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Un programme terre-neuvien de repas scolaires au goût des Québécois

Des élèves mangent leur dîner à leur bureau.

Des élèves dînent dans une école primaire. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Un programme de repas scolaires conçu à Terre-Neuve-et-Labrador pourrait-il aider à résoudre les problèmes d'insécurité alimentaire chez les jeunes Québécois?

Depuis septembre dernier, La cantine pour tous (Nouvelle fenêtre), un regroupement d’organismes qui facilite l'accès aux repas abordables au Québec, s'inspire d'un programme déployé dans les écoles de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, il y a 30 ans.

Fondée en 1989, la School Lunch Association (SLA) de Terre-Neuve-et-Labrador fournit actuellement des repas sains et abordables à près de 14 000 élèves dans 36 écoles.

Les parents versent 20 $ par an pour adhérer au programme de repas. Par la suite, ils paient selon leurs moyens. Un tarif de 3,75 $ par repas est suggéré, mais certaines familles ne paient rien pour les dîners. Pour éviter que les élèves issus de familles moins bien nanties soient identifiés, les repas sont toujours commandés à l'avance.

L’aspect crucial du programme, c'est que les commandes soient faites à l’avance, explique le directeur général du SLA, Ken Hopkins. Personne ne paie pour son repas à l’école. Personne ne sait qui paie quoi pour son repas.

Les familles moins nanties peuvent facilement accéder à des repas sains et les familles plus aisées n’ont pas à se soucier de préparer des lunchs pour leurs enfants, ajoute-t-il.

C’est la simplicité du programme terre-neuvien qui a initialement intéressé le directeur général de La cantine pour tous, Thibaud Liné.

C'est un modèle qui est extrêmement facile à mettre en place. Il n'y a pas de barrières à l'entrée pour les parents. C'est basé sur la confiance et la générosité. Et puis, ça fonctionne.

Thibaud Liné, directeur général, La cantine pour tous

On s’est dit qu’il n’y a pas de raison, si ça marche à Terre-Neuve, que ça ne marche pas au Québec.

Deux écoles pour commencer

Au début de l'année scolaire, La cantine pour tous a lancé sa version du programme dans deux écoles défavorisées à Montréal et à Québec. Comme à Terre-Neuve, les menus sont disponibles en ligne et on priorise l'alimentation saine.

Mais pour répondre aux besoins spécifiques de ces deux écoles, l’organisme a légèrement modifié le modèle développé par la SLA.

La cantine pour tous demande un minimum de 1 $ par repas (la préparation de chaque repas lui coûte environ 5,50 $), mais elle ne perçoit pas de frais d’adhésion des parents. Les écoles n’ont pas de cuisine, alors l'organisme est aussi obligé de commander ses repas à des traiteurs, ce qui fait augmenter considérablement les coûts.

Thibaud Liné indique également que le programme de La cantine pour tous est financé en grande partie par la Ville de Montréal. Le modèle terre-neuvien dépend très peu du financement gouvernemental. Ce sont surtout les parents qui sont mis à contribution.

En décembre, les élèves d’une troisième école montréalaise participeront au programme des repas scolaires. Thibaud Liné espère que son organisme redoublera d'efforts l’année prochaine pour offrir des repas abordables dans six écoles québécoises.

À cause de pressions budgétaires, la SLA ne peut offrir qu'une option de repas par jour. Ces repas ne sont jamais végétariens, végétaliens ou sans gluten. Les repas ne sont pas toujours halal.

Pourtant, Ken Hopkins indique que les 80 employés de son organisme ont préparé plus de 1 million de repas abordables en 2018-2019.

Il ajoute que la SLA travaille aussi étroitement avec le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard, qui lancera bientôt un nouveau programme d’alimentation dans ses écoles.

Une porte-parole du gouvernement de l'Île a indiqué que la province en est aux dernières étapes d’élaboration du projet, mais elle n'était pas disponible pour donner plus de détails.

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