusieurs tumeurs, dont :

  • Les médulloblastomes WNT
  • Les tumeurs embryonnaires avec rosettes multicouches (ETMR)
  • Les gliomes de haut grade (GHG).

Les résultats des présents travaux appuient l'existence d'une cause commune pour ces tumeurs, où des modifications génétiques dans certains types cellulaires vulnérables perturbent les programmes d'expression des gènes du développement, ce qui mène finalement à l’apparition du cancer.

La genèse des tumeurs est très précoce dans le développement du cerveau, ce qui signifie qu'il n'y a réellement pas de déclencheur dans l'environnement ou de mesures préventives que les parents peuvent prendre.

Claudia Kleinman

L’équipe de recherche veut maintenant approfondir sa compréhension de ces tumeurs afin d’arriver un jour à arrêter leur progression.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Genetics (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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