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13 militaires français tués dans une collision d'hélicoptères au Mali

Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française en 2013.

Un hélicoptère décolle au milieu d'une opération désertique.

Un hélicoptère décolle lors d'une intervention militaire de l'opération Barkhane à Inaloglog, le 17 octobre 2017.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Agence France-Presse

Treize militaires français de l'opération Barkhane ont trouvé la mort lundi soir au Mali dans la collision de deux hélicoptères engagés dans une mission de combat contre des djihadistes, dans un contexte sécuritaire alarmant au Sahel.

Il s'agit du plus lourd bilan humain essuyé par les militaires français depuis le début de leur déploiement au Sahel en 2013, et l'une des plus grandes pertes de l'armée française depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, qui avait fait 58 morts.

L'accident est survenu lundi soir pendant une opération de combat dans le Liptako, dans la région de Ménaka, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, où la force antidjihadiste française Barkhane mène régulièrement des opérations contre les groupes armés, dont le groupe État islamique Grand Sahara (EIGS).

Ces treize héros n'avaient qu'un seul but : nous protéger, a réagi sur Twitter le président français Emmanuel Macron, qui, dans un communiqué, a parallèlement salué avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l'armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel.

Cette terrible nouvelle endeuille nos armées, la communauté de défense et la France tout entière. Une enquête [a été] ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame.

Florence Parly, ministres des Armées

Un hommage national, présidé par le président de la République, sera rendu aux victimes dans les jours prochains, a ajouté la ministre.

Le gouvernement du Mali et le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, ont exprimé mardi via les réseaux sociaux leur solidarité avec la France, dont les militaires combattent les djihadistes aux côtés de leurs armées nationales.

C'est l'Europe tout entière qui est en deuil, car au Mali comme ailleurs c'est l'armée française qui défend l'honneur et la sécurité de l'Europe, a de son côté réagi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Parmi les victimes figure le fils de l'ancien ministre et sénateur centriste français Jean-Marie Bockel, a confirmé ce dernier à l'AFP. Sept des militaires tués appartenaient au 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau (sud-ouest), et quatre autres au 4e régiment de chasseurs de Gap (sud-est).

Le général François Lecointre, chef d'état-major des Armées, a précisé que des commandos parachutistes avaient observé, lundi vers 17H15, un groupe d'ennemis équipé d'une camionnette et de plusieurs motos.

Ils sont entrés en contact par le feu avec cet ennemi [...] et ont fait appel à des moyens aériens, a-t-il ajouté. Deux hélicoptères Tigre et un Cougar sont arrivés rapidement sur zone.

Pendant cette opération de reconnaissance de nuit, pour repérer la camionnette qui s'enfuyait vers le Nord, les commandos au sol ont entendu deux explosions. Ils ont pensé qu'elle était due à une collision en vol entre deux appareils. L'information est confirmée rapidement par le Tigre qui reste en vol, a ajouté le général Lecointre.

Des hommes ravitaillent un hélicoptère de combat au sol.

Un hélicoptère de combat EC665 Tigre des forces françaises déployées au Mali.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Ils sont intervenus dans des conditions opérationnelles très exigeantes et, étant des engins militaires, n'étaient pas équipés de dispositifs anticollision, a précisé le général Leointre.

L'accident a été fatal aux treize soldats qui étaient à bord des deux appareils.

Cet accident porte à 41 le nombre de militaires français tués au Sahel depuis le début de l'intervention française en 2013, avec l'opération Serval, selon un décompte effectué à partir de chiffres publiés par l'état-major.

L'opération Barkhane, qui a succédé à Serval depuis août 2014, mobilise 4500 militaires français dans la bande sahélo-saharienne, une étendue vaste comme l'Europe, en soutien aux armées nationales qui combattent des djihadistes affiliés au groupe État islamique (EI) ou à Al-Qaïda.

Mais six ans après le début de l'intervention française, les violences djihadistes persistent dans le nord du Mali et se sont propagées au centre du pays ainsi qu'au Burkina Faso et au Niger voisins. Depuis 2012, les hostilités, doublées de violences intercommunautaires, ont fait des milliers de morts et déplacés des centaines de milliers de civils.

Un militaire malien, monte la garde, en treillis militaire, son arme à la main.

Un soldat malien monte la garde devant le quartier général de la force conjointe du G5 Sahel, à Sévaré, le 30 mai 2018.

Photo : Getty Images / Sebastien Rieussec

Et malgré les efforts de formation déployés par l'Union européenne, la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et Barkhane, les armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d'enrayer la progression des attaques.

Quarante-trois soldats maliens ont été tués mi-novembre dans une attaque dans l'est du pays, près de la frontière nigérienne, s'ajoutant à une centaine de militaires maliens morts dans deux attaques djihadistes en un mois cet automne dans les mêmes confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Lors d'une récente tournée au Sahel, la ministre française des Armées avait prôné la patience dans la guerre contre les djihadistes au Sahel. Barkhane ne s'enlise pas. Barkhane s'adapte en permanence, avait-elle assuré.

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