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L’industrie pétrolière crée des lacs pour contrer les effets de sa production

Des chercheurs parcourent un plan d'eau dans une embarcation.

L'équipe de Mark Poesch a parcouru les plans d'eau du bassin versant de la rivière Athabasca pour en comprendre le fonctionnement des écosystèmes.

Photo : Fournie par Mark Poesch

Radio-Canada

Invités à pallier la destruction de l’habitat naturel de certaines espèces de poissons causée par l’exploitation de ses gisements, certains joueurs de l’industrie pétrolière créent de nouveaux lacs pour recréer toutes les conditions de vie antérieures des espèces délogées.

« Si vous détruisez les habitats des poissons, vous devez les reconstruire, en vertu de la loi », souligne le professeur associé Mark Poesch, du département des ressources renouvelables de l’Université de l’Alberta.

« Parfois, il faut même deux fois plus d’efforts parce qu’il faut tout rebâtir en neuf, ce qui est beaucoup plus difficile que de préserver ce qui existe. »

En plus des poissons, les lacs abritent de nombreuses plantes aquatiques, des invertébrés et des amphibiens.

Selon M. Poesch, la conception du lac de remplacement est, en soi, plutôt simple. « Ce qui est le plus complexe, c’est de reproduire un écosystème naturel de façon à ce qu’il soit durable. »

« En somme, on joue à Dieu en se demandant ce qui sera le plus bénéfique à long terme pour les Albertains. »

Créer un écosystème à partir de rien

À mesure que l’industrie pétrolière s’étend sur le territoire, les lacs de remplacement deviennent un moyen de plus en plus populaire de compenser l’empreinte écologique laissée par l’exploitation des gisements.

L’Alberta en compte déjà cinq et la construction de cinq autres est déjà prévue.

La pétrolière Impériale a complété le sien en 2010 et les poissons ont pu s’y établir à compter de 2013 grâce à un canal de dérivation. Suncor prévoit quant à elle en construire un dans le bassin versant de la rivière Beaver en lien avec l’exploitation de la mine Voyageur, au nord de Fort McMurray.

CNRL a construit le lac Horizon en 2008. Celui-ci couvre 80 hectares et atteint une profondeur de 20 mètres dans le bassin versant de l’Athabasca, près de Fort McMurray. L’entreprise prévoit, à terme, relier le lac à la rivière Athabasca.

Selon CNRL, le lac accueille aujourd’hui un écosystème autonome où les poissons se reproduisent naturellement.

Objet d’études

Le lac Horizon est aussi, depuis cinq ans, le point de mire de l’équipe de chercheurs dirigée par Marc Poesch. Dans sa dernière année de travaux, l’équipe s’intéresse particulièrement à la viabilité des écosystèmes ainsi générés artificiellement.

« On veut éviter qu’ils s’effondrent », explique le chercheur, « en étudiant tous les aspects du lac et sa chaîne alimentaire.

L’équipe a, par exemple, noté que l’absence de poissons prédateurs avait conduit à des fluctuations imprévues des populations de poissons, symptôme d’un déséquilibre dans l’écosystème.

M. Poesch espère que l’investissement dans les recherches conduira les chercheurs à découvrir les facteurs d’équilibre qui permettront à la nature de reprendre ses droits.

Il note toutefois qu’il reste beaucoup plus simple de réparer un écosystème endommagé que d’en créer un neuf.

Avec les informations de Wallis Snowdon

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Alberta

Protection des écosystèmes