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Québec serre la vis aux fédérations sportives dans la lutte contre les abus et la violence

Des mains empoignent une barre dans un nuage de poudre de craie.

Québec serre la vis aux fédérations sportives dans la lutte contre les abus et la violence.

Photo : iStock

Guillaume Piedboeuf

À compter du 1er avril, les fédérations sportives québécoises devront obligatoirement avoir un mécanisme indépendant de gestion des plaintes d’abus, de violence, de harcèlement et de négligence pour être reconnues par le gouvernement provincial.

Cette nouvelle mesure est au cœur d’un énoncé ministériel dévoilé lundi soir par la ministre déléguée à l'Éducation, Isabelle Charest, lors d’un discours au Rendez-Vous québécois du sport, à Québec.

Ce mécanisme devrait permettre à tout athlète de porter plainte lui-même à un comité indépendant sans avoir à passer par sa fédération. Le ministère souhaite ainsi éviter les situations où une fédération étouffe des plaintes.

Les fédérations sportives devront également mettre en place une politique de vérification des antécédents judiciaires qui doit s’appliquer à tous les administrateurs et administratrices, au personnel et aux personnes qui, comme les bénévoles, agissent en leur nom, tant dans leurs relations interpersonnelles qu’avec les membres.

Jusqu’en 2015, la Sûreté du Québec offrait gratuitement un service de vérification des antécédents judiciaires au grand public, mais cela a depuis été limité uniquement aux bénévoles qui travaillent auprès d’une clientèle vulnérable.

Obligatoire pour qu'une fédération soit reconnue

Comme les règles de reconnaissance des fédérations sportives doivent être renouvelées par le ministère de l’Éducation d’ici le 1er avril 2020, ces deux nouvelles politiques seront ajoutées aux conditions à respecter afin qu'elles soient reconnues, de même que des mesures de sensibilisation, d’information et de formation au sujet de la protection de l’intégrité.

Le ministère se donnera toutefois plus de temps pour appliquer la politique de vérification des antécédents judiciaires, puisque celle-ci nécessitera des dépenses importantes de la part de certaines fédérations.

Une aide financière pour la mise en place de ces politiques devrait d’ailleurs faire suite à l’énoncé ministériel d’ici le 1er avril.

Rappelons qu’en février, une enquête de la CBC avait permis de révéler que 340 entraîneurs de sport amateur au Canada ont été accusés d’un délit sexuel entre 1998 et 2008. Du nombre, 222 accusations ont donné lieu à des condamnations pour des gestes envers 603 victimes mineures.

De nombreux cas d’entraîneurs et de personnes en position d’autorité abusant d’athlètes ont été au cœur de l’actualité ces dernières années, dont ceux de l’instructeur de l’équipe nationale junior féminine de ski alpin Bertrand Charest et du médecin de l’équipe américaine de gymnastique Larry Nassar.

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