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Allégations de fraudes dans le système d'immigration : Jolin-Barrette va « agir »

« Une situation problématique » pousse le gouvernement du Québec à prendre des mesures pour protéger « l'intégrité » de ses programmes.

Le ministre de l'Immigration Simon Jolin-Barrette.

Le ministre Simon Jolin-Barrette promet de « corriger une situation problématique ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Le Parti libéral, qui était au courant de cela, n’a pas pris de mesures pour corriger la situation. Moi, je la corrige », assure le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Ce dernier fait référence aux allégations de fraudes, rapportées par Radio-Canada, qui ont été documentées par des fonctionnaires du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégrité (MIFI) depuis plusieurs années.

Dès 2016, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a réalisé des signalements auprès du gouvernement concernant de possibles « documents faux ou trompeurs » présentés par des candidats à l'immigration.

Un écart important aurait été aperçu par le gouvernement entre des attestations de connaissance de la langue française et le niveau réel de candidats au Programme de l'expérience québécoise (PEQ), au cœur de la dernière réforme, finalement suspendue, de Simon Jolin-Barrette.

À partir du moment où j’ai été informé d’une situation problématique, j’ai mis en place les actions pour retirer ce moyen-là, relativement à l’attestation de la connaissance de la langue française.

Le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette

À la fin d'octobre, dans le cadre des modifications visant l'accès au PEQ, le leader du gouvernement avait ainsi retiré la possibilité de déposer une attestation de réussite d'un cours de français, le document sur lequel portent ces allégations. Le retour aux anciennes règles, annoncées quelques jours plus tard, change cependant temporairement la donne.

Hors de question, néanmoins, de reculer, promet le ministre.

Nous allons retirer ce document des pièces admissibles après les consultations promises, certifie-t-il.

Le gouvernement du Québec est soucieux de l’intégrité de ses programmes, et c’est pour ça que nous agissons dans ce sens. Les précédents gouvernements n’ont pas agi à ce niveau-là, nous, nous agissons, détaille Simon Jolin-Barrette, en précisant avoir été informé de l’enquête de l’UPAC.

Des réponses attendues

Y a-t-il eu et y a-t-il toujours de réelles fraudes dans le système d'immigration? L'UPAC, qui continue d'enquêter, n'a pas voulu donner de précisions aux demandes de Radio-Canada.

Ces allégations ont néanmoins conduit le ministère de l'Immigration à effectuer des vérifications, par le biais d'un test oral, auprès de ressortissants étrangers qui ont présenté cette attestation de réussite d'un cours de français.

Ce procédé a été contesté devant les tribunaux par un regroupement d'une cinquantaine de candidats.

Je crois que le moment est venu de nous donner l'heure juste, assure David Chalk, l'un des avocats au dossier.

Soit il y a un gros problème, soit le ministère de l’Éducation a fourni les mauvais cours pour s’assurer que les candidats possèdent le bon niveau de français. Ou bien il y a un problème dans l’évaluation des étudiants, juge Me Chalk.

Il faut qu'on arrête de jouer avec la vie des gens. Ils sont frustrés et se sentent lésés.

Me David Chalk

Président de l'Association canadienne des conseillers professionnels en immigration (ACCPI), Dory Jade, déplore lui aussi l'absence de communications dans ce dossier.

Il y a des choses que nous ne connaissons pas, indique-t-il, en réclamant davantage de détails, même si on respecte le processus criminel.

À ses yeux, le gouvernement doit effectivement « réagir », afin d'éviter par exemple la prolifération d'intermédiaires qui tenteraient de faire miroiter une résidence permanente à des ressortissants étrangers.

Il ne faut jamais vendre le Canada de cette façon, clame Dory Jade.

Souvent, je dois le dire, c'est l'argent derrière tout, malheureusement. Des établissements scolaires peuvent aussi trouver ça alléchant de chercher des étrangers qui vont payer le gros prix pour étudier au Québec. Ils essaient de ramener l’argent de l'extérieur. Peut-être qu’à un moment donné, ils ont dérapé dans certains dossiers, avance-t-il.

Avec la collaboration de Vincent Maisonneuve

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