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L’intérêt pour les droits de forage s’étiole dans l'Ouest

Des chevalets de pompage d'une entreprise pétrolière sont en opération au coucher du soleil.

Les ventes de droits d'exploration pour des combustibles fossiles sur les terres de la Couronne ont chuté de 50% en un an dans certaines provinces de l'Ouest canadien.

Photo : Reuters / Nick Oxford

Radio-Canada

L’un des indicateurs de l’intérêt des pétrolières pour de futurs projets de forage dans l’Ouest montre des signes de ralentissements. Les investisseurs semblent bouder les droits de forage mis en vente par les gouvernements provinciaux.

Ces droits nécessaires à l’exploration sur les terres de la Couronne ont été délaissés en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan au cours de la dernière année.

« Quand le marché des droits d’exploration se porte bien, ça veut dire que quelqu’un a trouvé un bon gisement ou une nouvelle façon d’exploiter un gisement connu », explique le chercheur Richard Masson, de l’École des politiques publiques de l’Université de Calgary.

« En ce moment, [l’industrie] creuse ici et là, mais rien ne semble très prometteur ou attirant pour de nouveaux investissements. »

Chute de plus de 50 % en un an dans certaines provinces

Les deux dernières enchères mensuelles de l’Alberta, qui produit 70 % du gaz naturel et 80 % du pétrole canadien ont suscité un très faible investissement.

Au cours des 11 derniers mois, la province a recueilli seulement 100 millions de dollars en droits d’exploration touchant 616 000 hectares. Jusqu’à maintenant, l’année la plus faible enregistrée était 2016, où l’Alberta n’avait amassé que 137 millions de dollars pour les droits de 937 000 hectares.

En Colombie-Britannique, les enchères n’ont rapporté que 64 millions de dollars cette année, loin en deçà des 173 millions de dollars de 2018, mais bien au-delà des 15 millions empochés en 2016.

En Saskatchewan, les droits de forage ont rapporté 22 millions de dollars en 5 ventes aux enchères, largement en deçà des 51 millions de dollars de 2018 et du record de 1,1 milliard de dollars établi en 2008.

Des proches de l’industrie attribuent principalement le manque d’intérêt à l’absence de pipelines adéquats pour transporter le pétrole et le gaz produits, minant la confiance des investisseurs. Les limites de production imposées par le gouvernement albertain pourraient également influencer les investisseurs.

« L’industrie se montre vraiment prudente », note le président-directeur général de Whitecap Resources, Grant Fagerheim.

L’entreprise, comme d’autres pétrolières de petite taille établies à Calgary, utilise le peu d’argent qu’elle peut investir pour acheter des terrains en vue d’une exploitation future.

L’exploration nécessaire au maintien du permis prend alors une importance toute relative à côté du besoin de maintenir les dividendes versés aux actionnaires, de la réduction de la dette et du rachat d’actions.

Réjouissant pour les groupes environnementaux, inquiétant pour l’industrie

L’apathie des investisseurs fait le bonheur des environnementalistes comme Keith Stewart, de Greenpeace Canada, selon qui « l’augmentation infinie de la demande de pétrole est finie ».

En Colombie-Britannique, les droits des terres les plus convoitées ont déjà été vendus, explique un porte-parole du ministère de l’Énergie, des Mines et des Ressources pétrolières.

Selon lui, d’autres terres de la Couronne sont mises de côté pour permettre le renouvellement des populations de caribous et la tenue d’évaluations environnementales dans le nord-est de la province.

Selon le président de Whitecap Resources, Grant Fagerheim, l’espoir de l’industrie réside dans la construction de pipelines. Il lance donc un appel aux gouvernements.

« C’est simple. Engagez-vous et tenez vos promesses. Supprimez les retards et les procédures administratives qui empêchent nos produits d’atteindre les marchés. Alors, l’enthousiasme gagnera l’industrie. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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