•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La mort d'une star de K-pop lance un débat sur le cyberharcèlement

Une jeune femme porte une tuque et fait un signe de salutation à la caméra.

Goo Hara à Séoul en 2017

Photo : wireimage / Han Myung-Gu

Agence France-Presse

La mort apparemment par suicide d'une jeune star de la pop coréenne, Goo Hara, victime de vengeance pornographique, a bouleversé ses fans et suscité lundi un débat en Corée du Sud sur le harcèlement en ligne.

Le corps de l'ex-membre du groupe Kara a été retrouvé dimanche chez elle à Cheongdam, un quartier cossu de Séoul.

La police, qui enquête sur les causes de sa mort, envisage la piste d'un suicide, selon l'agence de presse Yonhap.

Si cette hypothèse se confirme, ce serait la deuxième fois en un mois qu'une star du milieu ultracompétitif de la pop coréenne met fin à ses jours.

En mai, la star de 28 ans avait présenté ses excuses à ses admirateurs et admiratrices après son hospitalisation à la suite d'une tentative de suicide présumée, avouant être « angoissée par un certain nombre de problèmes ».

Sa mort a déclenché une pétition en ligne sur le site du bureau du président sud-coréen, réclamant des châtiments plus sévères contre la cybercriminalité et les commentaires abusifs en ligne. La pétition a recueilli en un jour plus de 20 000 signatures.

Victime de chantage et de harcèlement

En effet, la chanteuse a été, l'an dernier, victime de chantage de la part d'un ancien petit ami, Choi Jong-bum, un coiffeur qui, après leur rupture, menaçait de rendre publiques des vidéos à caractère sexuel et ainsi de « mettre fin à sa carrière d'artiste ». Des images de caméras de surveillance avaient montré la chanteuse à genoux devant lui, apparemment pour le supplier de ne pas le faire.

L'homme avait été condamné en août pour de nombreux délits, notamment pour tentative de chantage, recevant une peine de prison avec sursis. Malgré tout, la vedette avait été la cible de nombreux commentaires malveillants en ligne. Avant la découverte de son corps, dimanche, on pouvait lire sur son compte Instagram de nombreux commentaires humiliants sur son apparence et son passé avec cet ancien petit ami.

Entre 2008 et 2015, Goo Hara a chanté avec Kara, un des deux groupes les plus en vue de la pop coréenne. À la séparation du groupe, elle s'était lancée dans une carrière solo, terminant, la semaine dernière, une tournée au Japon.

Le taux de suicide en Corée du Sud est un des plus élevés au monde. Selon le gouvernement, le suicide est une des principales causes de mortalité chez les personnes de moins de 40 ans. La souffrance mentale reste également une question taboue en Corée du Sud, ce qui dissuade de nombreuses personnes de demander de l'aide.

La mort de Goo Hara fait écho à celle de son amie Sulli, survenue en octobre, autre star de la pop coréenne, longtemps victime elle aussi de harcèlement en ligne.

Il n'y a pas si longtemps, nous avons perdu quelqu'un à la suite de commentaires haineux, et cela ne doit plus se reproduire, indique la pétition. S'il vous plaît, protégez les gens contre les commentaires haineux et les critiques qui se propagent comme des virus.

Un monde sans merci

Derrière les paillettes et le prestige, le monde de la pop coréenne est connu pour être sans merci. Le renoncement à sa vie privée, le harcèlement en ligne et la pression pour maintenir à tout instant une image parfaite sont le lourd prix à payer pour ces vedettes.

Des stars comme Goo Hara et Sulli sont sélectionnées très jeunes par des agences, avant 15 ans, et vivent sous étroit contrôle et enchaînent concerts, promotion, répétitions et entraînements.

Nous devons faire attention à chacune de nos actions et ne pouvons faire part de nos souffrances à personne, même nos proches et la famille, avait confié Goo Hara cette année.

Vous avez droit à la liberté d'expression, mais pourriez-vous s'il vous plaît y réfléchir à deux fois avant de publier un commentaire malveillant?, avait-elle ajouté à l'adresse des internautes.

Peut-être ne pouvais-tu entendre les voix d'amour et de soutien parce qu'elles étaient couvertes par les messages de haine, écrit un admirateur sur le compte Instagram de Goo Hara.

Combien d'autres victimes après Sulli et Goo faudra-t-il avant de comprendre la souffrance que causent les commentaires malveillants?, écrit un autre fan en deuil.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Musique

Arts