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  • Toute sa vie, Gilles Carle nous a fait son cinéma

    Gilles Carle en entrevue à l'émission Prisme en 1970

    Le cinéaste Gilles Carle est décédé le 28 novembre 2009.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    C’est le 28 novembre 2009 que Gilles Carle nous a quittés. Il a laissé en héritage une œuvre qui a tracé la route du cinéma québécois vers la modernité. Durant toute sa carrière, il a raconté à des journalistes de Radio-Canada son parcours inhabituel de même que sa conception du septième art.

    J’aime dans un personnage qu’on sente d’où il vient, qui il est, qu’il a un nom précis, qu’il a un âge, qu’il ne soit pas désincarné de son milieu et, à travers lui, sentir toute la culture.

    Gilles Carle, 1970

    De l'Abitibi à l'École des beaux-arts

    Gros plan, 17 juin 1970

    Jouissant d’une renommée grandissante en tant que cinéaste, Gilles Carle raconte à l’animateur Wilfrid Lemoine de l’émission Gros plan du 17 juin 1970 quelques épisodes de sa vie

    C’est à partir de 1928 que Gilles Carle a commencé à regarder le monde.

    Il est né dans une famille modeste dans un village minier et de producteurs de lait de l’Abitibi. Dès l’âge de 7-8 ans, il dessine.

    Ses parents remarquent et encouragent ses inclinations, même si les arts, soupire le père, « ça ne paye pas ». Mais le père de Gilles Carle entend dire entre les branches qu’il y a des carrières commerciales pour les artistes.

    C'est le sésame dont avait besoin Gilles Carle. Il réussira à entrer dès l’âge de 16 ans à l’École des beaux-arts de Montréal.

    Dans la vingtaine, il abandonne la peinture et la poésie, car il se considère comme médiocre. Ses scénarios sont refusés par tous, y compris par Radio-Canada.

    Un cinéma de la modernité

    Sa chance, il l’obtient au début des années 1960 quand le secrétaire du Festival international du film de Montréal lui demande de réaliser le film-annonce de l’événement.

    Ce film de 70 secondes est tellement original que le Musée d'art moderne de New York l’achète.

    Peu après, en 1965, il produit pour l’Office national du film un long-métrage de fiction, La vie heureuse de Léopold Z.

    C’est l’histoire d’un homme de la classe ouvrière québécoise qui essaye de mener à bien ses achats et le dégagement des rues enneigées de Montréal.

    L’œuvre décrit bien la situation sociale de la société de l’époque et utilise de manière révolutionnaire le joual. La vie heureuse de Léopold Z est un succès commercial.

    Quelque temps après, Gilles Carle quitte l’Office national du film et crée sa propre boîte de production.

    En quelques années, le cinéaste tourne plusieurs œuvres qui contribuent à propulser le cinéma québécois dans la modernité.

    Le viol d’une jeune fille douce (1968), Red (1970), La vraie nature de Bernadette (1972), La mort d’un bûcheron (1973) font partie de l’anthologie des films québécois.

    Il y en aura d’autres dans les années subséquentes. Au total, il produira des dizaines de longs-métrages.

    La vraie nature de Gilles Carle

    Prisme, 21 septembre 1969

    En 1969, Gilles Carle est en plein tournage du film Red. Il invite les caméras de l’émission Prisme et son animateur Wilfrid Lemoine, à assister à ce dernier.

    Dans ce reportage présenté à l’émission le 21 septembre 1969, on observe les techniques de tournage de Gilles Carle et ses méthodes de travail avec les acteurs.

    Cette incursion dans le travail du cinéaste nous aide à comprendre un concept fondamental chez Gilles Carle, celui de mosaïque culturelle.

    Gilles Carle a expliqué ce concept à la fin de l’extrait précédent de Gros plan. Il veut présenter dans ses films des rôles « incarnés ».

    Par cela, Gilles Carle entend des personnages qui parlent notre langue, qui sont proches du quotidien des Québécois et qui vivent des aventures qui ne sont pas imposées par les schèmes de ce qu’il appelle le « vieux cinéma ».

    Ce que cherche à transmettre le cinéaste à travers ses œuvres comme Red, c’est ce qui a modelé ses personnages. L’histoire est au deuxième plan pour Gilles Carle.

    Un homme modeste

    En 1989, Gilles Carle reçoit la Palme d’or du meilleur court métrage au Festival de Cannes.

    Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1995.

    Malgré toutes les distinctions qui s'accumulent, Gilles Carle demeure d’une modestie exemplaire.

    Les temps modernes, 2 février 1995

    Cette qualité se remarque en filigrane de l'entrevue qu’il a accordée à l’animatrice Françoise Guénette à l'émission Les temps modernes le 2 février 1995.

    Le cinéaste affirme par exemple que ses films sont tout d’abord le fruit d’un travail d’équipe. Par ailleurs, son rôle n’avait finalement été « que de tourner » la mythique annonce publicitaire de la bière Labbatt 50, mettant en vedette au début des années 1970 l’humoriste Olivier Guimond.

    Il est aussi très modeste quand il parle de Carole Laure, Anne Létourneau et Chloé Sainte-Marie avec qui il a partagé sa vie et qu'il a souvent mises en vedettes dans ses films.

    Gilles Carle avait pourtant de quoi pavoiser.

    Il a été un des pères du cinéma moderne au Québec et un des premiers à donner à ce dernier une dimension internationale.

    Il faudrait aussi reconnaître ses talents multiples dans le domaine du film publicitaire et dans les arts graphiques.

    Gilles Carle est décédé le 28 novembre 2009 après un long combat contre les maladies de Parkinson et d’Alzheimer.

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