•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les écoles ontariennes touchées par une grève du zèle

Des gens qui manifestent avec pancartes en main.

Des enseignants ont organisé des piquets d'information sur la grève du zèle près de certaines écoles, le 26 novembre.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des centaines d’écoles anglaises et françaises de l'Ontario sont touchées mardi par une grève du zèle de travailleurs de l'éducation, alors que les enseignants accusent le gouvernement de Doug Ford de ne pas négocier de bonne foi.

Les membres de la Fédération des enseignantes et enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) et de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO), qui enseignent dans les écoles publiques anglaises, participent à la grève du zèle.

Les deux syndicats assurent que les moyens de pression n’auront pas d’incidence sur l’enseignement.

Une porte ouvre sur une salle de classe vide.

Les syndiqués veulent faire pression sur le gouvernement parce que les négociations piétinent, selon eux.

Photo : Radio-Canada / Pascale Bréniel

Les enseignants de l’élémentaire, par exemple, ne rempliront pas les bulletins, ne superviseront pas les examens provinciaux et ne participeront pas aux nouvelles formations en mathématiques du gouvernement Ford.

Des mesures semblables sont prévues au secondaire.

Le président de la FEEO, Sam Hammond, affirme que les parties sont toujours « très loin » d'une entente et que de nombreux points demeurent en litige, contrairement aux affirmations du ministre de l'Éducation, Stephen Lecce.

Nos membres deviennent impatients. Nous recourons à une grève du zèle, parce qu'il semble que c'est la seule façon d'attirer l'attention du gouvernement.

Sam Hammond, président de la FEEO

M. Hammond accuse le gouvernement de réclamer des coupes de 150 millions de dollars dans le budget des écoles élémentaires, en plus d'ignorer des enjeux comme l'appui aux élèves aux besoins spéciaux et la violence en classe.

Parmi les autres points en litige : la taille des classes que le gouvernement veut augmenter et les augmentations de salaire que la province a plafonnées à 1 %.

Répercussions sur les écoles françaises

La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires représente aussi d’autres employés, comme des secrétaires d’école, des bibliothécaires et des aides-enseignants. Certains de ces travailleurs travaillent pour des écoles françaises.

C'est le cas notamment dans les écoles du Conseil Viamonde.

Malgré la grève du zèle, les écoles Viamonde continueront d’accueillir les élèves tant et aussi longtemps que le Conseil pourra maintenir la sécurité et le bien-être de toutes et de tous, indique un communiqué du conseil scolaire.

Des enseignants ont organisé des piquets d’information près de certaines écoles avant le début de la classe mardi matin. D'autres piquets étaient prévus à l’heure du lunch et à la sortie des élèves. Les syndiqués distribuent notamment aux parents de l’information sur leurs revendications.

L'enseignante Shannon Salisbury, qui était à l'un de ces piquets à l'École secondaire Monarch Park Collegiate de Toronto mardi matin, raconte qu'il faut plus de « soutien » aux élèves en difficulté et plus de sécurité dans les écoles.

C'est vraiment un espace dangereux quand on a des classes de 35, de 40 [élèves], dit-elle.

De leur côté, les enseignants franco-ontariens tiendront un vote de grève du 18 au 20 décembre.

L'appui des parents?

Emma Rowan en entrevue dans la rue.

La mère de famille Emma Rowan appuie les enseignants dans leur grève du zèle.

Photo : Radio-Canada

Nombre de parents interrogés par Radio-Canada à Toronto, mardi matin, donnaient leur appui aux travailleurs de l'éducation dans le conflit de travail.

J'appuie les enseignants [dans leur grève du zèle]. Ils doivent tenir tête [au gouvernement] pour le bien de nos enfants.

Emma Rowan, mère de famille

Je comprends pourquoi ils doivent le faire. Il y a beaucoup de problèmes avec le nouveau gouvernement [Ford], ajoute une autre mère de famille, Christine.

Karim, un père, est philosophe au sujet de la possibilité que la grève du zèle se transforme en grève générale. Si ça se passe, ça se passe, dit-il.

« Décevant », selon le ministre

Le ministre ontarien de l'Éducation, Stephen Lecce.

Le ministre ontarien de l'Éducation, Stephen Lecce

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

De son côté, le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, qualifie le recours à la grève du zèle de décision « décevante » de la part des syndicats.

Il assure que le gouvernement demeure « raisonnable » à la table de négociation. Les conventions collectives des enseignants sont échues depuis le 31 août.

Cette mesure qui entraîne le retrait partiel des services, notamment les soutiens en mathématiques et les bulletins scolaires, porte avant tout préjudice aux enfants, soutient le ministre.

La semaine dernière, Stephen Lecce a appelé les syndicats d’enseignants à opter pour la médiation.

Il répète depuis des semaines que l’objectif du gouvernement est de conclure des ententes à la table de négociation, comme cela s’est produit en octobre avec les employés de soutien dans les écoles représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique.

La porte-parole du NPD en matière d'éducation Marit Stiles renvoie la balle au gouvernement.

Doug Ford a provoqué intentionnellement les enseignants et les travailleurs en éducation, dit-elle. Il sait comment régler la situation : annuler ses coupes méprisantes en éducation, arrêter la mise à pied de milliers d'enseignants, annuler l'augmentation de la taille des classes, suspendre son plan d'offrir des cours en ligne plutôt qu'en classe et annuler son plafond salarial qui bafoue les droits des travailleurs.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !