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Des dermatologues réclament un encadrement renforcé des épilations au laser

Une femme reçoit une épilation des aisselles au laser

Selon Lisa Kellett, toute personne envisageant une épilation au laser devrait l'obtenir auprès d'un médecin qualifié, d'un dermatologue ou d'un chirurgien-plasticien qualifié.

Photo : Shutterstock / Andrey_Popov

Radio-Canada

Des dermatologues réclament une réglementation renforcée de l'industrie cosmétique au Canada en raison de clients blessés par des traitements au laser.

La Dre Lisa Kellett voit ainsi au moins deux patients souffrant de blessures causées par une épilation au laser chaque semaine. Cette dermatologue torontoise souligne que de nombreuses blessures qu’elle soigne ressemblent à celles qu’a subies une Britanno-Colombienne la semaine dernière.

Elle croit que ces blessures résultent du manque de réglementation de l’industrie cosmétique au pays.

Nous devons protéger le patient.

Lisa Kellett, dermatologue

Nous essayons très fort de voir [l’industrie] mieux réglementée, dit-elle. Je ne sais pas ce que ça va prendre.

Photo d'une femme et photo de ses jambes cicatrisées.

Cinq mois après avoir obtenu un traitement qui a laissé des cicatrices, les marques sont toujours bien visibles sur les jambes de Danielle Nadeau.

Photo : Fournie par Danielle Nadeau

Les procédures au laser telles que l’épilation sont pour la plupart non réglementées au Canada, explique la médecin qui est aussi membre de l'Association canadienne de dermatologie.

En Colombie-Britannique, par exemple, les praticiens de l’industrie cosmétique n'ont plus à être certifiés depuis que la Loi sur les cosmétologues a été abolie en 2003.

Peu de formation requise

D’après Lisa Kellett, les épilations peuvent être faites par presque n’importe qui avec à peine une heure de formation.

Santé Canada a permis à ces outils de se retrouver presque partout, déplore-t-elle. Ils pourraient être dans un sous-sol, dans un salon de coiffure, dans un spa [...] Nous avons vu une augmentation phénoménale des risques et aussi des blessures, des changements de pigmentation, de cicatrices, d’infections.

Dariush Honardoust, professeur à l’Académie d’esthétique médicale et de soins de la peau de la Colombie-Britannique, demande à la province d'établir des normes depuis des années.

« C’est comme ça que les choses se font dans d’autres milieux professionnels », dit-il. « Je ne crois pas que les techniciens de laser et les esthéticiens médicaux soient une exception parce qu’ils font affaire aux tissus (humains), parfois aux fluides biologiques et à la peau [… ] C’est quelque chose qui doit être réglementé. »

Un manque de données sur les blessures

La régie de santé Vancouver Coastal et l'Office de protection du consommateur de la Colombie-Britannique n’ont pas de données concernant les blessures liées à l’épilation au laser. Et l’industrie n’étant pas réglementée, le Collège des médecins et des chirurgiens de la Colombie-Britannique n’a pas non plus de données à ce sujet.

De son côté, le ministre de la Santé, Adrian Dix, dit qu’une réglementation de l’industrie ne figure pas parmi ses priorités les plus pressantes : Ce serait évidemment une décision d'envergure, de réglementer l’industrie à nouveau.

Adrian Dix se tient dans un couloir de l'Assemblée législative.

Le ministre Adrian Dix rappelle que la Colombie-Britannique s'est engagée sur un financement de cinq ans pour les services en français.

Photo : Radio-Canada / Érik Tremblay

C’est une option que nous pouvons considérer à l'avenir, mais pas quelque chose que nous avons sur la table en ce moment.

Santé Canada a reçu neufs allégations de blessures causées par épilation au laser entre 2015 et 2019. Ces dernières comptaient des brûlures, des cloques et des cicatrices. Selon Santé Canada, il est difficile de déterminer si les réactions sont causées par l’utilisation d’un produit de santé en particulier.

Selon Lisa Kellett, les traitements au laser sont dangereux lorsqu’ils sont fournis par des personnes qui manquent de formation et d’expérience.

J’espère que le gouvernement s’en mêlera et dira que ça ne peut plus continuer, dit-elle. Il a une occasion de prévenir des blessures. Il devrait en prendre avantage et faire quelque chose à ce sujet.

Avec les informations d'Andrea Ross

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